Frise chronologique
1054
Fondation de l'Abbaye aux Dames
Fondation de l'Abbaye aux Dames
1054 (≈ 1054)
Rattachée à Cluny par Hugues de Semur.
vers 1120
Construction de l'église romane
Construction de l'église romane
vers 1120 (≈ 1120)
Sur emplacement d'une église antérieure.
1880–1889
Restauration par Selmersheim
Restauration par Selmersheim
1880–1889 (≈ 1885)
Projet ambitieux partiellement réalisé.
1889
Classement monument historique
Classement monument historique
1889 (≈ 1889)
Protection officielle de l'édifice.
1970
Classement du Christ roman
Classement du Christ roman
1970 (≈ 1970)
Statuaire du XIe–XIIe siècle protégée.
2023–2025
Restauration intérieure complète
Restauration intérieure complète
2023–2025 (≈ 2024)
Travaux en trois tranches (chœur, transept, nefs).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1889
Personnages clés
| Hugues de Semur - 6e abbé de Cluny |
Fonda l'Abbaye aux Dames de Marcigny. |
| Paul Selmersheim - Architecte du XIXe siècle |
Dirigea la restauration de 1880. |
| Nadia Bertoni - Docteur en histoire de l'art |
Experte du Christ roman de Varenne. |
| Frédéric Didier - Architecte en chef des MH |
Auteur du projet de restauration 2020. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre-aux-Liens de Varenne-l'Arconce, située dans le Brionnais en Saône-et-Loire, est un édifice roman du début du XIIe siècle (vers 1120), construit sur l'emplacement d'une église antérieure. Elle appartenait à un ensemble monastique lié à l'Abbaye aux Dames de Marcigny, fondée en 1054 par Hugues de Semur, 6e abbé de Cluny. Ce monument illustre l'influence clunisienne dans la région, avec une architecture typique du roman bourguignon.
Classée monument historique en 1889, l'église a subi plusieurs campagnes de restauration. Au XIXe siècle, des travaux majeurs furent menés, notamment par l'architecte Paul Selmersheim (1880-1889), qui prévoyait une rénovation ambitieuse incluant la reconstruction partielle du chœur et du transept. Le projet initial, partiellement réalisé, fut adapté en raison de la fragilité du clocher.
Au XXe siècle, des travaux de couverture (1966, 1972) et d'assainissement (1996) ont permis de stabiliser l'édifice. Des fouilles lors de ces travaux ont révélé des fondations de l'église primitive et des tombes médiévales. Au XXIe siècle, la restauration s'est concentrée sur les éléments mobiliers : la cloche du XVIe siècle (inscrite en 2019), le Christ roman (classé en 1970, restauré en 2017) et cinq statues de saints du XVIe siècle.
L'église abrite une statuaire remarquable, dont un Christ en bois polychrome du XIe–XIIe siècle, classé monument historique. Ce Christ, restauré en 2017, a révélé des décors originaux sous ses repeints successifs. Actuellement exposé au musée du Hiéron à Paray-le-Monial, il doit réintégrer l'église après la restauration intérieure, prévue en trois tranches (2023–2025).
Le financement des travaux récents (2020–2025) associe l'État (DRAC), la région Bourgogne-Franche-Comté, le département de Saône-et-Loire, et des acteurs privés comme la Fondation du patrimoine et l'ASEVA (Association pour la Sauvegarde de l'Église de Varenne-l'Arconce). Ces travaux visent à restaurer les peintures murales médiévales du chœur, le transept et les nefs.
Architecturalement, l'église se distingue par sa façade occidentale tripartite, son portail sud sculpté (tympan à l'agneau pascal), et son clocher roman carré à baies géminées. Le chevet, composé d'une abside semi-circulaire, et les pignons surhaussés du transept soulignent son style roman bourguignon, caractéristique des églises clunisiennes du Brionnais.