Origine et histoire de l'Église Saint-Philippe-et-Saint-Jacques
L’église Saint-Philippe-et-Saint-Jacques de Châtillon, située dans les Hauts-de-Seine, remplace une ancienne chapelle dédiée à saint Eutrope. Sa construction s’échelonne du XIIIe au XVIe siècle, avec une dédicace solennelle le 17 juillet 1541 par Charles Boucher, évêque in partibus de Mégare, représentant Eustache du Bellay, évêque de Paris. Premier édifice religieux de Châtillon, elle incarne l’ancrage médiéval du village.
Au fil des siècles, l’église subit des transformations majeures : restauration du bas-côté droit en 1610, réparations répétées (1731, 1740, 1819-1832), et reconstruction partielle après les destructions de la guerre de 1870-1871 (chute du clocher, démolition du chevet). L’architecte Claude Naissant dirige entre 1843 et 1846 un agrandissement ambitieux : ajout d’une travée à la nef, construction d’un clocher-porche Renaissance, et édification d’un nouveau presbytère en 1866. Les voûtes sont restaurées à la fin du XIXe siècle.
Le clocher actuel, reconstruit après 1870, abrite une cloche nommée « Madeleine » (1832), rescapée de l’ancien clocher détruit. Deux cloches offertes par Colbert en 1681, bénies puis fondues pendant la Révolution, témoignent de son histoire mouvementée. Le porche trapézoïdal, perpendiculaire à la nef, et les contreforts renforcés caractérisent son architecture. L’orgue, installé en 1902, et les restaurations du clocher en 1904 achèvent son évolution.
Classée Monument Historique depuis le 19 octobre 1928, l’église reste un lieu de culte actif, ouvert en semaine. Son plan allongé à trois vaisseaux, son abside voûtée d’ogives, et son toit en ardoise illustrent un patrimoine mêlant gothique flamboyant et ajouts Renaissance. Les curés successifs, comme Jacques Bardelin (1534) ou Antoine Vairon (2008-2017), ont marqué son histoire religieuse.
Les sources historiques, dont les travaux de Jean Lebeuf (XVIIIe siècle) et les archives de l’abbaye du Val-de-Gif, documentent son rôle central dans la vie communautaire. Les modifications architecturales reflètent les besoins liturgiques et les aléas historiques, depuis les dîmes médiévales jusqu’aux restaurations modernes.