Frise chronologique
1125–1135
Construction de la collégiale
Construction de la collégiale
1125–1135 (≈ 1130)
Édifiée par Wenemar sur des fondations du XIe siècle.
1875
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1875 (≈ 1875)
Protection officielle de l’État français.
1971
Effondrement de la façade ouest
Effondrement de la façade ouest
1971 (≈ 1971)
Restauration ultérieure du portail roman.
2014
Restauration des vitraux
Restauration des vitraux
2014 (≈ 2014)
Saint Roch, sainte Thérèse et Annonciation remisés.
24 octobre 2022
Funérailles de Lola Daviet
Funérailles de Lola Daviet
24 octobre 2022 (≈ 2022)
Cérémonie nationale dans la collégiale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1875
Personnages clés
| Wenemar - Seigneur de Lillers |
Commanditaire de l’église après un pèlerinage à Rome. |
| Saint Omer - Évêque du VIIe siècle |
Patron de l’Artois et de la Flandre, dédicataire. |
| Camille Enlart - Historien de l’art (1862–1927) |
Date la construction du XIIe siècle. |
| Pierre Héliot - Architecte et historien |
Souligne les influences normandes dans l’architecture. |
| Hans Reinhardt - Historien de l’art (1902–1984) |
Compare le chœur à La Charité-sur-Loire. |
Origine et histoire
La collégiale Saint-Omer, située à Lillers dans le Pas-de-Calais, est une église romane construite entre 1125 et 1135 sur des fondations préexistantes du XIe siècle. Elle fut édifiée par Wenemar, seigneur de Lillers, à son retour d’un pèlerinage à Rome, et dédiée à saint Omer, évêque apôtre de l’Artois et de la Flandre au VIIe siècle. Ce monument, l’un des derniers édifices romans subsistants dans la région, se distingue par sa taille imposante, la plus grande du nord de la France (Nord-Pas-de-Calais). Il abritait un pèlerinage réputé autour du Christ du Saint-Sang, une statue du XIIe siècle objet de dévotion.
L’église a connu des restaurations aux XVIe et XVIIe siècles, avant d’être classée Monument Historique en 1875. Un effondrement partiel de sa façade occidentale en 1971 a nécessité une reconstruction. Son architecture mêle influences bourguignonnes (chœur inspiré de La Charité-sur-Loire) et normandes (nef et élévation), avec une croix latine, un déambulatoire, et des chapiteaux en « feuilles d’eau ». Le chœur abrite un crucifix couronné du XIIe siècle, des boiseries du XVIIIe siècle, et une dalle funéraire de 1639. Les vitraux, restaurés en 2014, représentent saint Roch, sainte Thérèse et l’Annonciation.
La collégiale dépend du diocèse d’Arras et accueille encore des offices, dont deux messes dominicales par mois. Elle a également servi pour des événements récents, comme les funérailles de Lola Daviet en octobre 2022. Ouverte au public lors des Journées du Patrimoine, elle incarne un patrimoine roman majeur, témoin de l’histoire religieuse et architecturale des Hauts-de-France.
Les débats historiques portent sur ses origines : Camille Enlart (1895) rejette une construction dès 1043, privilégiant le XIIe siècle, tandis que Pierre Héliot souligne des influences normandes dans la nef et le chœur. Hans Reinhardt (1902–1984) compare son chœur à celui de La Charité-sur-Loire, terminé vers 1107. Ces analyses soulignent son rôle de carrefour stylistique entre Bourgogne, Normandie et Flandre.