Origine et histoire de l'Église Saint-Nizier
L'église Saint-Nizier de Troyes, dédiée à Nizier de Lyon, est l’un des plus anciens édifices religieux de la ville. Elle fut construite sur l’emplacement d’un oratoire du Bas-Empire dédié à sainte Maur, initialement situé hors des murs de Troyes. L’évêque Gallomonge y apporta les reliques de saint Nizier depuis Lyon, consolidant son importance spirituelle. Dès 1080, la paroisse, incluant des quartiers comme le Labourat et le Bourg-Saint-Jacques, était sous la collation du chapitre cathédral. Son cimetière, adjacent aux collatéraux nord et sud, subsista jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.
Le bâtiment actuel, érigé au XVIe siècle, mêle les styles gothique et Renaissance. Son abside abrite des vitraux datés de 1505, tandis que ses portails nord (1531, style Renaissance) et ouest (1580) illustrent cette dualité stylistique. Le portail nord, orné des monogrammes de Diane de Poitiers et Henri II, fut achevé en 1548. La nef, couverte en 1582, adopte un plan rectangulaire à trois nefs et quatre travées. La tour, construite entre 1602 et 1619 par les architectes Gérard Fauchot et Laurent Baudrot, remplaça un beffroi en bois vétuste.
L’église abrite un orgue classé, construit en 1851 par Ducroquet avec des éléments de la maison Daublaine, ainsi qu’un riche ensemble statuaire du XVIe siècle (bois, calcaire polychrome). Ses vitraux, partiellement issus d’autres églises au XVIIe siècle, et ses peintures (XVIIIe–XIXe siècles) témoignent de son patrimoine artistique. Classée monument historique en 1840, elle reste un symbole du patrimoine religieux troyen, entre héritage médiéval et influences renaissantes.
Son portail occidental, attribué à Dominique Florentin (1574), arbore des monogrammes en C associés à Charles X, bien que cette attribution chronologique semble anachronique (Charles X régnant au XIXe siècle). Le portail sud, de style gothique flamboyant (1531), contraste avec l’ensemble. Les peintures monumentales, comme le Christ en croix sur un cimetière (1927) d’Henri Marret, ajoutent une dimension mémorielle, évoquant la Grande Guerre.