Origine et histoire de l'Église Saint-Nicolas
L'église Saint-Nicolas de Guiry-en-Vexin, située dans le département du Val-d'Oise en Île-de-France, est un édifice religieux dont les origines remontent au moins au XIVe siècle, avec des reconstructions majeures au XVIe siècle. Elle aurait été bâtie sur les fondations d’une église antérieure du XIIIe siècle, elle-même précédée par une chapelle ou église mérovingienne suggérée par des découvertes archéologiques locales, comme des sarcophages et des sépultures du haut Moyen Âge.
L’édifice actuel présente un plan en forme de croix sans bas-côtés, avec une nef de quatre travées, un transept saillant et un chœur à abside carrée. Le clocher, intégré à la façade occidentale, domine l’entrée et date de la seconde moitié du XVIe siècle, tout comme les deux premières travées de la nef, marquées par le style Renaissance. Le reste de l’église, incluant le croisillon sud et les parties orientales, relève du gothique flamboyant, avec des fenêtres aux réseaux parmi les plus élaborés du Vexin français. Le croisillon nord, plus ancien, conserve des éléments du XIVe siècle, comme des fenêtres de style rayonnant tardif.
Classée monument historique en 1942, l’église abrite un exceptionnel ensemble statuaire du XVe et XVIe siècles, avec dix-huit statues classées. Parmi elles, des représentations de saints locaux comme saint Romain, présumé fondateur de la première église, ou saint Nicolas, patron de la paroisse depuis le XVe siècle. Le mobilier inclut également une clôture de fonts baptismaux en bois sculpté, des fragments de vitraux du XVIe siècle, et des peintures murales des XIVe et XVIe siècles, initialement situées dans le croisillon nord.
L’histoire de la paroisse est marquée par son rattachement successif aux diocèses de Rouen, Versailles, puis Pontoise à partir de 1966. L’église, autrefois centre d’une paroisse indépendante, est aujourd’hui intégrée à un regroupement paroissial, avec des messes célébrées trimestriellement. Des restaurations, parfois controversées comme celle du portail occidental au XIXe siècle, ont altéré certains éléments, mais des associations locales, comme celle fondée en 1984 par Jacques Sirat, œuvrent pour sa préservation.
L’édifice conserve aussi des traces de son passé seigneurial, comme un caveau sous le croisillon sud, voûté en berceau et datant de 1619, ainsi qu’un souterrain reliant autrefois l’église au château de Guiry. Ces éléments, redécouverts au XXe siècle, témoignent des liens étroits entre l’église et les seigneurs locaux, comme la famille de Guiry, dont les armes figurent sur plusieurs clés de voûte.
Architecturalement, l’église se singularise par des particularités structurelles, comme la subdivision du carré du transept en deux voûtes parallèles, ou la voûte à neuf voûtains du croisillon nord. Ces choix, combinés à un décor sculpté riche mais parfois altéré, en font un exemple remarquable de l’évolution des styles architecturaux en Île-de-France entre le Moyen Âge et la Renaissance.