Frise chronologique
1198
Première mention de la chapelle
Première mention de la chapelle
1198 (≈ 1198)
Chapelle Saint-Nicolas citée comme dépendance de Saint-Pierre.
25 janvier 1398
Devenue église paroissiale
Devenue église paroissiale
25 janvier 1398 (≈ 1398)
Transfert du mobilier de Saint-Pierre après sa destruction.
1404-1472
Construction des chapelles latérales
Construction des chapelles latérales
1404-1472 (≈ 1438)
Six chapelles édifiées par des confréries pieuses.
1535
Tremblement de terre et reconstruction
Tremblement de terre et reconstruction
1535 (≈ 1535)
Effondrement partiel des voûtes, travaux de Jean Martin.
1601-1602
Construction de l'orgue
Construction de l'orgue
1601-1602 (≈ 1602)
Œuvre de Pierre Marchand, 14 jeux et 7 pédales.
14 octobre 1911
Classement monument historique
Classement monument historique
14 octobre 1911 (≈ 1911)
Protection officielle par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise paroissiale Saint-Nicolas : classement par arrêté du 14 octobre 1911
Personnages clés
| Jean Martin - Maçon |
Reconstruit le chœur et le collatéral après 1535. |
| Jacques Jehan - Maçon de Pertuis |
Aide Jean Martin lors des travaux de 1538. |
| Pierre Marchand - Facteur d'orgue |
Conçoit l'orgue en 1601-1602. |
| Victor Riqueti de Mirabeau - Économiste et noble |
Baptisé dans cette église en 1715. |
Origine et histoire
L'église Saint-Nicolas de Pertuis trouve ses origines au XIIe siècle, mentionnée pour la première fois en 1198 comme une chapelle cimétériale dépendante de l'église Saint-Pierre. Située hors de l'agglomération, elle devient une paroisse annexe à la fin du XIIIe siècle. Entre 1357 et 1398, les guerres et sièges successifs (notamment ceux menés par le comte d'Armagnac et Henri de Transtamare) endommagent gravement l'église Saint-Pierre. En 1397, sous la menace d'un effondrement, son mobilier est transféré à Saint-Nicolas, qui est érigée en église paroissiale le 25 janvier 1398. Cette transition marque le début de son expansion architecturale.
La construction de l'église s'étale sur quatre siècles, avec des phases majeures aux XVe et XVIe siècles. En 1398, elle se compose d'une nef unique à trois travées, voûtée d'ogives, et d'un petit chœur polygonal. Au XVe siècle, six chapelles latérales sont ajoutées entre les contreforts, financées par des confréries pieuses : Saint-Antoine (1404), Sainte-Anne (1422), Saint-Jacques (1427), Saint-Honorat et Sainte-Marte (1450), Saint-Sébastien (1467), et Saint-Éloi (1472). Seules les trois chapelles nord subsistent aujourd’hui dans leur état d’origine. Les fonts baptismaux de Saint-Pierre y sont transférés en 1482, consolidant son statut paroissial.
Au XVIe siècle, l'église subit des transformations majeures. Une quatrième travée est ajoutée à l’ouest en 1535, flanquée au sud d’une chapelle latérale appelée chapelle de Monseigneur. Cette année-là, un tremblement de terre endommage les voûtes, entraînant une reconstruction partielle par le maçon Jean Martin, qui agrandit aussi le chœur et entame la construction d’un collatéral sud. Les travaux, interrompus par l’invasion de Charles Quint en 1536, reprennent en 1538 avec l’aide du maçon Jacques Jehan. Malgré des projets inaboutis (comme un second collatéral nord), l’église s’enrichit de nouvelles chapelles au XVIIe siècle, dont celle de Sainte-Venture (1617) et du Rosaire (1627).
L’orgue de l’église, mentionné dès 1514, est construit par Pierre Marchand entre 1601 et 1602. Doté de 14 jeux et 7 pédales, il est restauré en 1774-1775, puis reconstruit en 1825. L’église est classée monument historique le 14 octobre 1911, reconnaissant son importance patrimoniale. Parmi les figures marquantes liées à ce lieu, le comte Victor Riqueti de Mirabeau (1715-1789), économiste et père du révolutionnaire Mirabeau, y fut baptisé.
L’architecture actuelle de Saint-Nicolas reflète ces siècles d’évolution : une nef et un collatéral de quatre travées voûtées d’ogives, un chœur polygonal éclairé par des vitraux, et une façade occidentale reconstruite en 1877. Les voûtes, ornées de liernes et tiercerons, ainsi que les chapelles latérales (dont une couverte d’une coupole à lanternon), témoignent de son histoire mouvementée et de son rôle central dans la vie religieuse et communautaire de Pertuis.