Crédit photo : Diego Delso (1974–) Autres noms Poco a pocoDescrip - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
VIe siècle
Fondation présumée
Fondation présumée
VIe siècle (≈ 650)
Sous Théodoric le Grand, roi ostrogoth.
925
Première mention écrite
Première mention écrite
925 (≈ 925)
Sous l’évêque Gimer, cathédrale dédiée.
1096
Consécration par Urbain II
Consécration par Urbain II
1096 (≈ 1096)
Pierres bénies pour la construction romane.
1209
Siège de Carcassonne
Siège de Carcassonne
1209 (≈ 1209)
Dégâts pendant la croisade albigeoise.
1269–1330
Reconstruction gothique
Reconstruction gothique
1269–1330 (≈ 1300)
Chœur et transept agrandis sous Bernard de Capendu.
1801
Perte du statut de cathédrale
Perte du statut de cathédrale
1801 (≈ 1801)
Transféré à Saint-Michel, ville basse.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Parmi les premiers monuments protégés en France.
1898
Élévation en basilique mineure
Élévation en basilique mineure
1898 (≈ 1898)
Par le pape Léon XIII.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Nazaire : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Théodoric le Grand - Roi des Ostrogoths |
Fondation présumée au VIe siècle. |
| Urbain II - Pape (1088–1099) |
Bénit les pierres en 1096. |
| Bernard de Capendu - Évêque de Carcassonne (1267–) |
Lance la reconstruction gothique en 1269. |
| Pierre de Roquefort - Évêque (1301–1321) |
Finance le rond-point du chœur. |
| Pierre Rodier - Évêque (1326–1329) |
Construit une chapelle latérale en 1321. |
| Eugène Viollet-le-Duc - Architecte-restaurateur |
Restaure l’extérieur au XIXe siècle. |
Origine et histoire
La basilique Saint-Nazaire-et-Saint-Celse de Carcassonne, située dans la Cité médiévale, est une ancienne cathédrale construite entre le IXe et le XIVe siècle, bien que ses parties les plus anciennes datent du XIIe siècle. Dédiée aux saints Nazaire et Celse, martyrisés sous Néron, sa fondation remonte peut-être au VIe siècle sous Théodoric le Grand, roi des Ostrogoths, bien que la première mention authentique date de 925, sous l’évêque Gimer. L’édifice roman initial, béni par le pape Urbain II en 1096, fut agrandi sous les Trencavel, vicomtes de Carcassonne, avec une nef à trois vaisseaux et des chapiteaux caractéristiques.
Au XIIIe siècle, après les dommages du siège de 1209 pendant la croisade des Albigeois, la cathédrale fut restaurée et agrandie dans un style gothique rayonnant. Entre 1269 et 1330, sous l’impulsion des évêques Bernard de Capendu et Pierre de Roquefort, le chœur et le transept furent reconstruits, avec des vitraux et sculptures inspirés de la Sainte-Chapelle de Paris. Les roses des façades et les chapelles latérales, comme celle de Pierre Rodier (1321), illustrent cette transition stylistique. La cathédrale perdit son statut en 1801 au profit de l’église Saint-Michel, mais fut élevée au rang de basilique mineure en 1898.
Les restaurations du XIXe siècle, menées par Eugène Viollet-le-Duc, modifièrent l’extérieur tout en préservant l’intérieur, où coexistent éléments romans et gothiques. Les vitraux des XIIIe et XIVe siècles, comme ceux de l’Arbre de Jessé ou de la Passion du Christ, comptent parmi les plus beaux du sud de la France. Classée Monument Historique en 1840, la basilique conserve aussi un orgue historique, restauré au XXe siècle. Aujourd’hui, elle domine la Cité, témoin des bouleversements religieux et politiques de l’Occitanie médiévale.
La vie autour de la cathédrale était rythmée par le chapitre des chanoines, supprimé en 1790, et par des cérémonies comme les fêtes de saints Nazaire et Celse. Les décors peints de l’abside, redécouverts par Viollet-le-Duc, et les armoiries des évêques (Pierre de Rochefort, Pierre Rodier) rappellent son rôle central. Le cloître et les bâtiments capitulaires, démolis en 1792, laissèrent place à un théâtre à ciel ouvert. Les dernières restaurations (2018–2020) visent à préserver ce joyau du patrimoine audois.