Frise chronologique
VIIIe siècle
Destruction par les Vikings
Destruction par les Vikings
VIIIe siècle (≈ 850)
Raids ou montée des eaux détruisent une première église.
1346
Incendie par les Anglais
Incendie par les Anglais
1346 (≈ 1346)
Pillage pendant la guerre de Cent Ans.
1592–1597
Démantèlement du fort
Démantèlement du fort
1592–1597 (≈ 1595)
Matériaux réutilisés pour le chœur actuel.
1629–1695
Reconstruction partielle
Reconstruction partielle
1629–1695 (≈ 1662)
Chœur, transept et clocher édifiés.
1766–1767
Modification du clocher
Modification du clocher
1766–1767 (≈ 1767)
Remplacement de la pyramide par une plate-forme.
1839–1844
Achèvement de la nef
Achèvement de la nef
1839–1844 (≈ 1842)
Travaux financés par l’abbé Anthouard.
1892
Pose des vitraux
Pose des vitraux
1892 (≈ 1892)
Œuvre de Charles Lorin, restaurés en 1980.
1988
Inscription MH
Inscription MH
1988 (≈ 1988)
Protection au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Nicolas (cad. AB 307) : inscription par arrêté du 21 octobre 1988
Personnages clés
| Guillaume de Navarre - Duc de Normandie (XIe siècle) |
Donne l’église à l’évêque de Coutances en 1060. |
| Henri II Plantagenêt - Roi d’Angleterre (XIIe siècle) |
Cède l’église à l’abbaye du Vœu en 1181. |
| Thomas Guiffard - Curé de Barfleur (XVIIe siècle) |
Supervise la reconstruction du chœur en 1637. |
| François de Matignon - Baron de la Luthumière (XVIIe siècle) |
Finance partiellement la reconstruction avec sa femme. |
| Pierre Jean Anthouard - Abbé (1796–1856) |
Achève la nef au XIXe siècle. |
| Charles Lorin - Maître-verrier (XIXe siècle) |
Crée les vitraux en 1892. |
| Nicolas Cléret - Bienheureux (1726–1792) |
Statue dans l’église, martyr de Septembre. |
Origine et histoire
L’église Saint-Nicolas de Barfleur, située dans la Manche en Normandie, est un édifice catholique reconstruit principalement entre le XVIIe et le XIXe siècle. Elle remplace une église romane dédiée à saint Nicolas, patron des marins, probablement édifiée après les invasions scandinaves du VIIIe siècle. Les matériaux de cette première église, détruite par les raids vikings ou la montée des eaux, furent réemployés dans des maisons du bourg. Aucune trace ne subsiste aujourd’hui, si ce n’est des bases de colonnes observées par Charles de Gerville en 1819 près de l’emplacement actuel.
L’histoire de l’église est marquée par des destructions répétées : pillée et incendiée en 1346 par les Anglais lors de la guerre de Cent Ans, elle fut partiellement reconstruite sous Charles de Navarre après le traité de Mantes. Les guerres de Religion aggravent son état, contraignant les paroissiens à se réunir dans la chapelle Saint-Côme des Augustins jusqu’en 1599. La reconstruction actuelle débute en 1626, mais les travaux, menés de 1629 à 1695, s’interrompent faute de fonds. Seul le chœur, le transept et le clocher – surmonté d’une plate-forme en granit en 1767 – sont achevés à cette époque.
La nef et la chapelle axiale ne sont construites qu’au XIXe siècle, entre 1839 et 1844, sous l’impulsion de l’abbé Pierre Jean Anthouard, qui consacre ses ressources personnelles à l’achèvement du projet. L’église, vendue pendant la Révolution pour deux francs, est sauvée grâce à une pétition des marins, qui soulignent son rôle d’amer sur une côte dangereuse. Les vitraux, réalisés par Charles Lorin en 1892, et des restaurations menées entre 1994 et 1997 achèvent son histoire architecturale.
L’édifice abrite un mobilier remarquable, dont sept objets classés monuments historiques : un tableau de la Visitation (atelier de Maerten de Vos, XVIe siècle), une Vierge de Pitié du XVIe, et des statues comme celle de saint Nicolas ou du bienheureux Nicolas Cléret, martyr de la Révolution. Le cimetière marin, établi sur le roc, et les réemplois de pierres (triglyphes, chapiteaux) issues du fort démantelé en 1597 ou de l’ancienne église, témoignent de son histoire mouvementée.
L’église Saint-Nicolas est inscrite aux monuments historiques depuis le 21 octobre 1988. Son clocher, pavoisé aux couleurs de la Normandie, et sa toiture de schiste vert en font un repère visuel majeur pour les navigateurs. Les peintures au pochoir de la nef, les fonts baptismaux du XVIIIe siècle (où fut baptisée sainte Marie-Madeleine Postel), et un ex-voto représentant un baleinier de 1830 illustrent son ancrage dans la vie locale, entre foi et traditions maritimes.