Frise chronologique
1083
Première mention de l'église
Première mention de l'église
1083 (≈ 1083)
Charte de Guillaume mentionnant 72 maisons.
1093
Achèvement de l'église
Achèvement de l'église
1093 (≈ 1093)
Consacration par les moines bénédictins.
1452
Création du matrologue
Création du matrologue
1452 (≈ 1452)
Registre de la confrérie de charité.
1792
Fermeture au culte
Fermeture au culte
1792 (≈ 1792)
Transformée en écurie puis dépôt militaire.
1913
Classement monument historique
Classement monument historique
1913 (≈ 1913)
Protection officielle de l'édifice.
1939
Classement du cimetière
Classement du cimetière
1939 (≈ 1939)
Site classé pour son caractère pittoresque.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Nicolas (ancienne) : classement par arrêté du 20 août 1913
Personnages clés
| Guillaume le Conquérant - Duc de Normandie et roi d'Angleterre |
Fonda les abbayes caennaises, impulsant l'urbanisation. |
| Mathilde de Flandre - Reine, épouse de Guillaume |
Céda les terrains pour le Bourg-l'Abbé. |
| Les moines de l'abbaye aux Hommes - Constructeurs et patrons |
Bâtirent l'église pour leur indépendance spirituelle. |
Origine et histoire
L'église Saint-Nicolas, parfois appelée Saint-Nicolas-des-Champs, fut fondée au XIe siècle dans le Bourg-l'Abbé de Caen. Elle fut construite par les moines de l'abbaye aux Hommes pour échapper à la dépendance spirituelle de l'abbesse de Caen, sur des terrains cédés par la reine Mathilde. Achevée en 1093, elle devint le cœur d’un nouveau bourg, bien que son développement reste limité jusqu’au XIXe siècle. Les moines conservèrent le patronage de l’église jusqu’à la Révolution, avec un vicaire perpétuel assurant les fonctions curiales.
L’église est classée monument historique depuis 1913, et son cimetière, utilisé jusqu’au XIXe siècle, est classé depuis 1939 pour son caractère pittoresque. Après la Révolution, elle fut transformée en écurie, puis en dépôt militaire, avant d’être restaurée. Son architecture mêle des éléments romans (narthex, élévation à trois étages) et des innovations gothiques, comme le chœur voûté d’arêtes, premier exemple normand de ce type.
L’église abrite un matrologue, registre enluminé du XVe siècle, qui recense les statuts de la confrérie de charité, les échevins jusqu’en 1487, et 244 affiliés jusqu’en 1789. Ce document témoigne de la vie paroissiale, incluant les ravages des guerres de Religion et la révocation de l’édit de Nantes. Les graffitis du premier étage de la tour nord, datés avant 1566, offrent des représentations architecturales précieuses de l’abbatiale Saint-Étienne et de Saint-Nicolas avant ses modifications.
La confrérie de charité, active jusqu’à la Révolution, organisait des œuvres de charité, des prières collectives et une assistance mutuelle parmi ses membres. Dirigée par un échevin, elle comptait douze frères servants et des associés en nombre illimité. Les chapelles de l’église, dédiées à la Vierge, au Saint-Sacrement, ou à des saints locaux comme Saint-Marcouf, reflètent la dévotion médiévale.
L’édifice, de 66 mètres de long, présente une façade roman inachevée, une tour-lanterne au-dessus de la croisée du transept, et des absidioles dans les bras du transept. Son dépouillement extérieur contraste avec la richesse du chœur, orné d’arcatures plaquées et de modillons. Le cimetière adjacent, aujourd’hui envahi par la végétation, forme un espace mystérieux en plein cœur de Caen.