Origine et histoire de l'Église Saint-Nicolas
L'église Saint-Nicolas est une église catholique paroissiale située au centre de Tessancourt-sur-Aubette, dans les Yvelines, au sein du parc naturel régional du Vexin français ; elle est entièrement dégagée, bordée de rues, précédée d'un parvis engazonné au sud et d'un petit parking au nord. Classée monument historique par arrêté du 25 mars 1930, elle dépend aujourd'hui de la paroisse de Meulan et les messes dominicales y sont célébrées un dimanche sur cinq à 9 h. Les parties les plus anciennes remontent au second quart du XIIe siècle : l'édifice primitif comprenait une nef unique non voûtée, la base du clocher voûtée d'arêtes et une abside à pans coupés voûtée en cul-de-four. La base du clocher présente des arcs-doubleaux en tiers-point qui annoncent l'architecture gothique et contrastent avec des voûtements et des chapiteaux d'inspiration romane. Vers le milieu du XIIe siècle, la nef fut agrandie par l'adjonction de bas-côtés au nord et au sud, mais le bas-côté sud n'a jamais été entièrement réalisé et une fenêtre romane subsiste dans la deuxième travée sud du mur de la nef. Le clocher roman semble inachevé, comme s'il avait manqué un étage octogonal ; son étage de beffroi et sa flèche octogonale en pierre ont une allure trapue. Au XVIe siècle une chapelle seigneuriale fut accolée au sud de la base du clocher ; une sacristie fut ensuite aménagée au nord et la façade occidentale ainsi que les murs des bas-côtés ont été remaniés à l'époque moderne. Malgré ces transformations extérieures, l'intérieur conserve une forte authenticité. L'église, régulièrement orientée avec une légère déviation vers le nord-est du chevet, présente un plan d'apparence cruciforme : une nef de cinq travées accompagnée de deux bas-côtés (le sud aujourd'hui limité aux deux dernières travées), la base de clocher axiale, une abside à cinq pans, la chapelle seigneuriale au sud et la sacristie au nord. La nef et les bas-côtés n'ont jamais été voûtés et sont couverts de plafonds plats en bois ; la base du clocher est voûtée d'arêtes et l'abside en cul-de-four, tandis que la chapelle seigneuriale est pourvue d'une voûte d'ogives dont le profil suggère une reprise postérieure. L'accès s'effectue par le portail occidental de la nef ou par un portail latéral sud, abrités sous un porche en appentis dont la charpente s'encastre dans le mur ; une porte occidentale du bas-côté sud est condamnée. Les grandes arcades intérieures en plein cintre retombent sur des chapiteaux sculptés de feuilles d'eau et de volutes d'angle, tous différents, reposant sur des colonnes monocylindriques appareillées en tambour ; ces éléments mêlent traits romans et silhouettes annonçant le gothique. L'éclairage comprend un oculus dans le mur occidental, une lancette gothique au sud de la première travée et une baie romane en plein cintre fortement ébrasée dans la deuxième travée sud ; les bas-côtés reçoivent des fenêtres modernes en plein cintre. La base du clocher s'ouvre par un arc triomphal en tiers-point à double rouleau ; ses doubleaux et tailloirs affichent des profils avancés pour la fin de la période romane tandis que chapiteaux et voûte d'arêtes conservent un vocabulaire roman. Les élévations latérales de la base montrent en haut des baies en plein cintre fortement ébrasées au-dessus d'un glacis à gradins et, au soubassement, des arcatures basses ouvrant vers la chapelle seigneuriale et vers une niche évoquant un enfeu. L'abside, l'une des rares apsides romanes à pans coupés du Vexin, est presque en hémicycle à l'intérieur et présente des arcs d'inscription en plein cintre sous la voûte ; seules les faces nord, est et sud sont percées de fenêtres encadrées par des retables en pierre de style Renaissance. La chapelle seigneuriale, implantée à l'emplacement du croisillon sud, s'ouvre par des arcades très basses en cintre surbaissé, conserve des culs-de-lampe ornés d'écussons peints et abrite un retable baroque en stuc et pierre tendre du début du XVIIIe siècle ainsi qu'une grande dalle funéraire de la famille de Vion. La dalle de François de Vion et de Pernelle de Joigny, redressée contre le mur de la chapelle à la fin du XIXe siècle, est classée et figure parmi les éléments mobiliers les mieux conservés du Vexin ; le retable, richement sculpté et peint, occupe également la voûte mais son authenticité a été discutée. À l'extérieur, hormis le clocher et le chevet appareillés en pierre de taille, la façade occidentale et les élévations des bas-côtés ont perdu leur caractère ancien ; les deux baies du mur méridional de la nef restent les éléments extérieurs les plus authentiques. L'étage de beffroi présente des baies géminées séparées par de simples colonnettes, des tailloirs et chapiteaux sobres et manque d'ornement ; la transition entre la tour carrée et la flèche octogonale est traitée par des plans inclinés et des pots-à-feu sommaires, éléments postérieurs qui alourdissent la silhouette. Parmi le mobilier, six pièces sont protégées au titre des objets : les fonts baptismaux du dernier quart du XVIe siècle, quatre statues (dont trois représentant saint Nicolas) et la dalle funéraire ; les fonts, ovales et sculptés de chérubins et d'un médaillon représentant le baptême du Christ, portent les armes de la famille de Vion et ont été classés en janvier 1905, tandis que les autres statues classées datent des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles conformément aux inventaires.