Frise chronologique
1341
Fondation du chapitre canonial
Fondation du chapitre canonial
1341 (≈ 1341)
Guy de Ray institue six chanoines.
XIIIe siècle
Construction du chœur et du chevet
Construction du chœur et du chevet
XIIIe siècle (≈ 1350)
Influence cistercienne, travées voûtées d'ogives.
XVIe siècle (vers 1550-1585)
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef
XVIe siècle (vers 1550-1585) (≈ 1568)
Travées voûtées, dates gravées sur éléments.
1768
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1768 (≈ 1768)
Architecte Pierre Girard, tuiles polychromes.
1861-1868
Restaurations du XIXe siècle
Restaurations du XIXe siècle
1861-1868 (≈ 1865)
Toiture, vitrail, horloge et pavage refaits.
17 mars 2014
Classement monument historique
Classement monument historique
17 mars 2014 (≈ 2014)
Protection de l'église et de sa croix.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité (cad. B 454), ainsi que la croix devant l'église (cad. B, domaine public non cadastré) : inscription par arrêté du 17 mars 2014
Personnages clés
| Guy de Ray - Seigneur et fondateur |
Créa le chapitre de chanoines en 1341. |
| Pierre Girard - Architecte du clocher |
Conçut le clocher en 1768. |
| Michel Morton - Entrepreneur |
Réalisa les travaux du clocher. |
| Jean-Pierre Galezot - Artisan attribuée |
Auteur présumé de l'autel-retable. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pancrace de Ray-sur-Saône, édifiée dès le XIIIe siècle, présente un plan en croix latine et un chevet plat influencé par l'architecture cistercienne. Le chœur, avec ses travées voûtées d'ogives et son berceau brisé, date de cette période, tandis que les chapelles latérales (seigneuriale au nord, des chanoines au sud) furent ajoutées après 1341, lorsque Guy de Ray fonda un chapitre de six chanoines. Ces chapelles, couvertes de voûtes sur croisées d'ogives, abritent encore les caveaux des familles Ray et Marmier, ainsi que celui des chanoines.
Au XVIe siècle, la nef fut reconstruite comme en témoignent les dates gravées (1550 sur un doubleau, 1562 sur une niche, 1585 sur un bénitier). Ses trois travées, voûtées d'ogives et séparées par des doubleaux brisés, remplacèrent probablement une structure plus ancienne. Le clocher, menaçant ruine au XVIIIe siècle, fut entièrement rebâti en 1768 par l'architecte Pierre Girard et l'entrepreneur Michel Morton. Sa couverture en tuiles polychromes (« noire, jaune, verte et rouge ») disposées « en brin de bruyère » constitue une particularité remarquable, tout comme son toit à l'impériale.
Le mobilier de l'église, particulièrement riche, inclut une Mise au tombeau et un autel-retable du XVIIIe siècle orné des armoiries de la famille de Marmier, identique à celui du château local. La croix de cimetière située au sud du clocher, datable du début du XVIIe siècle, complète cet ensemble patrimonial. Classée monument historique en 2014 avec sa croix, l'église a subi des restaurations aux XIXe et XXe siècles, notamment la réparation de la toiture en 1861, l'ajout d'un vitrail en 1868, et l'aménagement des abords en 1994.
L'édifice illustre ainsi près de cinq siècles d'histoire architecturale et religieuse, depuis ses origines médiévales jusqu'à ses transformations modernes. Son inscription tardive (2014) souligne la valeur de ce témoignage composite, où se mêlent influences seigneuriales, canoniales et communautaires. Les sources mentionnent par ailleurs une église antérieure dès le XIe siècle, bien que l'édifice actuel n'en conserve aucune trace visible.
Architecturalement, l'église se distingue par ses matériaux (moellons de calcaire partiellement enduits, dalles calcaires au sol) et ses couvertures en tuiles plates. La tour-clocher, hors-œuvre et précédée d'une tourelle d'escalier en pierre, contraste avec la sobriété des bas-côtés et du chœur. Les contreforts d'angle, les baies à remplage du chœur et les voûtes des chapelles latérales témoignent des campagnes de construction successives, tandis que la sacristie asymétrique reflète des ajouts postérieurs.