Frise chronologique
fin XIe siècle
Construction de la première église
Construction de la première église
fin XIe siècle (≈ 1195)
Édifice roman initial lié au prieuré.
1418-1419
Destruction pendant le siège anglais
Destruction pendant le siège anglais
1418-1419 (≈ 1419)
Rasée par les Rouennais durant la guerre.
1650
Départ des moniales bénédictines
Départ des moniales bénédictines
1650 (≈ 1650)
Transformation en quartier de plaisance ordonné.
1827-1829
Reconstruction néo-romane
Reconstruction néo-romane
1827-1829 (≈ 1828)
Œuvre de Maillet du Boullay.
15 juin 1926
Classement des vestiges romans
Classement des vestiges romans
15 juin 1926 (≈ 1926)
Choeur et abside protégés.
2017
Fermeture définitive au culte
Fermeture définitive au culte
2017 (≈ 2017)
Désaffectation de l’église.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Choeur et abside : classement par arrêté du 15 juin 1926
Personnages clés
| Charles-Félix Maillet du Boullay - Architecte |
Reconstruit l’église (1827-1829) en style néo-roman. |
| François Harlay de Champvallon - Archevêque de Rouen |
Ordonne le départ des moniales en 1650. |
| Marie-Eugène Barthélémy - Architecte |
Ajoute les deux clochers (1890-1894). |
| Père Jacques Hamel - Enfant de chœur (1936-1944) |
Futur martyr de Saint-Étienne-du-Rouvray en 2016. |
| Louise Ire de L’Hospital - Abbesse de Montivilliers |
Réforme l’abbaye en 1602, impactant le prieuré. |
Origine et histoire
L’église Saint-Paul de Rouen, située au pied de la colline Sainte-Catherine près du pont Mathilde, est un monument néo-roman dont les origines remontent à la fin du XIe siècle. Elle fut initialement construite comme église paroissiale du faubourg d’Eauplet, en lien étroit avec le prieuré Saint-Paul, dépendant de l’abbaye de Montivilliers. Les vestiges de l’ancienne église romane, aujourd’hui intégrés comme sacristie, sont classés monuments historiques depuis 1926. L’édifice actuel, reconstruit entre 1827 et 1829 par Charles-Félix Maillet du Boullay, arbore un style néo-roman, complété plus tard par deux clochers ajoutés entre 1890 et 1894.
L’histoire de l’église est marquée par des destructions répétées : rasée lors du siège anglais de Rouen (1418-1419), elle est relevée en 1438 avant d’être dévastée par les Huguenots en 1562. Au XVIIe siècle, le site connaît un tournant lorsque François Harlay de Champvallon, archevêque de Rouen, ordonne en 1650 le départ des moniales bénédictines pour y établir un quartier de plaisance. L’église, fermée pendant la Révolution (1793), rouvre en 1802 avant d’être profondément remaniée au XIXe siècle. Désaffectée depuis 2017, elle conserve le souvenir du père Jacques Hamel, enfant de chœur sur place de 1936 à 1944, avant son martyre en 2016.
Les sources d’eau découvertes sur le site au XVIe siècle, d’abord exploitées par les religieuses, furent ensuite louées à des particuliers. Les bâtiments du prieuré, transformés en logements ou ateliers après la Révolution, abritent aujourd’hui un foyer pour jeunes travailleurs. La construction du pont Mathilde et de l’échangeur voisin a isolé l’église du centre-ville, scellant son destin de monument fermé au public mais chargé d’histoire.
L’abside romane, seule partie classée, témoigne de l’architecture originelle. Les transformations successives — reconstruction néo-romane, ajout des clochers, désaffectation — reflètent les bouleversements religieux, politiques et urbains de Rouen. Le site, bien que fermé, reste un symbole du patrimoine rouennais, entre mémoire bénédictine et mutations urbaines.