Frise chronologique
fin XIIe siècle
Construction probable
Construction probable
fin XIIe siècle (≈ 1295)
Édifice roman érigé à la fin du XIIe.
fin XVe - début XVIe siècle
Rénovations post-guerre de Cent Ans
Rénovations post-guerre de Cent Ans
fin XVe - début XVIe siècle (≈ 1625)
Ajout d'un portail nord et décor peint.
XVIIIe siècle
Reconstruction façade ouest
Reconstruction façade ouest
XVIIIe siècle (≈ 1850)
Modification moderne de l'entrée principale.
1966
Découverte des peintures
Découverte des peintures
1966 (≈ 1966)
Redécouverte des fresques médiévales.
18 octobre 1971
Inscription monument historique
Inscription monument historique
18 octobre 1971 (≈ 1971)
Protection de l'édifice et des peintures.
18 novembre 1978
Classement des peintures
Classement des peintures
18 novembre 1978 (≈ 1978)
Protection spécifique des fresques murales.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise de la Masse, y compris les peintures murales (cad. C 953) : inscription par arrêté du 18 octobre 1971
Personnages clés
| Françoise Tollon - Historienne de l'art |
A étudié la restauration des peintures (2002). |
| Artiste local anonyme - Auteur des peintures |
Réalisa les fresques au début XVIe. |
| Évêque de Cahors (collateur) - Autorité religieuse |
Nommait le curé de La Masse (Clary, 1986). |
Origine et histoire
L'église Saint-Perdufle de la Masse, située dans la bastide des Junies (Lot, Occitanie), est un édifice d'architecture romane probablement construit à la fin du XIIe siècle. Elle a été remaniée après la guerre de Cent Ans, entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle, avec l'ajout d'un portail nord et d'un décor peint. Ces peintures murales, découvertes en 1966, incluent un défilé des Sept Péchés capitaux et des scènes de la Passion du Christ, comme le Baiser de Judas et la Flagellation. La façade occidentale a été reconstruite à l'époque moderne, probablement au XVIIIe siècle.
Les peintures murales, réalisées par un artiste local, sont un témoignage rare de l'art religieux médiéval tardif. Le défilé des Péchés capitaux, sur le mur sud, montre chaque péché monté sur un animal symbolique, reliés par une chaîne tirée par un diable vers le Léviathan. En face, sur le mur nord, les scènes de la Passion rappellent le rachat des péchés par le sacrifice du Christ. Ces œuvres ont été classées au titre des monuments historiques en 1978, tandis que l'édifice lui-même a été inscrit en 1971.
L'église, à vaisseau unique, possède un chœur voûté en berceau plein cintre et une nef charpentée. Son mobilier, comme la chaire à prêcher (1981) et la cuve baptismale (1989), est également protégé. Selon certaines sources, elle aurait été construite sur les restes d'une mosquée liée à l'invasion sarrasine, bien que cette hypothèse reste discutée. La Masse, autrefois paroisse indépendante, illustre l'importance des petites églises rurales dans la vie religieuse et communautaire du Quercy.
Les peintures murales, exécutées à la détrempe, reflètent les préoccupations morales et spirituelles de la fin du Moyen Âge. Leur style « fruste » et leur iconographie, inspirée de modèles répandus dans le sud de la France, en font un exemple remarquable de l'art populaire religieux. La restauration de ces œuvres, mentionnée dans des études comme celle de Françoise Tollon (2002), a permis leur préservation malgré les dégradations liées au temps et aux modifications architecturales, comme le percement pour les fonts baptismaux au XVIIe siècle.
L'église Saint-Perdufle, propriété de la commune des Junies, reste un lieu de patrimoine actif. Son retable du XVIIe siècle, mis en valeur par un décor peint au XIXe siècle, et ses éléments mobiliers protégés (comme le buste-reliquaire d'un saint évêque, inscrit en 1995) témoignent de son évolution au fil des siècles. Aujourd'hui, elle attire l'attention pour son histoire complexe, mêlant héritage roman, transformations gothiques et ajouts modernes.