Frise chronologique
1142
Bulle papale d'Innocent II
Bulle papale d'Innocent II
1142 (≈ 1142)
Confirme la donation du prieuré Saint-Paul.
1144
Cession du prieuré Saint-Paul
Cession du prieuré Saint-Paul
1144 (≈ 1144)
Transféré à l’abbé d’Aurillac par l’archevêque.
1459
Création du chapitre collégial
Création du chapitre collégial
1459 (≈ 1459)
Quatre prêtres ajoutés à l’église paroissiale.
1575
Destruction pendant les guerres de Religion
Destruction pendant les guerres de Religion
1575 (≈ 1575)
Églises Saint-Pantaléon et Saint-Paul rasées.
1593-1661
Reconstruction de l’église
Reconstruction de l’église
1593-1661 (≈ 1627)
Dirigée par Charlotte de La Marck puis Godefroy-Maurice de La Tour.
1738
Vente de la vicomté à Louis XV
Vente de la vicomté à Louis XV
1738 (≈ 1738)
Le roi nomme les prêtres, déclenchant des conflits.
1780
Arrêt du Parlement
Arrêt du Parlement
1780 (≈ 1780)
Confirme les droits du curé face aux chanoines.
1987
Classement monument historique
Classement monument historique
1987 (≈ 1987)
Protection officielle de l’édifice.
2017
Incendie de la sacristie
Incendie de la sacristie
2017 (≈ 2017)
Dégâts partiels le 4 août.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (cad. C 1442) : classement par arrêté du 6 juillet 1987
Personnages clés
| Raymond I de Turenne - Vicomte de Turenne |
Fonda le prieuré Saint-Paul au XIIe siècle. |
| Geoffroy de Salignac - Seigneur local |
Renonça à ses droits sur le prieuré. |
| Eustorge de Scorailles - Évêque de Limoges |
Valida la donation du prieuré en 1142. |
| Charlotte de La Marck - Mécène et vicomtesse |
Lança la reconstruction en 1593. |
| Godefroy-Maurice de La Tour d’Auvergne - Vicomte de Turenne |
Acheva les travaux de l’église en 1661. |
| François de La Fayette - Évêque de Limoges |
Ordonna la réédification en 1629. |
| Louis XV - Roi de France |
Acquit la vicomté en 1738 et nomma les prêtres. |
| Jean-Gilles du Coëtlosquet - Évêque de Limoges |
Régla le conflit curé-chanoines en 1746. |
| A. Sarlande - Architecte |
Maître d’œuvre de la reconstruction (XVIIe siècle). |
Origine et histoire
L’église Saint-Paul de Turenne trouve ses origines dans deux églises médiévales : l’une dédiée à saint Pantaléon, dépendante du prieuré de Souillac, et l’autre à saint Paul, fondée par les seigneurs de Turenne et rattachée au monastère Saint-Pierre d’Uzerche. En 1144, après des conflits entre les moines de Souillac et d’Uzerche, le prieuré Saint-Paul fut cédé à l’abbé d’Aurillac par décision de l’archevêque, confirmant une bulle papale de 1142. Les deux églises furent alors placées sous l’autorité de l’abbaye d’Aurillac, avec un prieur et un curé-vicaire perpétuel pour Saint-Paul.
En 1459, les habitants de Turenne créèrent un chapitre collégial en ajoutant quatre prêtres à l’église paroissiale, sous la présentation du vicomte et du prieur. Ce chapitre, initialement dédié à Notre-Dame, marqua le début d’une organisation religieuse plus structurée. Cependant, les guerres de Religion (XVIe siècle) détruisirent les deux églises, ne laissant que le cimetière de Saint-Paul. Charlotte de La Marck, épouse d’Henri I de La Tour d’Auvergne, lança en 1593 la reconstruction d’une nouvelle église unifiant prieuré et paroisse, sous le vocable de saint Pantaléon. Les travaux, interrompus par sa mort en 1594, reprirent en 1629 sous l’impulsion de l’évêque de Limoges et s’achevèrent en 1661.
Au XVIIIe siècle, après la vente de la vicomté de Turenne à Louis XV (1738), les tensions entre le curé-vicaire et les chanoines s’intensifièrent. Les chanoines, nommés par le roi, cherchèrent à évincer le curé pour contrôler l’église, désormais qualifiée de collégiale royale Notre-Dame-et-Saint-Pantaléon. Un arrêt du Parlement en 1780 confirma les droits du curé et du prieur, mettant fin au conflit. L’église, classée monument historique en 1987, porte au-dessus de sa porte une devise inspirée de l’Épître aux Éphésiens : Unus Deus, Una Lex, Unum Baptisma. Un incendie en 2017 endommagea partiellement la sacristie.
L’édifice, de style classique, présente une croix latine avec un clocher-porche à l’ouest, une nef de quatre travées, et un chœur à chevet plat. Deux chapelles symétriques encadrent le transept, surmonté d’un lanternon polygonal coiffé d’un dôme et d’un toit conique. La flèche du clocher, polygonale à égoûts retroussés, domine l’ensemble. L’architecte A. Sarlande supervisa les travaux de reconstruction entre 1593 et 1661, mêlant héritage médiéval et influences baroques.
Les conflits historiques entre les moines de Souillac et d’Uzerche, puis entre chanoines et curé, illustrent les enjeux de pouvoir religieux et seigneurial autour de ce monument. La reconstruction aux XVIe-XVIIe siècles symbolise aussi la renaissance de Turenne après les destructions des guerres de Religion, sous l’impulsion de la famille de La Tour d’Auvergne. Classée en 1987, l’église reste un témoignage architectural et historique majeur de la Corrèze.