Frise chronologique
1067
Première mention écrite
Première mention écrite
1067 (≈ 1067)
Paroisse citée dans le cartulaire de Nice.
1376
Révolte de Pierre Balb
Révolte de Pierre Balb
1376 (≈ 1376)
Contre la reine Jeanne puis le comte de Savoie.
1392
Perte des fiefs de Pierre Balb
Perte des fiefs de Pierre Balb
1392 (≈ 1392)
Saint-Sauveur reste au comte de Savoie.
1404
Autonomie communale
Autonomie communale
1404 (≈ 1404)
Droits de justice accordés aux habitants.
1532
Construction du clocher
Construction du clocher
1532 (≈ 1532)
Flèche pyramidale datée de cette année.
12 décembre 1939
Classement monument historique
Classement monument historique
12 décembre 1939 (≈ 1939)
Inscription officielle par arrêté.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 12 décembre 1939
Personnages clés
| Pierre Balb (1351-1391) - Seigneur de Saint-Sauveur |
Révolté contre la reine Jeanne et le comte. |
| Guillaume Planeta - Peintre niçois |
Auteur du retable de 1583. |
| Guiglielmo Thaone - Artiste baroque |
Auteur de la toile du Saint Suaire (1711). |
| Pierre Puons - Fondateur de chapelle |
Offrit une peinture en 1648. |
Origine et histoire
L'église Saint-Michel-Archange, aussi appelée église des Saints-Sauveur-et-Michel, est située à Saint-Sauveur-sur-Tinée, dans les Alpes-Maritimes. Son origine remonte au moins au XIe siècle, comme en témoigne une mention dans le cartulaire de la cathédrale de Nice en 1067, où Saint-Sauveur est listée parmi les paroisses versant une redevance au chapitre de Sainte-Marie. À cette époque, le fief appartenait à la famille des Rostaing de Thorame, puis aux Thorame-Glandevès, seigneurs influents de la Haute-Tinée. Le village, traversé par une voie romaine reliant Cimiez à Embrun, était un point stratégique dans cette région montagneuse.
Au XIVe siècle, le fief de Saint-Sauveur fut au cœur de conflits politiques. Pierre Balb (1351-1391), dernier descendant des Thorame-Glandevès, se révolta d'abord contre la reine Jeanne en 1376, puis contre le comte de Savoie après avoir rejoint les Grimaldi de Bueil. Vaincu en 1392, il perdit ses terres, sauf Saint-Sauveur, qui resta sous domination savoyarde. En 1404, le comte de Savoie octroya aux habitants des droits d'autonomie locale, incluant la basse et moyenne justice. Cette période marqua le début d'une administration communale, avec l'élection d'un baile et de consuls, jusqu'en 1699.
L'église actuelle conserve des éléments d'un édifice antérieur, dont deux fûts de colonnes du XVe siècle visibles dans le cimetière. La paroisse, initialement dépendante de l'abbaye Saint-Eusèbe d'Apt, passa sous l'autorité directe de l'évêque de Nice au XVIe siècle. De l'église du XVIe siècle, il ne subsiste que la travée gothique et le clocher, daté de 1532 et surmonté d'une flèche pyramidale. Une reconstruction majeure eut lieu au XVIIe siècle, probablement en raison des dégâts causés par les guerres.
Le mobilier de l'église illustre son riche patrimoine artistique. Le retable de la Transfiguration, signé par Guillaume Planeta en 1583, est un exemple majeur de la peinture primitive niçoise. D'autres œuvres notables incluent une toile du Saint Suaire par Guiglielmo Thaone (1711), des retables des XVIIIe siècle, et une peinture du Mariage mystique de Sainte Catherine (1648) offrant une vue historique du village. Ces pièces reflètent les dons des familles locales, comme les Hongran et les Bianchi, ainsi que la dévotion communautaire.
L'édifice fut inscrit au titre des monuments historiques le 12 décembre 1939, reconnaissant sa valeur patrimoniale. Son histoire reflète les bouleversements politiques de la région, entre influence provençale, savoyarde et niçoise, ainsi que l'importance religieuse et sociale de Saint-Sauveur-sur-Tinée à travers les siècles.