Frise chronologique
1049-1052
Fondation par saint Austinde
Fondation par saint Austinde
1049-1052 (≈ 1051)
Achat des terres et construction initiale.
4 mai 1052
Transaction avec le comte d’Armagnac
Transaction avec le comte d’Armagnac
4 mai 1052 (≈ 1052)
Vente conditionnelle des domaines à Nogaro.
28 juillet 1060
Consécration de l’église
Consécration de l’église
28 juillet 1060 (≈ 1060)
Cérémonie solennelle avec reliques et serments.
1569
Destruction par les protestants
Destruction par les protestants
1569 (≈ 1569)
Dégâts sur voûtes et portail occidental.
1862 et 1889
Restaurations controversées
Restaurations controversées
1862 et 1889 (≈ 1889)
Modifications stylistiques et agrandissement.
21 avril 1998
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
21 avril 1998 (≈ 1998)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. AE 34) : classement par arrêté du 21 avril 1998
Personnages clés
| Saint Austinde - Évêque d’Auch (XIe siècle) |
Fondateur de l’église et négociateur des terres. |
| Bernard II Tumapaler - Comte d’Armagnac |
Vendeur des domaines en 1052. |
| Montgomery - Chef protestant (1569) |
Responsable des destructions pendant les guerres. |
| Hippolyte Durand - Architecte (XIXe siècle) |
Auteur du projet d’agrandissement non réalisé. |
| Marcel Durliat - Historien de l’art |
Critique des restaurations du XIXe siècle. |
Origine et histoire
L’église Saint-Nicolas de Nogaro, située dans le Gers en Occitanie, trouve son origine dans l’action de saint Austinde, évêque d’Auch, qui acquiert en 1049-1052 des terres à Nogaro auprès du comte d’Armagnac Bernard II Tumapaler. La transaction, finalisée le 4 mai 1052, impose que le domaine appartienne à l’église Sainte-Marie d’Auch, non à l’archevêque. Austinde y fonde une chapelle dédiée à saint Nicolas, consacrée solennellement le 28 juillet 1060 en présence de dignitaires gascons. Les reliques de saints locaux (Luperc, Mamet, Clair) y sont transférées, et le comte d’Armagnac y renonce à ses droits féodaux sur Nogaro.
Transformée en collégiale sous la règle de saint Augustin, l’église accueille des chanoines réguliers et des conciles provinciaux (1060, 1141, 1154, etc.). Au XIIe siècle, son cloître et ses chapiteaux sculptés – comparables à ceux de Saint-Sernin de Toulouse – témoignent de liens artistiques avec l’Espagne. Dévastée en 1569 par les protestants de Montgomery, elle est restaurée au XVIIe siècle (voûtes en 1662, lambris en 1634), puis profondément remaniée au XIXe siècle : les campagnes de 1862 (peintures, vitraux) et 1889 (agrandissement, clocher) altèrent son aspect roman, malgré la redécouverte de fresques du XIIe siècle (vie de saint Laurent, Christ en majesté) en 1995.
L’architecture mêle nef à trois vaisseaux, absides nichées et modillons sculptés (centaures, griffons), partiellement restaurés. Le portail septentrional roman (tympan au Christ en mandorle) et la sculpture du Signum Leonis (découverte en 1954) soulignent son héritage médiéval. Classée Monument Historique en 1998, l’église conserve aussi des vitraux contemporains (2004) inspirés de l’Ecclésiaste, symbolisant martyrs et apôtres.
Le cloître, aujourd’hui réduit à cinq arcades (dont deux originales), abritait jadis la salle capitulaire et des logements pour clercs. Les pierres blanches de Saint-Griède, utilisées pour la construction, et les traces de fortifications (créneaux disparus) rappellent son rôle défensif. Les chapiteaux, comparés à ceux de Compostelle ou Moissac, illustrent les échanges culturels entre Gascogne, Aragon et Aquitaine aux XIe-XIIe siècles.