Frise chronologique
1079
Fondation du monastère de Saint-Martin-des-Champs
Fondation du monastère de Saint-Martin-des-Champs
1079 (≈ 1079)
Devenu prieuré de Cluny, il érigea l’oratoire Saint-Nicolas.
1119
Première mention de la chapelle Saint-Nicolas
Première mention de la chapelle Saint-Nicolas
1119 (≈ 1119)
Bulle papale de Calixte II évoquant une « capella Sancti-Nicholai ».
1421
Début de la construction de l’église actuelle
Début de la construction de l’église actuelle
1421 (≈ 1421)
Première pierre posée sous occupation anglaise.
1490-1501
Premier agrandissement majeur
Premier agrandissement majeur
1490-1501 (≈ 1496)
Ajout d’un second bas-côté et reculement des chapelles.
1576-1586
Construction du portail Renaissance
Construction du portail Renaissance
1576-1586 (≈ 1581)
Inspiré par Philibert Delorme, sans transept pour économie.
1613-1615
Achèvement du chœur et des chapelles rayonnantes
Achèvement du chœur et des chapelles rayonnantes
1613-1615 (≈ 1614)
Dernière phase de construction, style classique naissant.
1623
Vision mystique de Louise de Marillac
Vision mystique de Louise de Marillac
1623 (≈ 1623)
Fondation future des Filles de la Charité avec Vincent de Paul.
1793
Fermeture révolutionnaire et profanation
Fermeture révolutionnaire et profanation
1793 (≈ 1793)
Transformée en temple théophilanthropique, puis rendue en 1802.
1823-1829
Restauration sous le curé Frasey
Restauration sous le curé Frasey
1823-1829 (≈ 1826)
Travaux sur la façade et les chapelles après la Révolution.
1887
Classement au titre des monuments historiques
Classement au titre des monuments historiques
1887 (≈ 1887)
Protection officielle de l’édifice et de son patrimoine.
2020-2021
Restauration du flanc sud et des peintures
Restauration du flanc sud et des peintures
2020-2021 (≈ 2021)
Campagne récente de conservation et mise en valeur.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Louise de Marillac - Cofondatrice des Filles de la Charité |
Vision mystique en 1623 dans cette église. |
| Vincent de Paul - Prêtre et fondateur d’ordres religieux |
Collabora avec Louise de Marillac après sa vision. |
| Simon Vouet - Peintre baroque du XVIIe siècle |
Auteur de l’Assomption de la Vierge (1629). |
| Georges Lallemant - Peintre maniériste et classique |
Décora plusieurs chapelles entre 1618 et 1623. |
| Jean de Froncières - Maître maçon du XVIe siècle |
Dirigea des travaux sur les voûtes en 1541-1546. |
| Curé Frasey - Curé restaurateur du XIXe siècle |
Supervisa les travaux de 1823 à 1829. |
| Cardin Le Bret - Avocat général au Parlement de Paris |
Propriétaire de la chapelle n°12, inhumé en 1655. |
| Clément Métezeau - Architecte du XVIIe siècle |
Auteur probable du retable du maître-autel (1620). |
| Crépin Carlier - Facteur d’orgues du XVIIe siècle |
Conçut le grand orgue en 1632-1636. |
| François-Henri Clicquot - Facteur d’orgues du XVIIIe siècle |
Restaura entièrement la tuyauterie en 1772-1777. |
Origine et histoire
L’église Saint-Nicolas-des-Champs, située rue Saint-Martin dans le 3e arrondissement de Paris, est un édifice religieux catholique dont la construction s’est étalée sur deux siècles, de 1420 à 1620. Elle relève principalement de l’architecture gothique flamboyant, bien que des éléments Renaissance et classiques y aient été intégrés lors des agrandissements successifs. Classée monument historique depuis le 10 février 1887, elle est l’une des églises parisiennes les plus vastes, avec 90 mètres de longueur et 36 mètres de largeur, et se distingue par ses 99 colonnes, lui valant le surnom d’« église aux cent colonnes ».
L’origine de l’église remonte au XIe siècle, lorsque le monastère de Saint-Martin-des-Champs, devenu prieuré de Cluny, érigea un oratoire dédié à saint Nicolas, patron des voyageurs et des enfants. Cet oratoire, mentionné dans une bulle papale de 1119, servait une population locale en pleine expansion, attirée par la foire du Lendit et l’activité économique croissante du quartier. Au fil des siècles, l’édifice fut agrandi pour répondre aux besoins d’une paroisse de plus en plus peuplée, passant de 1 000 habitants au XIIe siècle à plus de 50 000 au XVIIe siècle.
La construction de l’église actuelle débuta en 1421, sous occupation anglaise pendant la guerre de Cent Ans, avec l’édification d’une nef de sept travées et d’un bas-côté. Les travaux se poursuivirent par étapes, marquées par des agrandissements majeurs en 1490, 1541, 1576, et enfin 1613-1615, date à laquelle le chœur, le déambulatoire et les chapelles rayonnantes furent achevés. Chaque phase reflète les évolutions architecturales de son époque, mêlant styles gothique, Renaissance et classique. L’église fut également le théâtre d’événements historiques, comme la fondation de la congrégation des Filles de la Charité par Louise de Marillac et Vincent de Paul en 1633, après une vision mystique vécue dans l’édifice en 1623.
L’intérieur de Saint-Nicolas-des-Champs est richement décoré, avec plus de soixante-dix objets classés monuments historiques, dont des peintures murales, des sculptures et des vitraux. Parmi les œuvres notables figurent des tableaux de Simon Vouet, Georges Lallemant et Quentin Varin, ainsi que des retables baroques et des stalles du XVIIIe siècle. Les chapelles latérales, au nombre de trente-trois, furent concédées à des paroissiens aisés ou à des confréries, qui les ornèrent de fresques, de statues et de mobilier liturgique. Certaines, comme la chapelle axiale dédiée à la Vierge, abritent des œuvres majeures de la peinture religieuse du XVIIe siècle.
L’église connut des périodes troubles, notamment pendant la Révolution française, lorsqu’elle fut fermée en 1793 et transformée en temple théophilanthropique avant d’être rendue au culte catholique en 1802. Au XIXe siècle, des restaurations majeures furent entreprises, notamment sous le pastorat du curé Frasey (1823-1829), qui concernèrent la façade occidentale et les chapelles. Le percement de la rue de Turbigo en 1858 modifia également l’environnement immédiat de l’édifice, entraînant la démolition partielle du charnier et du presbytère.
Aujourd’hui, Saint-Nicolas-des-Champs reste un lieu de culte actif, animé par la communauté de l’Emmanuel depuis 1992. Elle abrite également un orgue historique, construit au XVIIe siècle par Crépin Carlier et restauré à plusieurs reprises, dont la dernière intervention remonte aux années 1927-1930 par Victor Gonzalez. L’église continue de faire l’objet de campagnes de restauration, comme celle menée en 2020-2021 sur le flanc sud, les peintures murales et les vitraux, perpétuant ainsi son rôle de témoin du patrimoine religieux et artistique parisien.