Frise chronologique
XIIe siècle
Construction du chœur roman
Construction du chœur roman
XIIe siècle (≈ 1250)
Chevet semi-circulaire et chapiteaux sculptés.
1789
Construction du clocher actuel
Construction du clocher actuel
1789 (≈ 1789)
Remplace un clocher-mur médiéval.
1808
Érection en succursale
Érection en succursale
1808 (≈ 1808)
Devenue église paroissiale autonome.
années 1870-1880
Création des vitraux
Création des vitraux
années 1870-1880 (≈ 1875)
Œuvre du maître verrier Chamrobert.
27 avril 1976
Première protection partielle
Première protection partielle
27 avril 1976 (≈ 1976)
Inscription des éléments clés.
16 juillet 2019
Classement intégral
Classement intégral
16 juillet 2019 (≈ 2019)
Protection totale de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le clocher-peigne ; le choeur avec ses chapelles latérales ; la terrasse avec son escalier d'accès, son mur de soutènement et la croix de mission qui s'y trouve implantée (cad. D 456) : inscription par arrêté du 27 avril 1976 ; L'église Saint-Pierre, en totalité, sa terrasse avec son escalier d'accès, son mur de soutènement et la croix de mission (cad. D 456) : inscription par arrêté du 16 juillet 2019
Personnages clés
| Raoul Passerous - Troubadour local |
Lègue ses biens à l’église (XIIe siècle). |
| Chamrobert - Maître verrier |
Auteur des vitraux (1870-1880). |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre d'Antignac, située dans le village du même nom en Auvergne (aujourd'hui Nouvelle-Aquitaine, département du Cantal), est un édifice religieux dont les origines remontent au XIIe siècle. À cette époque, elle était un prieuré dépendant de l'abbaye de la Chaise-Dieu, comme en témoigne le chœur roman avec son chevet semi-circulaire et ses chapiteaux sculptés. Le troubadour Raoul Passerous, figure locale, y lègue ses biens en faveur des églises et seigneuries d’Antignac. Ce chœur, voûté en cul-de-four, constitue le vestige le plus ancien de l’édifice, associé à une chapelle primitive citée dans une charte médiévale, peut-être celle de Clovis.
Au XVe et XVIe siècles, l’église s’agrandit avec l’ajout de chapelles latérales voûtées en berceau, reflétant l’évolution des besoins liturgiques et démographiques. Un premier clocher-mur, probablement roman, est remplacé en 1789 par le clocher actuel, marqué de cette date. Le XVIIIe siècle voit un remaniement majeur de la nef, la création de nouvelles chapelles, et l’érection d’un lambris peint néoclassique (1820-1830), orné de symboles religieux comme l’œil de Dieu et les évangélistes. Ces peintures, aujourd’hui partiellement détruites, illustraient l’influence des mouvements artistiques post-révolutionnaires dans les campagnes.
Le XIXe siècle marque une période de modernisation et d’embellissement : percement d’une porte ouest (1808), construction d’une tribune (1828), surélévation des murs du chœur (1884), et installation d’une horloge (1902). Les vitraux, créés entre 1870 et 1880 par le maître verrier Chamrobert de Clermont, ainsi que la voûte lambrissée de la nef, témoignent de cette volonté de rénovation. L’église, initialement succursale depuis 1808, est protégée partiellement en 1976, puis intégralement classée Monument Historique en 2019, reconnaissant sa valeur patrimoniale.
Architecturalement, l’édifice mêle pierre de taille pour le chevet et le clocher-peigne, et une charpente lambrissée peinte en bleu, typique des églises rurales du Cantal. Les toits à longs pans, les appentis des chapelles, et la croupe arrondie du chevet complètent cet ensemble. Malgré la destruction des peintures absidiales vers 1980, les vitraux du XIXe siècle et la structure médiévale subsistante en font un site clé pour comprendre l’évolution des églises paroissiales en Haute-Auvergne, depuis leur rôle d’annexe au Moyen Âge jusqu’à leur autonomie moderne.
Son histoire reflète aussi les dynamiques locales : d’abord simple chapelle dépendante de Vignonnet, elle devient église paroissiale à part entière au XVIe siècle, sous le vocable de saint Pierre. Les restaurations récentes (vers 1980) et sa protection actuelle soulignent son importance dans le patrimoine religieux et architectural du Cantal, entre héritage roman et transformations post-médiévales.