Frise chronologique
1292
Première mention
Première mention
1292 (≈ 1292)
Première référence écrite à l'église.
1540
Reconstruction par Guillaume III
Reconstruction par Guillaume III
1540 (≈ 1540)
Évêque de Strasbourg rebâtit l'église.
1er quart XVIe siècle
Origine de l'édifice
Origine de l'édifice
1er quart XVIe siècle (≈ 1625)
Période de construction initiale.
1835
Agrandissement
Agrandissement
1835 (≈ 1835)
Modifications majeures de l'édifice.
10 décembre 1944
Destruction pendant la guerre
Destruction pendant la guerre
10 décembre 1944 (≈ 1944)
Effondrement du clocher et incendie.
11 décembre 1955
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
11 décembre 1955 (≈ 1955)
Début de la reconstruction actuelle.
1959
Achèvement de l'église actuelle
Achèvement de l'église actuelle
1959 (≈ 1959)
Fin des travaux de reconstruction.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Choeur : inscription par arrêté du 25 avril 1935
Personnages clés
| Guillaume III - Évêque de Strasbourg |
Reconstruit l'église en 1540. |
| M. Chirot - Architecte en chef |
Dirigea la reconstruction en 1955. |
| Jean Henninger - Sculpteur |
Auteur de la gravure de saint Michel. |
| Jean Perey - Artisan métallier |
Créa les portes en laiton. |
| Mgr Weber - Évêque de Strasbourg (1955) |
Bénit la pierre angulaire. |
| Mgr Elchinger - Évêque consécrateur |
Consacra l'église en frappant la porte. |
Origine et histoire
L'église Saint-Michel de Rhinau, située dans le Bas-Rhin, trouve ses origines au 1er quart du XVIe siècle, avec une première mention en 1292. L’édifice initial, dédié à saint Nicolas et saint Michel, fut reconstruit en 1540 sous l’impulsion de l’évêque Guillaume III, dont les armes figurent sur une clé de voûte. Agrandie en 1835, elle subit de lourdes destructions en 1944 : son clocher s’effondra le 10 décembre, et le reste de l’église brûla lors des bombardements, tandis que la population évacuait le village en flammes. Seul le chœur gothique, inscrit aux monuments historiques depuis 1935, survécut et fut restauré.
La reconstruction de l’église actuelle débuta en 1955 sous la direction des architectes Chirot, Kuntz et Schaetzel, avec la pose de la première pierre le 11 décembre. L’édifice fut achevé en 1959, intégrant des éléments symboliques comme une gravure de saint Michel terrassant le dragon, sculptée par Jean Henninger, et des portes en laiton ornées de motifs d’épis de blé et de feuilles de vigne, réalisées par Jean Perey. La pierre angulaire, bénie par Mgr Weber, évêque de Strasbourg, renferme un parchemin relatant les destructions de 1944, ainsi que des plaques commémoratives des églises précédentes (1515, 1540, 1835).
Le chœur de l’ancienne église, transformé en monument aux morts, témoigne aujourd’hui de ce patrimoine historique marqué par les guerres. La clé de voûte primitive, dédiée à saint Nicolas, et les armes de Rhinau rappellent les étapes successives de ce lieu de culte, mêlant héritage médiéval et reconstruction moderne. Les pièces d’argent et documents scellés dans la pierre angulaire offrent un témoignage matériel des époques traversées, de la Renaissance aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale.
L’architecture actuelle allie tradition et modernité, avec des matériaux comme le calcaire d’Anstrude pour la sculpture de saint Michel, ou le laiton martelé des portes. La consécration de l’église par Mgr Elchinger laissa même des traces visibles sur la grande porte, frappée par sa crosse. Ce monument incarne ainsi la résilience d’une communauté et la perpétuation d’un lieu de mémoire, entre destruction et renaissance.