Frise chronologique
VIIIe siècle
Origine de l'église
Origine de l'église
VIIIe siècle (≈ 850)
Première fondation liée à saint Ouen.
IXe siècle
Destruction par les Normands
Destruction par les Normands
IXe siècle (≈ 950)
Raids vikings détruisent le premier édifice.
XIe siècle
Reconstruction normande
Reconstruction normande
XIe siècle (≈ 1150)
Nef romane et collatéral nord ajoutés.
XIIIe siècle
Chœur gothique et fresques
Chœur gothique et fresques
XIIIe siècle (≈ 1350)
Reconstruction du chœur et peintures murales.
XIVe-XVe siècles
Ruines et abandon partiel
Ruines et abandon partiel
XIVe-XVe siècles (≈ 1550)
Guerre de Cent Ans endommage l’édifice.
1557-1577
Temple protestant
Temple protestant
1557-1577 (≈ 1567)
Église transformée pendant les guerres de Religion.
XVIIe siècle
Retable baroque et badigeon
Retable baroque et badigeon
XVIIe siècle (≈ 1750)
Masquage des fresques et ajout d’un autel.
7 décembre 1914
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
7 décembre 1914 (≈ 1914)
Protection officielle de l’édifice.
1980-1981
Restauration du chœur
Restauration du chœur
1980-1981 (≈ 1981)
Réouverture pour événements culturels.
2003-2006
Restauration des fresques
Restauration des fresques
2003-2006 (≈ 2005)
Mise en valeur des peintures médiévales.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (restes) : classement par arrêté du 7 décembre 1914
Personnages clés
| Saint Ouen - Évêque de Rouen (640-684) |
Patron de l’église, reliques miraculeuses. |
| Dagobert - Roi des Francs (VIIe siècle) |
Contemporain de saint Ouen à sa cour. |
| Gédéon Le Sens - Curé de Périers (nommé en 1642) |
Commanditaire probable du retable baroque. |
Origine et histoire
L’église Saint-Ouen de Périers-sur-le-Dan, située dans le Calvados en Normandie, trouve ses origines au VIIIe siècle. Elle fut nommée en l’honneur de saint Ouen, évêque de Rouen (640-684), dont les reliques étaient réputées miraculeuses. Le premier édifice, construit en arête-de-poisson, fut détruit au IXe siècle lors des raids normands. Après la conquête de l’Angleterre en 1066, les Normands financèrent sa reconstruction au XIe siècle, ajoutant un collatéral nord et un toit d’ardoises vertes du Cotentin.
Au XIIIe siècle, le chœur fut reconstruit dans un style gothique, avec des éléments comme une porte tréflée et une crédence trilobée. Des fresques du XIVe siècle, illustrant la vie de saint Ouen, ornèrent les murs. Pendant la guerre de Cent Ans (1337-1453), l’église tomba en ruines, perdant son bas-côté. Au XVIe siècle, elle devint un temple protestant (1557-1577) avant de revenir aux catholiques, qui masquèrent les fresques sous un badigeon blanc au XVIIe siècle. En 1791, la paroisse fut rattachée à Mathieu après la fuite du curé réfractaire.
Classée Monument Historique en 1914, l’église fit l’objet de fouilles en 1929 et 1970, révélant des vestiges mérovingiens. Des restaurations dans les années 1980 permirent la réouverture du chœur pour des événements culturels. Son architecture mêle des éléments romans (nef du XIe siècle, arcade nord) et gothiques (chœur du XIIIe siècle, voûtes ogivales). Le retable du XVIIe siècle, orné d’un tableau représentant L’Adoration des Mages, et les peintures murales des XIIIe et XIVe siècles (restaurées en 2003-2006) en font un témoignage rare de l’art médiéval normand.
Aujourd’hui, l’église, partiellement en ruine, conserve une nef ouverte aux murs apparents et un chœur clos, abritant des fresques parmi les plus anciennes et lisibles de Normandie. Son clocher mur, conçu pour deux cloches, et ses détails architecturaux (contreforts, chapiteaux sculptés) illustrent les évolutions stylistiques entre le roman et le gothique. Les vestiges mérovingiens et carolingiens découverts sur le site soulignent son importance historique depuis plus de mille ans.