Frise chronologique
VIIIe siècle
Destruction par les Sarrasins
Destruction par les Sarrasins
VIIIe siècle (≈ 850)
Église ruinée puis reconstruite sous Charlemagne.
852
Confirmation des possessions
Confirmation des possessions
852 (≈ 852)
Diplôme de Charles le Chauve pour l'abbaye Saint-Cybard.
milieu XIe siècle
Construction de la nef
Construction de la nef
milieu XIe siècle (≈ 1150)
Nef charpentée érigée sur l'église carolingienne.
milieu XIIe siècle
Construction des coupoles
Construction des coupoles
milieu XIIe siècle (≈ 1250)
Travaux majeurs sur nef, transept et clocher-porche.
1587
Occupation protestante
Occupation protestante
1587 (≈ 1587)
Trémolat occupé par les troupes de Turenne.
4 septembre 1913
Classement monument historique
Classement monument historique
4 septembre 1913 (≈ 1913)
Protection officielle de l'édifice et de son patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Nicolas : classement par arrêté du 4 septembre 1913
Personnages clés
| Charlemagne - Empereur carolingien |
Aura fait reconstruire le prieuré au VIIIe siècle. |
| Charles le Chauve - Roi des Francs |
Confirme les possessions de l'abbaye en 852. |
| Adémar de Chabannes - Chroniqueur médiéval |
Documente l'histoire du monastère au Xe siècle. |
| Henri de La Tour d'Auvergne (vicomte de Turenne) - Chef protestant |
Occupe Trémolat en 1587 pendant les guerres. |
| Guillaume II d'Alesme - Marquis et prieur commendataire |
Supervise les travaux du XVIIIe siècle sur la façade. |
| Henri Rapine - Architecte du XXe siècle |
Restaure les toitures de l'église en 1920. |
Origine et histoire
L'église Saint-Nicolas de Trémolat, située dans le département de la Dordogne en Nouvelle-Aquitaine, est un monument emblématique de l'architecture romane périgourdine du XIIe siècle. Son histoire remonte à une légende locale associant saint Cybard (Eparchius), solitaire d'Angoulême, dont la maison natale aurait été proche de l'édifice. Selon des sources médiévales, l'église aurait été détruite au VIIIe siècle par les Sarrasins, puis reconstruite sous Charlemagne comme prieuré conventuel dédié à Sainte-Marie, enrichi par des reliques comme la chemise de l'Enfant Jésus.
Au XIe siècle, une nef charpentée est érigée, tandis que les trois coupoles de la nef et le transept datent du milieu du XIIe siècle, suivis par le clocher-porche occidental. L'édifice, fortifié, subit des modifications au XVIIIe siècle, notamment l'ajout d'un portail classique et d'un fronton sur sa façade. Occupée brièvement par les troupes protestantes de Turenne en 1587, l'église voit sa nef menacée de démolition en 1687 en raison de son état de dégradation.
Classée monument historique en 1913, l'église Saint-Nicolas a fait l'objet de multiples restaurations, notamment au XIXe et XXe siècles, pour préserver ses toitures, ses coupoles et son clocher. Ses dimensions imposantes (46 m de longueur, coupoles à 11,30 m de hauteur) et son histoire riche, liée à l'abbaye de Saint-Cybard d'Angoulême, en font un témoignage majeur du patrimoine religieux et architectural du Périgord.
Les fouilles et travaux du XVIIIe siècle ont révélé des peintures médiévales dans le chœur, aujourd'hui protégées. L'édifice, propriété de la commune, conserve également un autel du XVIIIe siècle classé depuis 1976. Son architecture, avec des contreforts décalés et des voûtes en berceau, illustre l'ingéniosité des bâtisseurs romans pour assurer la stabilité de l'ensemble.
La légende de saint Cybard et les actes carolingiens, bien que partiellement remaniés, soulignent l'importance spirituelle et historique de Trémolat, lieu de pèlerinage et de pouvoir religieux dès le haut Moyen Âge. Les chroniques d'Adémar de Chabannes et les archives de l'abbaye de Saint-Cybard documentent son rôle central dans la région, entre Angoulême et le Périgord.
Enfin, les restaurations modernes, comme celles menées par Henri Rapine en 1920 ou les consolidations du clocher en 1938, témoignent d'une volonté constante de préserver ce patrimoine, tout en adaptant l'édifice aux besoins cultuels et touristiques contemporains.