Frise chronologique
XIIe siècle
Construction de la partie romane
Construction de la partie romane
XIIe siècle (≈ 1250)
Nef et abside en calcaire d’Évenos.
1608
Première pierre de l’extension gothique
Première pierre de l’extension gothique
1608 (≈ 1608)
Projet de Guillaume Borelli.
5 juin 1634
Consécration de l’église gothique
Consécration de l’église gothique
5 juin 1634 (≈ 1634)
Par Mgr Auguste de Forbin, évêque de Toulon.
24 janvier 1650
Érection en collégiale
Érection en collégiale
24 janvier 1650 (≈ 1650)
Acte signé par Alphonse-Louis du Plessis de Richelieu.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Parmi les premiers monuments protégés en France.
2014
Restauration et vitraux contemporains
Restauration et vitraux contemporains
2014 (≈ 2014)
Création d’Adrian Schiess et Carlo Roccella.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Guillaume Borelli - Architecte marseillais |
Conçoit l’extension gothique (début XVIIe). |
| Auguste de Forbin - Évêque de Toulon (1634) |
Consacre l’église gothique. |
| Alphonse-Louis du Plessis de Richelieu - Archevêque de Lyon et abbé |
Érige l’église en collégiale (1650). |
| Ludovico Brea - Peintre italien (1450–1523) |
Auteur du polyptyque classé (1520–1523). |
| Guillaume-Ernest Grève - Peintre allemand (1580–1639) |
Réalise le tableau des clefs de saint Pierre (1628). |
| François Jouglas - Historien local (XXe siècle) |
Fouilles et hypothèses sur les origines (1965). |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre-aux-Liens de Six-Fours-les-Plages est une ancienne collégiale située dans le Var, en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle est le seul vestige du village médiéval de Six-Fours, rasé au XIXe siècle pour la construction d’un fort militaire. L’édifice actuel résulte de deux phases majeures : une partie romane du XIIe siècle, orientée est-ouest, et une extension néo-gothique du XVIIe siècle, orientée nord-sud, conçue par l’architecte marseillais Guillaume Borelli. La première pierre de cette extension fut posée en 1608, et l’église fut consacrée en 1634 par l’évêque de Toulon, Auguste de Forbin.
La partie romane, longue de 25 mètres, abrite une nef voûtée en berceau et une abside à chevet plat. Son sous-sol révèle une citerne pour les eaux pluviales, essentielle en l’absence de source locale. Au XVIIe siècle, l’agrandissement gothique, long de 37,5 mètres, fut réalisé en schiste local et calcaire rose de Martigues. Il intègre une nef unique à croisées d’ogives, un chevet pentagonal, et des chapelles latérales richement ornées. L’église devint collégiale en 1650, abritant onze chanoines et un doyen, comme en témoignent les stalles en noyer et les orgues installées au-dessus de l’entrée.
Classée monument historique dès 1840, l’église conserve des éléments remarquables comme un polyptyque de Ludovico Brea (1520-1523), des retables baroques, et des vitraux contemporains créés en 2014 par Adrian Schiess. Son histoire reflète les transformations religieuses et militaires de la région, depuis son rôle de paroisse médiévale jusqu’à sa préservation comme patrimoine culturel. Les fouilles de 1965 ont révélé des vestiges controversés, comme un mur semi-circulaire interprété comme une fondations ou une hypothétique église primitive du Ve siècle, thèse aujourd’hui rejetée par les archéologues.
La collégiale abrite également des œuvres classées, telles qu’un tableau de Guillaume-Ernest Grève (1628) représentant saint Pierre recevant les clefs du paradis, ou une statue de la Vierge attribuée à tort à Pierre Puget. Les chapelles latérales, dédiées à sainte Catherine, sainte Madeleine ou saint Clair, illustrent la dévotion locale et l’influence des ordres religieux comme les Dominicains. Depuis 2006, la paroisse est confiée aux Pères Serviteurs de Jésus-Sauveur, perpétuant son rôle spirituel et patrimonial.
Le site, dépourvu de source naturelle, témoigne d’adaptations ingénieuses comme la citerne romane ou le bassin de rétention de la chapelle Sainte-Philomène, reconstitué au XXe siècle. L’église incarne ainsi la superposition des époques, des croyances et des techniques, depuis ses origines médiévales jusqu’à sa restauration moderne, tout en restant un lieu de culte actif et un symbole de la mémoire collective de Six-Fours-les-Plages.