Origine et histoire de l'Église Saint-Philippe-et-Saint-Jacques
L'église Saint-Philippe-et-Saint-Jacques de Montréal, située dans le Gers en Occitanie, trouve ses origines au début du XIVe siècle. Son pilier nord porte la date de 1300, attestant de sa construction initiale. L'édifice, à trois nefs, fut partiellement détruit pendant les guerres de Religion (XVIe siècle), nécessitant la reconstruction des voûtes des trois premières travées et de la charpente. Son aspect imposant s'explique par des éléments défensifs intégrés, reflétant les tensions de l'époque entre catholiques et protestants.
La collégiale, inscrite aux monuments historiques en 1925, conserve des traces de son passé médiéval malgré les transformations ultérieures. Le chœur et l'abside centrale, voûtés sur croisées d'ogives, semblent intacts depuis leur construction originelle. Un portail gothique, aujourd'hui dépourvu de ses sculptures, et une mosaïque gallo-romaine témoignent de la richesse artistique du site. Au XVIIe siècle, des restaurations majeures furent entreprises, tandis qu'au XIXe siècle, les vitraux et le chœur furent réaménagés.
Montréal, bastide fondée en 1255 par Alphonse de Poitiers, frère de Saint-Louis, fut un enjeu stratégique pendant la guerre de Cent Ans, passant alternativement sous domination française et anglaise. L'église, située sur la Via Podiensis vers Saint-Jacques-de-Compostelle, joua un rôle central dans la vie religieuse et communautaire. Son porche nord, orné de chapiteaux et de culots sculptés, ainsi que des arcatures intérieures, illustrent l'influence artistique régionale.
Les conflits religieux marquèrent durablement le monument : en 1565, les troupes protestantes de Montgomery, sous les ordres de Jeanne d'Albret, incendièrent Montréal, endommageant probablement l'église. Les vestiges des fortifications médiévales, détruites à la Révolution, rappellent son rôle défensif. Aujourd'hui, l'édifice conserve aussi une porte de ville fortifiée atténante, également classée.
Le site archéologique voisin de Séviac, avec sa villa gallo-romaine du IVe siècle, et le gisement paléontologique de Béon (17 millions d'années) enrichissent le contexte historique de Montréal. Ces découvertes, comme l'Ampelomeryx ginsburgi (cerf-girafe), soulignent l'occupation ancienne du territoire, depuis la Préhistoire jusqu'à l'époque romaine, en passant par le Moyen Âge.