Frise chronologique
XIIe siècle
Fondation initiale
Fondation initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Première mention en 1197, liée aux Bénédictins.
1300
Reconstruction partielle
Reconstruction partielle
1300 (≈ 1300)
Style gothique méridional, clocher octogonal.
milieu XVe siècle
Campagne majeure de construction
Campagne majeure de construction
milieu XVe siècle (≈ 1550)
Nef et voûtes par Jean Constantin.
1875
Crue dévastatrice de la Garonne
Crue dévastatrice de la Garonne
1875 (≈ 1875)
Submersion partielle, restaurations ultérieures.
1891–1894
Fresques de Bernard Bénézet
Fresques de Bernard Bénézet
1891–1894 (≈ 1893)
Cycle peint sur la vie de saint Nicolas.
24 juillet 1986
Classement monument historique
Classement monument historique
24 juillet 1986 (≈ 1986)
Protection officielle de l’édifice et de ses éléments.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Nicolas (cad. AD 95) : classement par arrêté du 24 juillet 1986
Personnages clés
| Jean Constantin - Architecte |
A supervisé la nef au XVe siècle. |
| Pierre Viguier - Sculpteur (atelier) |
Auteur présumé du tympan (Adoration des Mages). |
| Bernard Bénézet - Peintre |
Auteur des fresques néo-gothiques (1891–1894). |
| Étienne Rossat - Sculpteur |
Co-créateur du retable du XVIIIe siècle. |
| Nicolas Bachelier - Sculpteur |
Bas-relief intégré au retable (1554). |
| Henri Rocher - Architecte |
Dirigea les restaurations post-inondation (XIXe). |
Origine et histoire
L'église Saint-Nicolas, située au 36 grande-rue Saint-Nicolas dans le quartier Saint-Cyprien à Toulouse, est dédiée à saint Nicolas, protecteur des marins et des victimes d’inondations. Ce choix s’explique par la vulnérabilité historique du quartier aux crues de la Garonne, comme celle dévastatrice de 1875. L’édifice, reconstruit en 1300 puis remanié au XVe siècle, arbore un clocher octogonal typique du style toulousain, inspiré des basiliques Saint-Sernin et des Jacobins, avec des baies géminées et des arcs en mitre. Son portail, orné d’un haut-relief de l’Adoration des Mages attribué à l’atelier de Pierre Viguier (XVe–XVIe siècles), illustre l’influence artistique locale.
La nef, de style gothique méridional, est divisée en cinq travées et décorée de fresques néo-gothiques réalisées par Bernard Bénézet entre 1891 et 1894, illustrant la vie de saint Nicolas. Ces peintures, commanditées après la crue de 1875, visaient à embellir l’église tout en célébrant son saint patron. Le chœur, richement orné au XVIIIe siècle, abrite un retable en marbre incarnat du Minervois, œuvre des sculpteurs Étienne Rossat et Jean-Baptiste Despax, intégrant un bas-relief de Nicolas Bachelier (1554). Les chapelles latérales, ajoutées au XVIe siècle, abritent des éléments remarquables comme une Pietà de Jean-Louis Ajon et des fresques Renaissance.
L’orgue, construit entre 1845 et 1847 par Daublaine et Callinet, remplace un instrument plus ancien revendu à l’église de Seysses. Classé monument historique, il comprend trois claviers et un pédalier, tandis que son buffet néogothique, également protégé, complète l’ensemble. L’église, classée en 1986, témoigne des campagnes de restauration menées après les inondations, comme celle dirigée par l’architecte Henri Rocher à la fin du XIXe siècle. Son tympan original, endommagé par les intempéries, a été remplacé par des moulages, les fragments médiévaux étant conservés au Musée des Augustins.
L’histoire de l’église remonte au XIIe siècle, liée à un vœu des habitants pour se protéger des inondations. Mentionnée dès 1197, elle dépendait des Bénédictins de la Daurade. La base quadrangulaire du clocher et certains éléments sculptés pourraient dater de cette période. Au XVe siècle, Jean Constantin supervise la reconstruction de la nef et des voûtes, tandis que le portail sud, attribué à l’atelier de Pierre Viguier, s’intègre à cette campagne. Le contraste entre l’austérité extérieure et la richesse intérieure reflète les évolutions stylistiques et les besoins liturgiques à travers les siècles.
Les fresques de Bénézet, bien que partiellement inachevées (terminées par son élève Léon Cazelles), couvrent les murs de scènes narratives et décoratives. Ces œuvres, ainsi que les statues des ébrasements du portail (classées en 1906 mais aujourd’hui très dégradées), illustrent l’importance culturelle et spirituelle de l’église pour le quartier. La destruction du porche en 1826 et les restaurations ultérieures ont altéré certains éléments, mais l’édifice reste un témoignage majeur de l’architecture religieuse toulousaine, mêlant héritage médiéval et embellissements modernes.