Frise chronologique
1096
Consécration de la première église
Consécration de la première église
1096 (≈ 1096)
Église prieurale dédiée à saint Nicolas.
1749
Fermeture pour insécurité
Fermeture pour insécurité
1749 (≈ 1749)
Édifice menaçant ruine après effondrement du clocher.
1758
Début de la reconstruction
Début de la reconstruction
1758 (≈ 1758)
Première pierre posée sous Dauzas et Tourny.
1787
Consécration de l’église actuelle
Consécration de l’église actuelle
1787 (≈ 1787)
Inachevée (clochers, chapiteaux) mais ouverte au culte.
1855-1856
Achèvement des clochers et décoration
Achèvement des clochers et décoration
1855-1856 (≈ 1856)
Campaniles construits, peintures et vitraux ajoutés.
1988
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1988 (≈ 1988)
Protection officielle de l’édifice et de son mobilier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Nicolas (cad. AC 427) : classement par arrêté du 14 novembre 1988
Personnages clés
| Claude-Louis-Aubert de Tourny - Intendant de Guyenne |
Initiateur du financement et des premiers travaux. |
| François-Dominique Barreau de Chefdeville - Architecte parisien |
Auteur des plans néo-classiques (1761-1765). |
| Jean Sauvageot - Architecte directeur du chantier |
Supervisa la construction de 1762 à 1778. |
| Oudot de Maclaurin - Architecte successeur de Barreau |
Simplifia les plans pour réduire les coûts. |
| Joseph-Emmanuel de Vivie - Curé de Nérac (XIXe siècle) |
Commanditaire de l’achèvement et de la décoration. |
| Gustave Lassalle-Bordes - Peintre décorateur |
Auteur des fresques du chœur (1856). |
Origine et histoire
L’église Saint-Nicolas de Nérac remplace un prieuré bénédictin du XIe siècle, dont l’église, consacrée en 1096, s’effondra partiellement en 1697. Menacée de ruine en 1749, sa reconstruction fut lancée en 1758 sous l’impulsion des notables locaux et de l’intendant Claude-Louis-Aubert de Tourny. Les plans initiaux, confiés à l’architecte Dauzas, furent repris par François-Dominique Barreau de Chefdeville, adepte du néo-classicisme, après une interruption des travaux en 1761. Barreau proposa un parti en croix latine inspiré de l’église Saint-Sulpice de Paris, mais sa mort en 1765 laissa le chantier à Oudot de Maclaurin, qui simplifia le projet pour des raisons budgétaires.
Les travaux, financés par des taxes locales sur le vin et des dons privés, reprirent en 1771 sous la direction de Jean Sauvageot, qui acheva la voûte de la nef (1773-1778) et les chapelles latérales. Consacrée en 1787 malgré des éléments inachevés (clochers, chapiteaux), l’église devint un Temple de l’Être Suprême pendant la Révolution avant d’être rendue au culte catholique en 1795. Au XIXe siècle, le curé Joseph-Emmanuel de Vivie fit compléter les campaniles (1855) et décorer l’intérieur par des peintures murales de Gustave Lassalle-Bordes (1856) et des vitraux de Joseph Villiet, illustrant une symbolique anti-protestante forte dans cette ville marquée par le calvinisme.
Classée Monument Historique en 1988, l’église allie une architecture néo-palladienne rare en France (premier exemple du genre) à un décor intérieur typique du Second Empire. Les vitraux, organisés autour de figures bibliques préfigurant l’Eucharistie, et l’orgue Magen (1852), restauré en 1983, témoignent de son rôle central dans la vie religieuse et culturelle de Nérac. Un incendie en 1997 entraîna une restauration complète, révélant l’éclat des couleurs originales des fresques.
Les plans conservés (1761-1771) montrent l’évolution du projet, des clochers inspirés de Saint-Sulpice aux chapiteaux corinthiens ajoutés sous Napoléon III. La façade, ornée d’un ordre ionique colossal et d’un fronton triangulaire, reflète l’influence de l’Antique, tandis que les chapelles latérales, voûtées sur colonnes corinthiennes, soulignent la rigueur géométrique du néoclassicisme. L’édifice, propriété de la commune, reste un témoignage majeur des échanges artistiques entre Paris et la province au siècle des Lumières.