Frise chronologique
XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIIe siècle (≈ 1250)
Édifice roman originel et nef primitive.
XIIIe siècle
Transformations gothiques
Transformations gothiques
XIIIe siècle (≈ 1350)
Ajout étage clocher, flèche, chapelles seigneuriales.
1824
Abandon de la paroisse
Abandon de la paroisse
1824 (≈ 1824)
Réunion à Huppain, transfert mobilier.
XVIIe ou XVIIIe siècle
Modifications intérieures
Modifications intérieures
XVIIe ou XVIIIe siècle (≈ 1850)
Fermeture porche, installation retable, réfection arc triomphal.
1876
Rachat par la marquise de Mathan
Rachat par la marquise de Mathan
1876 (≈ 1876)
Tentative de préservation du site.
31 mai 1922
Classement Monument historique
Classement Monument historique
31 mai 1922 (≈ 1922)
Protection officielle des ruines.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ruines de l'ancienne église de Villiers-sur-Port : classement par décret du 31 mai 1922
Personnages clés
| Marquise de Mathan - Propriétaire et mécène |
Acheta l’église en 1876 pour la préserver. |
Origine et histoire
L’église Saint-Nicolas de Villiers-sur-Port, située à Port-en-Bessin-Huppain (Calvados), est un édifice catholique en ruine, construit aux XIIe et XIIIe siècles. Elle illustre une transition architecturale entre le style roman, visible dans sa base, et le gothique, marqué par son clocher surmonté d’une flèche octogonale, ainsi que par des chapelles seigneuriales aménagées dans la nef. Classée Monument historique en 1922, elle témoigne d’une histoire mouvementée, liée à l’évolution des paroisses locales et aux transformations successives de son espace intérieur, comme la fermeture du porche sous le clocher aux XVIIe ou XVIIIe siècles pour y installer un retable.
À l’origine église paroissiale de Villiers-sur-Port, un village aujourd’hui disparu, elle fut abandonnée en 1824 lors de la réunion de sa paroisse à celle de Huppain, puis de Port-en-Bessin en 1972. Le mobilier, les ardoises et la charpente furent alors récupérés par les habitants, tandis que la cloche, cachée dans une douve du château voisin par les Villiérois, échappa aux Portais. Malgré son rachat en 1876 par la marquise de Mathan, soucieuse de sa préservation, l’édifice continua de se dégrader, malgré quelques travaux de consolidation menés au XXe siècle. Ses ruines, en moellon et pierre de taille, conservent des traces de voûtes romanes et gothiques, ainsi que des hagioscopes dans l’arc triomphal.
L’architecture de l’église révèle des techniques constructives variées : voûte en berceau pour le porche sous clocher, voûtes d’ogives pour le chœur, et une flèche octogonale en pierre de taille. Les modifications des XVIIe et XVIIIe siècles, comme la transformation des portes de la nef ou la réfection de l’arc triomphal, reflètent des adaptations liturgiques ou pratiques. Après la Révolution, son déclin s’accéléra avec l’abandon du cimetière attitré et le transfert de ses fonctions religieuses vers Port-en-Bessin. Aujourd’hui, ses ruines, protégées depuis 1922, offrent un témoignage poignant de l’histoire médiévale et moderne de la Normandie.
Le site est localisé au sud de l’ancien village de Villiers-sur-Port, sur le chemin du Manoir de Villiers, dans un cadre aujourd’hui intégré à la commune de Port-en-Bessin-Huppain. Son classement parmi les Monuments historiques souligne son importance patrimoniale, malgré son état de dégradation. Les sources, comme les travaux d’Arcisse de Caumont au XIXe siècle ou les données de la base Mérimée, documentent son évolution architecturale et son rôle dans la vie communautaire locale, depuis son édification jusqu’à son abandon progressif.