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Église Saint-Paterne de Saint-Paterne-Racan en Indre-et-Loire

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise gothique

Église Saint-Paterne de Saint-Paterne-Racan

    1 Place de la République
    37370 Saint-Paterne-Racan
Propriété de la commune
Église Saint-Paterne de Saint-Paterne-Racan
Église Saint-Paterne de Saint-Paterne-Racan
Église Saint-Paterne de Saint-Paterne-Racan
Église Saint-Paterne de Saint-Paterne-Racan
Crédit photo : Labiloute - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
600
700
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
VIe siècle
Consécration d’un oratoire
Fin XIe - début XIIe siècle
Construction de l’église primitive
XIIIe-XVe siècle
Édification du clocher
XVe-XVIe siècle
Agrandissement médiéval
22 mars 1768
Incendie dévastateur
1886-1889
Restauration intérieure
6 mars 1947
Inscription aux Monuments Historiques
1961
Crue de l’Escotais
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Eglise : inscription par arrêté du 6 mars 1947

Personnages clés

Grégoire de Tours - Évêque et historien Aura consacré un oratoire au VIe siècle.
Théophile Noury - Prêtre de Saint-Paterne (1886-1889) Dirigea la restauration des parties hautes.
Famille Bollée - Fondeurs de cloches Auteur de la cloche classée de 1784.
Épouse de Racan - Brodeuse présumée Aura réalisé une chasuble vers 1688.

Origine et histoire

L’église Saint-Paterne de Saint-Paterne-Racan, située dans le département d’Indre-et-Loire, trouve ses origines au VIe siècle, où Grégoire de Tours aurait consacré un premier oratoire, aujourd’hui disparu. L’édifice actuel, construit à la fin du XIe ou au début du XIIe siècle, conserve des vestiges de cette époque, notamment dans le mur nord de la nef et du chevet. Son clocher, érigé entre les XIIIe et XVe siècles, et son agrandissement aux XVe et XVIe siècles (ajout d’un collatéral sud et modification des entrées) reflètent son évolution médiévale.

L’incendie de 1768, déclenché par une forge voisine, dévasta la nef et une partie du bourg, épargnant cependant le chevet voûté en pierre. La reconstruction qui suivit respecta le style du XVe siècle, tandis que des restaurations intérieures furent menées dans les années 1880 sous l’impulsion du prêtre Théophile Noury. L’église, inscrite aux monuments historiques en 1947, abrite un mobilier remarquable : retables des XVIIIe-XIXe siècles, statues en terre cuite des XVIIe-XVIIIe siècles, et une cloche classée de 1784, témoin de son histoire mouvementée.

Le mobilier liturgique inclut des pièces exceptionnelles, comme une chasuble brodé vers 1688 par l’épouse du poète Racan (volée en 1990 puis reproduite), ou un lutrin des XVIe-XVIIIe siècles. À l’extérieur, une pierre d’annonces médiévale, servant autrefois de tribune pour les proclamations publiques, rappelle le rôle central de l’église dans la vie communautaire. Les crues de l’Escotais, comme celle de 1961, ont périodiquement menacé ce patrimoine, soulignant sa vulnérabilité face aux éléments.

L’architecture de l’église allie simplicité et symbolisme : une nef à deux vaisseaux aboutissant à un chevet plat, des murs en moellons calcaires renforcés de contreforts, et une charpente apparente ornée de blasons. Le clocher, carré et voûté d’ogives, domine l’ensemble, tandis que les pignons sud, percés de baies en anse de panier, illustrent l’influence gothique. La sacristie, déplacée au XIXe siècle pour échapper à l’humidité, témoigne des adaptations successives du bâtiment.

La décoration intérieure, restaurée à la fin du XIXe siècle, imite un appareillage de pierre en plâtre, tandis que les vitraux et statues (comme une Vierge à l’Enfant des XVIIe-XVIIIe siècles) enrichissent son patrimoine artistique. Classée pour son mobilier (retables, tabernacles, enfeu des Mages) et son histoire, l’église reste un lieu de culte actif, ancré dans le paysage tourangeau depuis près d’un millénaire.

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