Frise chronologique
670
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye
670 (≈ 670)
Dédiée par l’évêque Bertefride aux saints Pierre et Paul.
1021-1022
Premier incendie
Premier incendie
1021-1022 (≈ 1022)
Destruction de l’église primitive.
1501
Début reconstruction gothique
Début reconstruction gothique
1501 (≈ 1501)
Lancée sous l’abbé Pierre d’Ostrel.
1790
Suppression de l’abbaye
Suppression de l’abbaye
1790 (≈ 1790)
Constitution civile du clergé.
1816
Réduction à la nef
Réduction à la nef
1816 (≈ 1816)
Démolition partielle post-révolutionnaire.
1918
Destruction pendant la Grande Guerre
Destruction pendant la Grande Guerre
1918 (≈ 1918)
Bombardements allemands (bataille du Kaiser).
1919
Classement monument historique
Classement monument historique
1919 (≈ 1919)
Protection officielle après reconstruction.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Pierre : classement par arrêté du 7 juin 1919
Personnages clés
| Reine Bathilde - Fondatrice de l’abbaye |
Épouse de Clovis II, initiatrice au VIIe siècle. |
| Pierre d’Ostrel - 61e abbé-comte de Corbie |
Lança la reconstruction en 1501. |
| Charles Cressent - Ébéniste et sculpteur |
Auteur des stalles (XVIIIe siècle). |
| Charles Dallery - Facteur d’orgues |
Orgue installé en 1736. |
| Jean Veyren - Serurier-fronnier |
Baldaquin en ferronnerie (1764). |
Origine et histoire
L’abbatiale Saint-Pierre de Corbie, située dans le centre-ville de Corbie (Somme, Hauts-de-France), est un édifice religieux gothique, ancienne église de l’abbaye royale Saint-Pierre fondée au VIIe siècle par la reine Bathilde. L’abbatiale actuelle, reconstruite à partir de 1501 sous l’abbé Pierre d’Ostrel, ne conserve qu’un tiers de sa longueur d’origine (49 m au lieu de 117 m) après les destructions révolutionnaires et les bombardements de la Première Guerre mondiale. Ses deux tours jumelles de 55 m et ses voûtes de 25 m témoignent encore de sa grandeur passée.
L’histoire de l’abbatiale est marquée par des incendies répétés : l’église primitive, dédiée en 670 aux saints Pierre et Paul, fut détruite en 1021-1022, puis reconstruite avant d’être ravagée à nouveau en 1137. Une troisième reconstruction débuta en 1501, mais seuls le chœur et le transept furent achevés à la mort de Pierre d’Ostrel en 1507. Les travaux reprirent au XVIIe siècle dans un style gothique flamboyant, avec une nef terminée en 1698, dotée d’un mobilier somptueux (stalles de Charles Cressent, orgues de Charles Dallery).
La Révolution française scella le destin de l’abbaye : supprimée par la Constitution civile du clergé (1790), l’abbatiale devint église paroissiale avant d’être fermée en 1793 pendant la Terreur. Abandonnée, elle subit des démolitions partielles (clocher central, transept) et fut réduite à sa nef en 1816. Pendant la Première Guerre mondiale (1918), les bombardements allemands détruisirent presque entièrement l’édifice, ne laissant debout que les murs extérieurs et les tours. Reconstruite dans l’entre-deux-guerres, elle conserve aujourd’hui des reliques, des fonts baptismaux et un mobilier mêlant styles gothique, classique et Art déco.
Classée monument historique en 1919, l’abbatiale abrite trois cloches historiques (« Bathilde », « Odile », « Violette »), fondues par la fonderie Bollée et exposées à Paris en 1925. Son architecture actuelle, bien que tronquée, révèle des écoinçons sculptés sur les arcs-boutants et une nef aux voûtes culminant à 21 m. Elle reste un lieu de culte actif, cœur de la paroisse Sainte-Colette-des-Trois-Vallées, perpétuant une tradition religieuse ininterrompue depuis le VIIe siècle.