Frise chronologique
Fin XIe – début XIIe siècle
Construction de la nef et du mur nord du chœur
Construction de la nef et du mur nord du chœur
Fin XIe – début XIIe siècle (≈ 1225)
Parties romanes originales avec fenêtres à linteau monolithique.
Milieu XIIe siècle
Voûtement de la première travée du chœur
Voûtement de la première travée du chœur
Milieu XIIe siècle (≈ 1250)
Transformation en base de clocher, ajout du portail sud.
Début XIIIe siècle
Agrandissement du chœur et ajout d’une piscine liturgique
Agrandissement du chœur et ajout d’une piscine liturgique
Début XIIIe siècle (≈ 1304)
Chapiteaux originaux et double vasque datée vers 1220.
Fin XIIIe – début XIVe siècle
Construction du croisillon sud
Construction du croisillon sud
Fin XIIIe – début XIVe siècle (≈ 1425)
Style rayonnant tardif, baie à remplage annonçant le flamboyant.
19 novembre 1910
Classement aux monuments historiques
Classement aux monuments historiques
19 novembre 1910 (≈ 1910)
Reconnaissance de son ancienneté et de ses détails architecturaux.
1920–1923
Restauration par Gabriel Ruprich-Robert
Restauration par Gabriel Ruprich-Robert
1920–1923 (≈ 1922)
Ajout de contreforts et reconstitution de baies romanes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 19 novembre 1910
Personnages clés
| Gabriel Ruprich-Robert - Architecte en chef des monuments historiques |
Dirigea la restauration de 1920–1923 et ajouta des éléments néo-romans. |
| Jules Formigé - Architecte des monuments historiques |
Supervisa une seconde campagne de restauration (1927–1930). |
| Bernard Duhamel - Historien et auteur |
Proposa une datation stylistique des parties de l’église. |
Origine et histoire
L’église Saint-Pierre-aux-Liens-et-Saint-Étienne de Brignancourt, située dans le Val-d’Oise en Île-de-France, est un édifice modeste mêlant styles roman et gothique primitif. Construite à partir de la fin du XIe siècle, elle se compose d’une nef non voûtée, d’un chœur de deux travées terminé par un chevet plat, et d’un croisillon sud ajouté à la fin du XIIIe ou au début du XIVe siècle. Ce dernier, servant de base à un clocher inachevé, illustre les adaptations architecturales successives. Le portail sud, orné de bâtons brisés et d’un tympan quadrillé, ainsi que la corniche beauvaisine du chœur et du clocher, comptent parmi ses éléments les plus remarquables.
La nef, d’origine romane, conserve quatre fenêtres à linteau monolithique et simple ébrasement, tandis que le chœur présente des voûtes d’ogives soignées, avec des chapiteaux originaux aux angles du chevet. Une piscine liturgique à double vasque, datée des années 1220, et une arcade bouchée au nord témoignent de son évolution liturgique. Classée monument historique en 1910, l’église a subi plusieurs campagnes de restauration, notamment sous Gabriel Ruprich-Robert (1920–1923) et Jules Formigé (1927–1930), qui ont préservé ou reconstitué des éléments disparus.
L’histoire de la paroisse, mentionnée dès 1161, révèle son rattachement successif aux archidiocèses de Rouen puis de Versailles après la Révolution, avant d’intégrer le diocèse de Pontoise en 1966. Aujourd’hui affiliée à la paroisse Avernes et Marines, l’église accueille des messes dominicales trois fois par an. Son mobilier classé, incluant une Vierge à l’Enfant du XIVe siècle et une dalle funéraire du XIIIe siècle, enrichit son patrimoine.
Le clocher, de plan carré mais incomplet, reflète les défis structurels de sa construction, avec un étage unique et des contreforts plats. Son absence de flèche de pierre s’explique par l’encorbellement des murs, compromettant sa stabilité. À l’extérieur, le mur nord de la nef, en moellons dépourvus de contreforts, contraste avec le mur sud remanié, marqué par des ajouts gothiques et des restaurations modernes.
Le croisillon sud, ajout tardif de style rayonnant, abrite une grande baie au remplage caractéristique, annonçant le style flamboyant. Son intérieur, voûté d’ogives, communique avec la nef par un passage berrichon et avec le chœur par une arcade fruste. La cage d’escalier hors-œuvre, d’apparence néo-gothique, et la piscine liturgique à double vasque, rare par sa console à feuillages, soulignent la diversité des périodes représentées.
Enfin, le mobilier comprend des statues polychromes des XIVe et XVIe siècles, dont un groupe sculpté représentant saint Pierre libéré par un ange, en référence au vocable de l’église. Ces éléments, combinés à une dalle funéraire du XIIIe siècle et une cloche de 1758, témoignent de la richesse historique et artistique de ce monument rural, ancré dans le paysage du Vexin français.