Frise chronologique
776
Donation à l’abbaye de Saint-Claude
Donation à l’abbaye de Saint-Claude
776 (≈ 776)
Première mention comme propriété monastique.
1184
Confirmation impériale
Confirmation impériale
1184 (≈ 1184)
Frédéric Barberousse confirme la donation de 776.
XIVe siècle
Fortification de l’église
Fortification de l’église
XIVe siècle (≈ 1450)
Ajout de défenses contre les mercenaires.
XVIe siècle
Dégâts des guerres de Religion
Dégâts des guerres de Religion
XVIe siècle (≈ 1650)
Destructions et restaurations ultérieures.
1674
Fondation de la confrérie
Fondation de la confrérie
1674 (≈ 1674)
Création de la chapelle des Pénitents.
1827-1861
Restauration par Bobichon
Restauration par Bobichon
1827-1861 (≈ 1844)
Travaux majeurs sur la nef et façade.
21 mars 1910
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
21 mars 1910 (≈ 1910)
Protection officielle de l’édifice.
1981
Restauration des Beaux-Arts
Restauration des Beaux-Arts
1981 (≈ 1981)
Préservation des éléments intérieurs anciens.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 21 mars 1910
Personnages clés
| Frédéric Barberousse - Empereur du Saint-Empire |
Confirme la donation en 1184. |
| Louise de Claveyson - Noble locale |
Armoiries peintes dans le transept (XVIIe). |
| Toussaint Bobichon - Curé de Quintenas |
Dirige les restaurations (1827-1861). |
| Charles du Peloux - Seigneur local |
Famille associée à la sépulture. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre-aux-Liens de Quintenas, classée monument historique en 1910, est un édifice emblématique du patrimoine ardéchois. Sa construction remonte au XIIe siècle, avec une partie romane encore visible aujourd’hui, notamment l’abside et le bras gauche du transept. Le clocher, imposant et fortifié, illustre les ajouts gothiques du XIVe siècle, reflétant une période troublée marquée par les pillages de mercenaires et les besoins défensifs. Les murs épais, les machicoulis et les gargouilles rappellent son rôle à la fois religieux et protecteur.
Au XVIe siècle, les guerres de Religion endommagèrent l’édifice, nécessitant des restaurations, notamment au XVIIe siècle avec l’ajout de la chapelle des Pénitents (1684). Les fresques du XIIe siècle, les peintures murales du XVIIe, et les armoiries de la famille du Peloux témoignent de son riche passé. Le père Toussaint Bobichon entreprit au XIXe siècle une restauration majeure : rehaussement des murs, réfection du toit, et consolidation de la façade fortifiée, inspirée du Palais des Papes d’Avignon. Les vitraux, statues et retables (dont un classé du XVIIe siècle) complètent ce patrimoine.
L’église fut un prieuré dépendant de l’abbaye de Saint-Claude dès 776, confirmé par Frédéric Barberousse en 1184. Elle devint un enjeu stratégique pendant les conflits religieux, puis un lieu paroissial après la Révolution. Son chœur, réaménagé au XXe siècle, abrite des éléments liturgiques modernes (ambon, autel), tandis que ses cloches, traditionnellement dédiées aux sonneries civiles et religieuses, rythment toujours la vie locale. Aujourd’hui, elle fait partie de la paroisse Saint-François Régis des vals d’Ay et de la Daronne.
Les peintures murales mêlent motifs religieux (sacrifice d’Abraham, versets de l’Évangile de Jean) et décorations végétales, tandis que le chapiteau roman du XIIe siècle et les gargouilles gothiques soulignent son éclectisme architectural. Les restaurations successives, dont celles des Beaux-Arts en 1981, ont préservé ses éléments les plus anciens, tout en adaptant l’espace aux évolutions liturgiques, comme la réforme du concile Vatican II dans les années 1960.
Son histoire reflète aussi les transformations sociales de la région : d’un prieuré médiéval à un château apprécié par la famille de Tournon, puis à une église paroissiale animée par des curés ou des équipes presbytérales. Les objets classés, comme le retable du XVIIe siècle, et les archives locales (statuts de l’Église de Vienne, donations carolingiennes) en font un témoin privilégié de l’histoire religieuse et civile du Haut-Vivarais.