Origine et histoire de l'Église Saint-Nicolas
L'église Saint-Nicolas de Civray, édifiée au XIIe siècle dans la Vienne (Nouvelle-Aquitaine), est un chef-d'œuvre de l'art roman poitevin. Sa façade rectangulaire à deux étages, richement sculptée, est flanquée de clochetons ajoutés au XIXe siècle. Classée monument historique dès 1840, elle illustre l'harmonie entre décoration extérieure et structure intérieure, avec trois nefs alignées sur les arcatures aveugles du second niveau. Son plan traditionnel en croix latine, incluant un transept saillant et un chœur à abside, est caractéristique des églises romanes de la région.
La façade occidentale, malgré des dégradations, conserve un décor iconographique exceptionnel : modillons figurant animaux et visages, voussures narrant paraboles bibliques (vierges sages et folles, Assomption), et signes du zodiaque. Le portail, restauré au XIXe siècle, intègre un tympan de 1858 représentant le Christ en majesté, entouré du tétramorphe. Les chapiteaux et arcatures révèlent des scènes bibliques (Samson, saint Georges) et des symboles médiévaux (sirènes, griffons), témoignant de la richesse symbolique romane.
À l'intérieur, l'église (45,5 m de long) allie nef centrale et collatéraux sous voûtes en berceau brisé, éclairés par une tour-lanterne octogonale rare en Poitou. Les fresques du XIVe siècle (légende de saint Gilles) côtoient des peintures du XIXe siècle. Classée avec ses abords en 1934, elle incarne aussi les défis de restauration : en 1842, la façade fut démontée pour traiter des pathologies structurelles, révélant des traces de polychromie originelle.
L'église doit son nom à saint Nicolas de Myre, patron des jeunes filles et des marins, dont une légende (les trois bourses d'or) est sculptée sur la façade. Son architecture reflète l'influence saintongeaise, avec des arcatures géminées et des modillons à motifs variés. Les restaurations successives, notamment par Maximilien Lion et Auguste Caristie, ont préservé ce patrimoine, tout en ajoutant des éléments modernes comme le tympan ou les clochetons.
Le chevet, visible depuis le presbytère, et les absidioles décorées de frises en pointes-de-diamant complètent cet ensemble. L'église, propriété communale, reste un témoignage majeur de l'art roman en Poitou, mêlant symbolisme religieux, savoir-faire artisanal et adaptations historiques.