Frise chronologique
1056
Première mention d’une église Saint-Paul
Première mention d’une église Saint-Paul
1056 (≈ 1056)
Acte non lié à l’édifice actuel.
1182
Première attestation de l’édifice actuel
Première attestation de l’édifice actuel
1182 (≈ 1182)
Acte d’Alphonse Ier, comte de Provence.
1312
Dissolution des Templiers
Dissolution des Templiers
1312 (≈ 1312)
Légende du trésor caché sous la collégiale.
XIIIe siècle
Construction d’un rempart
Construction d’un rempart
XIIIe siècle (≈ 1350)
Porte Saint-Paul comme entrée principale.
1572
Érection en collégiale
Érection en collégiale
1572 (≈ 1572)
Reconstruction probable du bâtiment.
1784
Restauration du narthex
Restauration du narthex
1784 (≈ 1784)
Évite la désaffectation de l’église.
1787-1789
Construction du portail Renaissance
Construction du portail Renaissance
1787-1789 (≈ 1788)
Façade actuelle de l’édifice.
1793-1794
Temple du culte de la Raison
Temple du culte de la Raison
1793-1794 (≈ 1794)
Devenue temple jacobin pendant la Révolution.
15 août 1944
Destruction de la chapelle Notre-Dame-de-Consolation
Destruction de la chapelle Notre-Dame-de-Consolation
15 août 1944 (≈ 1944)
Ex-votos transférés à Saint-Paul.
12 juin 1992
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
12 juin 1992 (≈ 1992)
Protection de l’église et de son escalier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Paul, y compris son escalier d'accès (cad. A 912) : classement par arrêté du 12 juin 1992
Personnages clés
| Alphonse Ier - Comte de Provence (XIIe siècle) |
Premier acte mentionnant l’édifice (1182). |
Origine et histoire
L’église Saint-Paul de Hyères, aussi appelée collégiale Saint-Paul, est un édifice religieux marqué par une histoire complexe et des transformations architecturales majeures. Classée Monument Historique en 1992, elle se distingue par sa nef du XIIe siècle partiellement reconstruite au XVe dans un style gothique tardif, ainsi que par son abside à trois pans et ses cinq travées éclairées de fenêtres flamboyantes. Un portail Renaissance (1787-1789) et une tour carrée romane dominent l’ensemble, tandis qu’un rempart du XIIIe siècle, dont subsiste la porte Saint-Paul, protégeait autrefois le site. À la fin du XVIe siècle, une nouvelle église gothique rayonnante, de plan irrégulier, fut adossée à l’ancienne nef romane, transformée en narthex. Pendant la Révolution, l’édifice devint un temple du jacobinisme, dédié au culte de la déesse Raison.
La collégiale abrite une collection unique de 432 ex-votos peints, témoignages iconographiques des périls quotidiens en Provence, dont certains proviennent de la chapelle Notre-Dame-de-Consolation détruite en 1944 lors du débarquement. Une légende locale lie aussi le site au trésor des Templiers, supposément caché après la dissolution de leur ordre en 1312, leurs biens ayant été transférés aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. L’église, partiellement en ruine au XVIIIe siècle, évita de justesse la désaffectation grâce à des travaux dans le narthex (1784), avant de devenir paroisse constitutionnelle, puis temple décadaire sous la Révolution.
Les vestiges les plus anciens, comme la première travée de la nef romane couverte d’un berceau brisé et son escalier en vis, datent du XIIe siècle. Le clocher carré, peut-être du XVIIe siècle, surmonte une façade ouest parementée de pierres assises, tandis que les contreforts du chevet réutilisent des bossages rustiques, vestiges des anciennes fortifications de la ville haute. Une charte de 1056 mentionne une première église Saint-Paul, mais l’édifice actuel est attesté dès 1182 par un acte d’Alphonse Ier, comte de Provence. Érigée en collégiale en 1572, elle fut partiellement reconstruite à cette date, avant que la paroisse ne soit transférée à l’église Saint-Louis en 1842.
Au XIXe siècle, un escalier et une porte furent aménagés face à la rade pour faciliter l’accès depuis la ville basse, reflétant l’adaptation du monument aux besoins changeants de la communauté. Son classement en 1992 protège aujourd’hui l’ensemble, y compris son escalier d’accès, tandis que sa double identité — lieu de culte et patrimoine historique — en fait un symbole des strata culturels hyérois, du Moyen Âge à l’époque moderne.