Frise chronologique
XIIIe siècle
Fondation de la maladrerie
Fondation de la maladrerie
XIIIe siècle (≈ 1350)
Chapelle originale dédiée à saint Jacques et saint Philippe.
1699
Érection en paroisse
Érection en paroisse
1699 (≈ 1699)
La chapelle du Roule devient paroisse indépendante.
1774-1784
Construction de l’église actuelle
Construction de l’église actuelle
1774-1784 (≈ 1779)
Dirigée par Chalgrin, financée par Louis XV.
1846 et 1853
Remaniements majeurs
Remaniements majeurs
1846 et 1853 (≈ 1853)
Travaux de Godde et Baltard, ajout du déambulatoire.
1855
Peinture du chœur
Peinture du chœur
1855 (≈ 1855)
*Descente de Croix* par Chassériau.
5 juillet 1993
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
5 juillet 1993 (≈ 1993)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Louis XV - Roi de France |
Offrit le terrain et finança partiellement la construction. |
| Jean-François Chalgrin - Architecte |
Conçut l’église originale (1774-1784). |
| Théodore Chassériau - Peintre |
Auteur de la *Descente de Croix* (1855). |
| Hippolyte Godde - Architecte |
Remania l’église en 1846 (déambulatoire). |
| Victor Baltard - Architecte |
Ajouta la chapelle des catéchismes (1853). |
| Duchesse d’Alençon - Mécène et figure historique |
Ses obsèques célébrées en 1897. |
Origine et histoire
L’église Saint-Philippe-du-Roule remplace une chapelle médiévale dédiée à saint Jacques et saint Philippe, dépendant d’une maladrerie fondée au XIIIe siècle par des ouvriers de la Monnaie exposés à la lèpre. Initialement simple chapelle de secours, elle devient une paroisse indépendante en 1699, mais son état de délabrement pousse les autorités à envisager sa reconstruction dès le XVIIIe siècle. Les habitants, contraints de célébrer les offices dans une étable, réclament un lieu de culte digne de leur quartier en pleine expansion.
La construction de l’église actuelle débute en 1774 sous la direction de l’architecte Jean-François Chalgrin, sur un terrain offert par Louis XV après l’abandon d’un premier projet en 1741, jugé géologiquement instable. Les travaux, interrompus par la mort du roi en 1774 et des difficultés financières, s’achèvent en 1784 pour un coût total de 300 000 livres. L’édifice, inspiré des basiliques paléochrétiennes, se distingue par sa voûte en berceau et son péristyle dorique, mais les deux clochers prévus ne seront jamais construits.
Au XIXe siècle, l’église subit deux campagnes de remaniement majeures : en 1846 par Godde, qui ouvre des lunettes dans la voûte et ajoure le chœur, et en 1853 par Baltard, qui ajoute un déambulatoire et une chapelle des catéchismes. Théodore Chassériau décore alors le cul-de-four d’une Descente de Croix (1855). L’église, fermée pendant la Révolution, est rendue au culte catholique en 1795. Elle accueille au fil des siècles des événements marquants, comme les obsèques de la duchesse d’Alençon (1897) ou de Raimu (1946).
Classée monument historique en 1993, Saint-Philippe-du-Roule illustre l’évolution architecturale et sociale du faubourg du Roule, passé d’un hameau rural à un quartier parisien prestigieux. Son histoire reflète les tensions entre ambitions artistiques, contraintes techniques (sol instable) et réalités financières, ainsi que les transformations urbaines de Paris aux XVIIIe et XIXe siècles.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, ses cloches sont réquisitionnées par les Allemands en 1941 pour être fondues en munitions, la privant de sonner lors de la Libération de Paris en 1944. Un campanile métallique est ajouté ultérieurement. Aujourd’hui, l’église reste un lieu de culte actif et un témoignage majeur du néo-classicisme religieux en France.