Origine et histoire de l'Église Saint-Nicolas
L'église Saint-Nicolas de Haguenau, classée monument historique depuis 1930, trouve ses origines au XIIe siècle sous l'impulsion de l'empereur Frédéric Barberousse. Ce dernier y fonde un hôpital avec oratoire pour les pauvres, confié aux chanoines de l'ordre de Prémontré. La tour romane de ce sanctuaire initial subsiste encore aujourd'hui. L'édifice, endommagé en 1298 lors du siège de Haguenau par les Strasbourgeois, est reconstruit vers 1300 dans un style gothique, puis agrandi en 1424.
Au XVIIIe siècle, les Prémontrés ajoutent une chapelle (1785) et un caveau funéraire surmonté d'une chapelle du Saint-Sépulcre (1786). L'église, vendue à la ville en 1535 puis rachetée par les Prémontrés en 1643, traverse la Révolution avec des dommages : les statues des saints Norbert et Nicolas sont décapitées, et leurs têtes remplacées au XIXe siècle. Les voûtes et baies actuelles, de style néo-gothique, datent des XIXe-XXe siècles, tandis qu'une sacristie (1846) et une chapelle baptismale (1932) complètent l'édifice.
La Seconde Guerre mondiale cause d'importants dégâts : la cloche du XIIIe siècle est détruite, et la tour, gravement endommagée. Les restaurations, entreprises à partir de 1965, modifient profondément l'intérieur, avec la suppression de la charpente d'origine et des décors peints. L'architecture mêle aujourd'hui grès, briques, et béton (pour la tour reconstruite), tandis que le mobilier, comme les stalles Louis XV et XVI issues de l'abbaye de Neubourg, témoigne de son riche passé.
L'intérieur abrite des œuvres remarquables, dont un saint sépulcre monumental du XIVe siècle (transféré de Strasbourg en 1786), des statues de la Vierge à l'Enfant des XVe et XVIIIe siècles, et des objets liturgiques rococo ou néo-gothiques. Quatre statues baroques (saints Augustin, Ambroise, Grégoire et Jérôme) ornent l'entrée du chœur, reflétant l'importance religieuse et artistique de ce lieu à travers les siècles.
Les bâtiments conventuels, initialement au nord de l'église, furent partiellement détruits après la guerre. Un ossuaire surmonté d'une chapelle Saint-Michel occupait autrefois l'enclos, avant le déplacement du cimetière en 1780. Aujourd'hui, l'église, propriété de la commune, reste un témoignage majeur du patrimoine alsacien, marqué par les influences gothique, baroque et néo-gothique.