Origine et histoire de l'Église Saint-Nicolas
L'église Saint-Nicolas de Raray, située dans le département de l'Oise en région Hauts-de-France, est un édifice religieux marqué par deux périodes de construction majeures : le XIIe siècle pour ses parties les plus anciennes (clocher et voûte de la chapelle Saint-Joseph), et les années 1520-1530 pour sa reconstruction dans un style gothique flamboyant pur. Ce mélange architectural reflète une transition entre les influences médiévales et les prémices de la Renaissance, visibles dans certains détails comme les feuilles d'acanthe ou les chérubins sculptés. Le monument, classé en 1921, a bénéficié d'une restauration complète à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, préservant ainsi son état actuel.
La fondation de l'église remonte au moins au milieu du XIIe siècle, comme en témoignent le clocher en bâtière et les contreforts du chœur. Sous l'Ancien Régime, la paroisse dépendait du diocèse de Senlis, et le chapitre de la cathédrale Notre-Dame de Senlis en était le collateur. La reconstruction flamboyante du XVIe siècle, probablement interrompue puis achevée vers 1530, a intégré des éléments Renaissance discrets, comme la niche à statue incrustée près de l'arc triomphal. La Révolution française a marqué un tournant avec le rattachement de Raray au diocèse de Beauvais et la destruction du caveau seigneurial.
L'intérieur de l'église se distingue par une nef aveugle typique des églises rurales flamboyantes, éclairée indirectement par les bas-côtés. Les piliers ondulés à huit renflements, les voûtes d'ogives et les clés de voûte sculptées (dont une datée de 1692) illustrent la richesse décorative de l'édifice. Le chœur, recouvert d'une voûte sexpartite atypique pour l'époque, et les chapelles latérales (dont celle de la Vierge, abritant un caveau seigneurial) révèlent des irrégularités architecturales liées à la reprise de structures anciennes. À l'extérieur, le portail occidental, orné de pampres et de niches à statues, et le clocher roman à trois baies par face, renforcent le caractère hybride du monument.
Le mobilier de l'église compte neuf éléments classés ou inscrits, dont des fonts baptismaux du XIIIe siècle, une dalle funéraire du XVIe siècle dédiée à un chevalier de la famille de Ligny, et plusieurs statues et tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles. Ces œuvres, partiellement conservées sur place ou exposées au musée de Crépy-en-Valois, témoignent de la vitalité artistique et religieuse de la paroisse. Aujourd'hui, l'église, bien que n'accueillant plus de messes régulières, reste ouverte au public certains jours et continue de symboliser le patrimoine historique local.
La localisation de l'église, à proximité immédiate du château de Raray (dont les murs dissimulent partiellement sa façade), et son cimetière environnant, soulignent son ancrage dans le tissu urbain et historique du village. Son chevet, visible depuis la rue du Son, et ses élévations latérales dégagées, offrent une lecture claire de son évolution architecturale. Classée monument historique depuis 1921, l'église Saint-Nicolas incarne à la fois un lieu de culte, un témoignage artistique et un marqueur de l'histoire locale, de l'époque médiévale à nos jours.