Frise chronologique
632/642
Fondation de la chapelle Saint-Paul-des-Champs
Fondation de la chapelle Saint-Paul-des-Champs
632/642 (≈ 642)
Première chapelle cimétériale du site actuel.
1125
Création de la paroisse Saint-Paul
Création de la paroisse Saint-Paul
1125 (≈ 1125)
Siège paroissial jusqu’à sa destruction en 1797.
1580
Don de l’hôtel Rochepot aux Jésuites
Don de l’hôtel Rochepot aux Jésuites
1580 (≈ 1580)
Terrain futur de l’église actuelle.
1627
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
1627 (≈ 1627)
Par le cardinal de Richelieu pour les Jésuites.
9 mai 1641
Première messe célébrée
Première messe célébrée
9 mai 1641 (≈ 1641)
Par Richelieu, jour de l’Ascension.
1762
Expulsion des Jésuites
Expulsion des Jésuites
1762 (≈ 1762)
Église confiée aux chanoines de Sainte-Catherine.
1797
Destruction de l’église Saint-Paul-des-Champs
Destruction de l’église Saint-Paul-des-Champs
1797 (≈ 1797)
Pendant la Révolution française.
1802
Rétablissement du culte catholique
Rétablissement du culte catholique
1802 (≈ 1802)
Via le Concordat, fusion des deux paroisses.
15 février 1843
Mariage de Léopoldine Hugo
Mariage de Léopoldine Hugo
15 février 1843 (≈ 1843)
Fille de Victor Hugo, bénitiers offerts.
10 février 1887
Classement monument historique
Classement monument historique
10 février 1887 (≈ 1887)
Protection officielle de l’édifice.
2011-2012
Restauration de la façade
Restauration de la façade
2011-2012 (≈ 2012)
Travaux majeurs sur la verticalité baroque.
2017-2025
Campagne de restauration des vitraux
Campagne de restauration des vitraux
2017-2025 (≈ 2021)
Mécénat privé via Fondation Notre-Dame.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Louis XIII - Roi de France |
Commanditaire de l’église pour les Jésuites. |
| Cardinal de Richelieu - Premier ministre et cardinal |
Pose la première pierre (1627), célèbre la première messe (1641). |
| Étienne Martellange et François Derand - Architectes jésuites |
Concepteurs de l’église au XVIIe siècle. |
| Louis Bourdaloue - Prédicateur jésuite |
Enterré dans la crypte, sermons célèbres (1669-1693). |
| Madame de Sévigné - Épistolière |
Baptisée en 1626, auditrice de Bourdaloue. |
| Marc-Antoine Charpentier - Compositeur |
Maître de musique (1688-1698). |
| Victor Hugo - Écrivain |
Offre deux bénitiers en 1843. |
| Eugène Delacroix - Peintre |
*Christ au jardin des Oliviers* (1827). |
| Germaine Pilon - Sculpteur |
*Vierge douloureuse* (1586) dans l’église. |
| François d’Aix de La Chaise - Confesseur de Louis XIV |
Enterré dans la crypte jésuite. |
| Antoine Lavoisier - Scientifique |
Marguillier de la paroisse avant la Révolution. |
| Éric de Moulins-Beaufort - Archevêque |
Curé de 2000 à 2005. |
Origine et histoire
L’église Saint-Paul-Saint-Louis, initialement nommée Saint-Louis-des-Jésuites, fut construite entre 1627 et 1641 dans le Marais parisien (4e arrondissement), sur ordre de Louis XIII. Conçue par les architectes jésuites Étienne Martellange et François Derand, elle remplace une chapelle trop exiguë et s’élève partiellement sur l’emplacement de l’ancien hôtel Rochepot, donné aux Jésuites en 1580. La première pierre est posée par le cardinal de Richelieu en 1627, et la première messe y est célébrée en 1641. L’édifice, inspiré du Gesù de Rome, mêle influences italiennes (coupole de 55 m, lumière abondante) et traditions françaises (croix latine, verticalité gothique).
La double titulature actuelle provient de la Révolution : l’ancienne église paroissiale Saint-Paul-des-Champs (fondée en 1125, détruite en 1797) fusionne en 1803 avec la chapelle jésuite, sur décision du conseil de fabrique et du cardinal de Belloy. Le site, marqué par des événements révolutionnaires (culte de la Raison, graffiti de la Commune), devient un symbole de résistance religieuse. Classée monument historique en 1887, l’église abrite des trésors artistiques comme Le Christ au jardin des Oliviers de Delacroix (1827) ou une Vierge douloureuse de Germain Pilon (1586).
L’histoire du lieu est liée à des figures majeures : Louis XIII (commanditaire), Richelieu (consécration), Bourdaloue (prédicateur enterré dans la crypte), ou Victor Hugo (bénitiers offerts pour le mariage de sa fille en 1843). La crypte conserve les sépultures de Jésuites (dont François d’Aix de La Chaise, confesseur de Louis XIV) et de nobles comme la duchesse d’Elbeuf. L’orgue, classé, et les vitraux baroques (restaurés depuis 2017) témoignent de son rayonnement culturel.
Architecturalement, la façade combine verticalité gothique et ornements flamands, s’inspirant de Saint-Gervais-Saint-Protais. Le transept étiré et la coupole rappellent Carlo Maderno, tandis que les proportions élancées évoquent le gothique français. Les restaurations récentes (2011-2025) concernent les verrières, la croix sommitale (56 m), et les entrées. L’église, toujours active, perpétue son rôle paroissial et artistique, accueillant concerts et cérémonies.
Le site est aussi un lieu littéraire : Victor Hugo y situe le mariage de Cosette et Marius dans Les Misérables. Les orgues, dont le grand buffet de 1867 (40 jeux), et les œuvres d’art (bas-reliefs de François Anguier, tableaux de Philippe de Champaigne) en font un joyau du patrimoine parisien. La sacristie abrite même une Crucifixion provenant de la chapelle de la Bastille, lien tangible avec l’histoire tourmentée de Paris.