Origine et histoire de l'Église Saint-Nicolas
L'église Saint-Nicolas de Troyes, initialement une chapelle dépendant de la paroisse de Saint-Jean-au-Marché en 1189, devint indépendante en 1722. Après l'incendie de 1524 qui ravagea Troyes, elle fut reconstruite en pierre. Le maître maçon Gérard Faulchot proposa un plan en 1526, et les travaux débutèrent la même année. Les parties basses du chœur et le côté nord furent achevés en 1535, tandis que son fils Jean édifia les chapelles de la nef et le côté sud entre 1551 et 1553. Une nouvelle campagne de travaux, de 1553 à 1566, acheva le côté nord, et Rémy Mauvoisin termina la couverture entre 1582 et 1608.
Le clocher, situé de l'autre côté de la ruelle sur le flanc nord, fut détruit au XVIIIe siècle. Après la démolition des fortifications, un portail occidental fut ajouté en 1840. La baie d'axe derrière le maître-autel, quant à elle, date de 1900. L'église, adjacente à l'ancienne muraille, présente un plan basilical avec cinq travées et un narthex surmonté d'une chapelle transversale. Son architecture et ses décors intérieurs, notamment les vitraux et la statuaire, en font un témoignage majeur de l'art de la Renaissance.
La chapelle du Calvaire, accessible par un escalier monumental, fut voulue par le vicaire Jacques Collet. Elle abrite une peinture murale de Nicolas Cordonnier (1551-1552) encadrée de sculptures attribuées à l'atelier de Chaource, dont un Christ ployant sous la croix et un Christ à la colonne en marbre blanc par François Gentil. Le narthex, avec son bénitier du XVIIe siècle et une statue de saint Roch, mène à l'entrée occidentale. Le portail méridional, chef-d'œuvre de la Renaissance, fut réalisé entre 1551 et 1554 par Jean Falchot et Dominique Florentin, orné de sculptures de François Gentil.
L'église abrite une statuaire remarquable du XVIe siècle, incluant des œuvres comme Sainte Agnès, un Calvaire, et une Vierge à l'Enfant. Une statue de Bonaventure de Bagnoregio, probablement issue du couvent des Cordeliers de Troyes après la Révolution, se distingue par ses détails iconographiques franciscains. Les vitraux, datant des XVIe et XVIIe siècles, comprennent des grisailles rehaussées d'or, comme Le Miracle de l'hostie (1563) et La Vie de Daniel (1535).