Frise chronologique
800
Première mention
Première mention
800 (≈ 800)
Nom *Ecclesia in Brocco* sur une carte.
XIVe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIVe siècle (≈ 1450)
Édification d’une nouvelle église.
1697
Date gravée
Date gravée
1697 (≈ 1697)
Pignon nord marqué de cette année.
1768
Installation de l’orgue
Installation de l’orgue
1768 (≈ 1768)
Buffet transféré de l’abbaye de Watten.
1888-1891
Agrandissement majeur
Agrandissement majeur
1888-1891 (≈ 1890)
Reconstruction par Omer Cockenpot.
1944
Dégâts de guerre
Dégâts de guerre
1944 (≈ 1944)
Obus détruit toiture et vitraux.
30 juillet 1973
Classement MH
Classement MH
30 juillet 1973 (≈ 1973)
Protection officielle de l’église.
années 1980
Restauration de la flèche
Restauration de la flèche
années 1980 (≈ 1980)
Coq redoré et croix métallisée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tour : classement par arrêté du 30 juillet 1973
Personnages clés
| Omer Cockenpot - Architecte |
Dirigea l’agrandissement de 1888-1891. |
| Zénobie de T’Serroeloffs - Mécène |
Finança les travaux du XIXe siècle. |
| Edmond Dehondt - Abbé et restaurateur |
Finança vitraux et statue de saint Omer. |
| Matthias de Broere - Marguillier (1592) |
Parrain de la cloche *Matthias*. |
| Yves de Coëtlogon - Sculpteur |
Auteur du buste de saint Omer (1971). |
Origine et histoire
L’église Saint-Omer de Brouckerque, mentionnée dès l’an 800 sous le nom Ecclesia in Brocco, est un lieu de culte ancré dans l’histoire flamande. Son nom même, Brouckerque (« l’église des marais » en flamand), témoigne de son importance locale. Une première église est attestée sous Charlemagne, puis une reconstruction a lieu au XIVe siècle. Le bâtiment actuel, partiellement remonté à la fin du XIXe siècle par l’architecte Omer Cockenpot, conserve des éléments des XVIIe et XVIIIe siècles, comme le buffet d’orgue de l’abbaye de Watten ou des colonnes en brique rose.
Classée monument historique en 1973, l’église a subi des transformations majeures, notamment entre 1888 et 1891, où elle fut démontée et reconstruite pierre par pierre, à l’exception de sa tour carrée aux murs épais (1,50 m), suggérant une origine défensive. La tour, haute de 22,5 mètres, abrite une horloge de 1865 et deux cloches, dont Matthias (1592), seule survivante des trois cloches d’origine. Les vitraux, détruits en 1944 par un obus, furent restaurés après-guerre, tout comme la flèche et son coq doré dans les années 1980.
Le mobilier intérieur, classé pour partie en 1975, inclut un maître-autel néo-gothique dédié à saint Omer, une chaire en chêne du XVIIIe siècle, et des statues comme celle de saint Winoc. Le presbytère adjacent, reconstruit en 1781, conserve des peintures murales réalisées en 1945 par un prisonnier allemand. L’église, liée aux diocèses de Thérouanne, Cambrai puis Lille, reste un symbole de la résilience du patrimoine religieux flamand, marqué par les guerres et les restaurations successives.
Son architecture mêle styles gothique et néo-gothique, avec une nef unique couvrant trois vaisseaux depuis 1891. Les vitraux modernes du chœur, financés par l’abbé Edmond Dehondt, côtoient des toiles anciennes, comme un Christ en croix de 1622 issu de l’abbaye de Clairmarais. La statue de saint Omer, patron de l’église, trône au-dessus de l’entrée, rappelant le lien séculaire entre le village et son édifice sacré.
Les travaux du XIXe siècle furent rendus possibles grâce à un don de 50 000 francs-or en 1866 par Zénobie de T’Serroeloffs, veuve du vicomte Joseph Foullon. Ce mécénat permit l’agrandissement et la modernisation de l’église, dont le dallage fut refait en 1891, effaçant malheureusement les dalles funéraires historiques. Seul subsiste, inversée, la pierre tombale de Marie-Thérèse Depondt (1764), fille d’un seigneur local.
Pendant les deux guerres mondiales, la tour servit de poste de guet, d’abord aux Allemands en 1940, puis aux Français et Tchèques en 1945. Les dégâts de 1944 (toiture et vitraux) furent réparés dans les décennies suivantes, avec une restauration intérieure majeure en 2005. Aujourd’hui, l’église Saint-Omer reste un lieu de mémoire, abritant un autel-monument aux morts et des objets classés, témoins de huit siècles d’histoire religieuse et communautaire.