Frise chronologique
Fin XIIe - début XIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
Fin XIIe - début XIIIe siècle (≈ 1325)
Édification de l'église originelle en style gothique.
1510-1521
Reconstruction flamboyante
Reconstruction flamboyante
1510-1521 (≈ 1516)
Travaux post-Guerre de Cent Ans, consécration en 1522.
1849-1859
Création des vitraux par Deligny
Création des vitraux par Deligny
1849-1859 (≈ 1854)
Réalisations uniques précurseurs de l'Art nouveau.
1834-1877
Restauration par l'abbé Deligny
Restauration par l'abbé Deligny
1834-1877 (≈ 1856)
Création des vitraux et réparations majeures.
1878-1880
Restauration après la foudre
Restauration après la foudre
1878-1880 (≈ 1879)
Réparation de la flèche et des voûtes en briques.
2 février 1920
Classement monument historique
Classement monument historique
2 février 1920 (≈ 1920)
Protection officielle de l'édifice et de ses vitraux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 2 février 1920
Personnages clés
| Théodore-Cyrille Deligny - Curé de Jonquières (1834-1861) |
Créateur des vitraux, restaurateur de l'église. |
| Raoul de Coudun - Seigneur local, XIIIe siècle |
Fondateur du prieuré d'Élincourt lié à Jonquières. |
| Robert de Cressonsacq - Évêque de Beauvais, 1245 |
Confère au prieur d'Élincourt la cure de Jonquières. |
| Jean des Pleurs - Évêque in partibus, 1522 |
Consacre l'église après sa reconstruction flamboyante. |
| Louis Graves - Historien, XIXe siècle |
Décrit l'état dégradé de l'église en 1832. |
Origine et histoire
L'église Saint-Nicolas de Jonquières, située dans le département de l'Oise, est un édifice religieux construit entre la fin du XIIe siècle et le début du XIIIe siècle. Elle fut largement reconstruite au XVIe siècle après les dommages subis pendant la Guerre de Cent Ans, avec une consécration en 1522. Son architecture mêle les styles gothique et gothique flamboyant, bien que son intérêt architectural soit limité en raison de reconstructions ultérieures, notamment des voûtes néogothiques ajoutées en 1879.
L'église est surtout réputée pour ses seize vitraux polychromes, créés entre 1849 et 1859 par l'abbé Théodore-Cyrille Deligny, curé de Jonquières. Autodidacte, il a conçu ces vitraux dans un style naïf et symbolique, utilisant des couleurs éclatantes et des motifs ornementaux qui préfigurent l'Art nouveau. Les vitraux du Rosaire et des Apôtres, situés dans le transept, sont considérés comme ses chefs-d'œuvre. Ces œuvres, initialement méprisées, ont été reconnues pour leur originalité à partir des années 1930.
L'église a été classée monument historique en 1920. Elle est aujourd’hui affiliée à la paroisse des Seize bienheureuses Carmélites de Compiègne. Malgré des restaurations successives, elle conserve un mobilier modeste, dont une stalle du XVIIIe siècle classée, et des retables baroques. Les vitraux de l'abbé Deligny, restaurés depuis les années 1950, restent son principal attrait.
La façade occidentale, sobre, présente un portail en anse de panier et une fenêtre haute en plein cintre datant du XIIe siècle. Les parties orientales, soigneusement appareillées, montrent des influences gothiques flamboyantes, avec des contreforts et des corniches moulurées. L’intérieur, sobre, est marqué par une nef à trois travées, un transept légèrement débordant et une abside à pans coupés, le tout voûté d’ogives.
L’histoire de l’église est marquée par des périodes d’abandon, notamment après la Révolution française, lorsque Jonquières perd son curé pendant 27 ans. L’arrivée de l'abbé Deligny en 1834 redonne vie à l’édifice, grâce à ses efforts de restauration et à la création de ses vitraux. Ces derniers, aux couleurs vives et aux motifs symboliques, rompent avec les conventions du vitrail religieux du XIXe siècle, faisant de cette église un lieu unique dans le patrimoine français.