Frise chronologique
Fin Xe - Début XIe siècle
Fondation légendaire
Fondation légendaire
Fin Xe - Début XIe siècle (≈ 1125)
Attribuée à Adélaïde d'Aquitaine, épouse d'Hugues Capet.
Vers 1150-1160
Édification du transept, chœur et clocher
Édification du transept, chœur et clocher
Vers 1150-1160 (≈ 1155)
Transition roman-gothique, voûtes d'ogives primitives.
Première moitié du XIIe siècle
Construction de la nef
Construction de la nef
Première moitié du XIIe siècle (≈ 1225)
Style roman archaïque, moellons et contreforts plats.
Début XIIIe siècle
Achèvement de l'étage de beffroi
Achèvement de l'étage de beffroi
Début XIIIe siècle (≈ 1304)
Style gothique affirmé, selon Lefèvre-Pontalis.
1862
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1862 (≈ 1862)
Parmi les premiers classements en France.
2006-2016
Restauration majeure
Restauration majeure
2006-2016 (≈ 2011)
929 000 € de travaux, réouverture en 2016.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Adélaïde d'Aquitaine - Reine des Francs |
Fondatrice légendaire de l'église, épouse d'Hugues Capet. |
| Hugues Capet - Roi des Francs (987-996) |
Accorda des revenus de l'église à Senlis. |
| Philippe Auguste - Roi de France (1180-1223) |
Octroya une charte communale à Angy en 1186. |
| Eugène Lefèvre-Pontalis - Archéologue (XIXe-XXe siècle) |
A étudié le clocher et sa datation. |
| Dominique Vermand - Historien de l'art (XXe-XXIe siècle) |
A analysé l'architecture et la sculpture de l'église. |
Origine et histoire
L'église Saint-Nicolas d'Angy, située dans l'Oise (Hauts-de-France), est un édifice religieux marquant la transition entre les styles roman et gothique. Fondée à la fin du Xe ou au début du XIe siècle selon la tradition, elle est associée à Adélaïde d'Aquitaine, épouse d'Hugues Capet, bien que sa nef actuelle date de la première moitié du XIIe siècle. Le bas-côté nord, le transept, le clocher et le chœur, construits entre 1150 et 1160, illustrent l'émergence du gothique, avec des voûtes d'ogives et un chevet à pans coupés, innovations architecturales pour l'époque.
Classée monument historique en 1862, l'église est reconnue pour son clocher, l'un des premiers de style gothique dans la région, et son chevet, parmi les plus anciens exemples de pans coupés. Ces éléments, jamais remaniés, en font un témoignage rare de l'architecture médiévale. La nef, d'une simplicité archaïque, et le bas-côté nord, plus tardif, reflètent les techniques constructives rurales du Beauvaisis. Le mobilier inclut des pièces notables comme un bénitier roman du XIIe siècle et une statue de la Vierge à l'Enfant du XVe ou XVIe siècle.
L'histoire de l'église est liée à celle d'Angy, autrefois chef-lieu de comté sous les Capétiens, puis déclinant après la guerre de Cent Ans. La source Saint-Clair, voisine, attirait des pèlerins pour ses vertus thérapeutiques, et une chapelle dédiée à saint Clair y était implantée. L'édifice, fermé en 2006 pour des raisons de sécurité, a bénéficié d'une restauration majeure achevée en 2016, redonnant vie à ce patrimoine exceptionnel.
Les parties orientales, en pierre de taille, montrent une décoration soignée : corniches beauvaisines, modillons sculptés, et fenêtres en plein cintre. Le clocher, élégant et innovant, présente des baies géminées en arc brisé et une rosace, tandis que l'intérieur révèle des voûtes d'ogives primitives et des chapiteaux aux motifs variés. Les croisillons, asymétriques, abritent des particularités comme une niche hémicirculaire et une cage d'escalier intégrées.
Le mobilier classé comprend, outre le bénitier et la Vierge à l'Enfant, des statues des XVIe et XVIIe siècles, dont un saint Clair céphalophore et un saint Nicolas. Ces œuvres, ainsi que l'aigle-lutrin du XVIIIe siècle, témoignent de la richesse artistique de l'édifice. L'église, aujourd'hui rattachée à la paroisse Sainte-Claire de Mouy, reste un lieu de culte actif et un symbole du patrimoine local.