Frise chronologique
XIIe–XIIIe siècles
Construction de l'église
Construction de l'église
XIIe–XIIIe siècles (≈ 1350)
Édifice roman sans transept, façade ornée.
1468
Fin de la seigneurie d'Anisy
Fin de la seigneurie d'Anisy
1468 (≈ 1468)
Vente du fief à une autre famille.
1669
Centralisation des fiefs
Centralisation des fiefs
1669 (≈ 1669)
Odet de Clinchamps achète les quatre fiefs.
1791
Remplacement du curé réfractaire
Remplacement du curé réfractaire
1791 (≈ 1791)
Abbé Lecouturier assermenté pendant la Révolution.
24 janvier 1927
Inscription aux Monuments historiques
Inscription aux Monuments historiques
24 janvier 1927 (≈ 1927)
Protection officielle de l'édifice.
1982
Restauration de la charpente
Restauration de la charpente
1982 (≈ 1982)
Travaux majeurs sur la structure.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : inscription par arrêté du 24 janvier 1927
Personnages clés
| Odet de Clinchamps - Seigneur d'Anisy (à partir de 1669) |
Centralise le droit de nomination du curé. |
| Louis de Clinchamps - Trésorier de l'église |
Frère d'Odet, nommé par l'assemblée paroissiale. |
| François-Louis Delamare - Curé réfractaire (jusqu'en 1791) |
Refuse le serment constitutionnel. |
| Abbé Lecouturier - Curé assermenté (à partir de 1791) |
Remplace Delamare pendant la Révolution. |
| Pierre-Louis de Clinchamps - Dernier seigneur et patron d'Anisy |
Propriétaire avant la Révolution. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre d'Anisy, située dans le Calvados en Normandie, est un édifice religieux des XIIe et XIIIe siècles. Elle incarne l'architecture romane normande, avec une nef rectangulaire sans transept, un chevet plat et un clocher-mur. Ses particularités incluent un appareil en arête-de-poisson sur les murs latéraux, des modillons sculptés (animaux, motifs grotesques) sur la façade sud, et un portail occidental richement décoré de moulures et de chapiteaux à godrons. Ces éléments stylistiques la rapprochent d'autres églises rurales de la région, comme celle de Mathieu.
L'église dépendait à l'origine d'un des quatre fiefs d'Anisy, dont les seigneurs (dont la famille d'Anisy jusqu'en 1468) partageaient le droit de nommer le curé. En 1669, Odet de Clinchamps acquiert les quatre fiefs, centralisant ce privilège. Son frère Louis devient trésorier de l'église, tandis qu'au XVIIIe siècle, un obitier (prêtre chargé de messes pour les défunts) assure aussi l'enseignement local. Pendant la Révolution, le curé François-Louis Delamare, réfractaire, est remplacé en 1791 par l'abbé Lecouturier, assermenté. Des restaurations majeures interviennent au XIXe siècle (toiture, plafond lambrissé) et en 1982 (charpente).
À l'intérieur, la nef unique, éclairée par des fenêtres gothiques (XIVe–XVe siècles), abrite un retable baroque du XVIIe siècle dédié à la Pentecôte, encadré par des statues de Saint-Pierre et Saint-Paul. Deux autels secondaires du XVIIIe siècle, dédiés à la Vierge et à Saint-Joseph, complètent le mobilier sobre (chaire en bois, stalles). Le chœur, couvert d'un plafond en berceau lambrissé, contraste avec l'austérité des bancs de la nef. L'édifice, propriété communale, est inscrit aux Monuments historiques depuis le 24 janvier 1927.
L'extérieur révèle une façade occidentale divisée par un bandeau, avec un portail à colonnes surmontées de chapiteaux sculptés (oiseau fantastique, tête humaine). Les murs gouttereaux, en arête-de-poisson, conservent des fenêtres romanes originales au nord, tandis que la façade sud arbore une corniche à modillons figuratifs. Le chevet plat, flanqué d'une sacristie, est éclairé par des baies asymétriques. Un contrefort massif côté sud renferme un escalier à vis, vestige possible d'un ancien bas-côté ou chapelle, comme en témoignent les traces d'arcades murées.
L'église illustre l'évolution des pratiques religieuses et seigneuriales en Normandie médiévale. Son histoire reflète les tensions entre pouvoirs locaux (droit de patronage partagé) et les bouleversements révolutionnaires (serment constitutionnel du clergé). Les restaurations successives, notamment la reconstruction du clocher-mur au XIXe siècle pour une cloche unique, soulignent son ancrage dans la vie paroissiale. Aujourd'hui, elle reste un témoignage de l'art roman normand, marqué par un syncrétisme entre décors païens (modillons grivois) et symboles chrétiens.