Frise chronologique
1109
Première mention
Première mention
1109 (≈ 1109)
Église attestée sous le vocable Saint-Pierre.
1361
Destruction partielle
Destruction partielle
1361 (≈ 1361)
Raid de Seguin de Badefol pendant la guerre de Cent Ans.
1363
Reconstruction autorisée
Reconstruction autorisée
1363 (≈ 1363)
Intégration dans les remparts après destruction.
1561
Saccage huguenot
Saccage huguenot
1561 (≈ 1561)
Dégâts lors des guerres de Religion.
1562
Siège catholique
Siège catholique
1562 (≈ 1562)
Tentative de reprise de Frontignan.
1841
Modifications XIXᵉ
Modifications XIXᵉ
1841 (≈ 1841)
Ajout de fenêtres et fausse voûte.
1919
Classement MH
Classement MH
1919 (≈ 1919)
Protection au titre des monuments historiques.
1964
Restauration charpente
Restauration charpente
1964 (≈ 1964)
Découverte de poutres médiévales peintes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Paul : classement par arrêté du 7 juin 1919
Personnages clés
| Seguin de Badefol - Chef militaire |
Responsable de la destruction partielle en 1361. |
| Jacques Ier d'Aragon - Comte de Barcelone |
Représenté sur une poutre peinte médiévale. |
| Andreas Foucquet - Procureur de l'église |
Finança le dallage en 1653. |
| Théodore Puget - Facteur d'orgues |
Auteur de l'orgue installé en 1880. |
| Maurice Puget - Restaurateur d'orgues |
Première restauration en 1950. |
Origine et histoire
L'église Saint-Paul de Frontignan, initialement dédiée à Saint-Pierre puis à Saint-Pierre-Saint-Paul, est attestée dès 1109. Elle appartenait à l’ancien diocèse de Maguelone en Languedoc. Son mur sud, datant du XIIe siècle, conserve des éléments roman primitifs comme une arcature lombarde et une porte monolithe. L’édifice fut partiellement détruit en 1361 lors du raid de Seguin de Badefol, puis reconstruit et intégré aux remparts de la ville après 1363, lorsque le roi autorisa la reconstruction de la muraille.
Au XVIe siècle, pendant les guerres de Religion, les protestants (huguenots) endommagèrent gravement l’église en 1561, brisant autels, images et fonts baptismaux. Un siège catholique en 1562 pour reprendre Frontignan laissa des traces d’impacts d’arquebuse sur le clocher, ancien donjon transformé en tour défensive pendant la guerre de Cent Ans. Le clocher, initialement ouvert côté ville, fut fermé lors de l’ajout d’un escalier, et une citadelle fut édifiée au-dessus de l’abside pour renforcer sa protection.
L’église fut remaniée aux XIVe et XVIe siècles : la nef, initialement voûtée en berceau brisé, fut surélevée et dotée d’une charpente apparente au XIVe siècle, tandis que le chevet et les chapelles latérales furent reconstruits. Au XIXe siècle, des modifications inclurent l’ajout de fenêtres et une fausse voûte en 1841, remplacée en 1964 par une charpente révélant des poutres médiévales peintes. Parmi elles, une représente Jacques Ier d’Aragon, seigneur de Montpellier. L’orgue, installé en 1880, provient de l’abbaye Saint-Michel de Frigolet.
Classée Monument Historique en 1919, l’église conserve des éléments défensifs comme des mâchicoulis et des meurtrières, ainsi que des traces des conflits religieux. Son portail sud, orné d’une frise effacée et de médaillons martelés, et ses cinq cloches (dont une classée en 1942) illustrent son riche passé. Les sacristies, comme celle du Rosaire, et les absidioles complètent cet ensemble architectural marqué par l’histoire locale.
Les inscriptions latines du XVIIe siècle, comme celle d’Andreas Foucquet (1653), et les restaurations récentes (dallage en 2013) soulignent la continuité de son entretien. L’église, propriété communale, reste un témoignage majeur de l’architecture religieuse méridionale, mêlant fonctions spirituelles et défensives.