Frise chronologique
1514
Mort de Catherine d'Archiac
Mort de Catherine d'Archiac
1514 (≈ 1514)
Première épouse de Galiot de Genouillac.
1530
Achèvement du premier sanctuaire
Achèvement du premier sanctuaire
1530 (≈ 1530)
Dédié à Catherine d'Archiac, modèle pour l'église.
1540
Début de la construction
Début de la construction
1540 (≈ 1540)
Lancement des travaux financés par Galiot.
21 avril 1540
Date gravée de fondation
Date gravée de fondation
21 avril 1540 (≈ 1540)
Inscrite sur un cartouche aujourd’hui effacé.
1545
Testament de Galiot
Testament de Galiot
1545 (≈ 1545)
Précise la poursuite des travaux.
1549
Achèvement de la chapelle funéraire
Achèvement de la chapelle funéraire
1549 (≈ 1549)
Balustrade intérieure datée.
1568–1573
Construction chapelle Crussol
Construction chapelle Crussol
1568–1573 (≈ 1571)
Ajoutée par Jacques II de Crussol.
1649
Date sur la balustrade
Date sur la balustrade
1649 (≈ 1649)
Modification ou ajout tardif.
1840
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1840 (≈ 1840)
Église et tombeau protégés.
XIXe siècle
Installation des vitraux
Installation des vitraux
XIXe siècle (≈ 1865)
Œuvre des ateliers Gesta (Toulouse).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise Saint-Pierre : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Galiot de Genouillac - Grand maître de l'artillerie de François Ier |
Commanditaire et financeur de l’église. |
| Catherine d'Archiac - Première épouse de Galiot |
Sanctuaire initial dédié à sa mémoire. |
| Jeanne de Genouillac - Fille de Galiot |
Épouse de Charles de Crussol, héritière. |
| Jacques II de Crussol - Vicomte d'Uzès |
Commanditaire de la chapelle seigneuriale. |
| Liliane Châtelet-Lange - Historienne de l’art |
A étudié la symbolique de la frise. |
| Louis-Victor Gesta - Maître-verrier toulousain |
Auteur des vitraux (XIXe siècle). |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre d'Assier, située dans le département du Lot en Occitanie, fut édifiée à partir de 1540 grâce aux dons de Galiot de Genouillac, grand maître de l'artillerie sous François Ier. Une inscription près de la porte sud et son testament de 1545 attestent de son rôle central dans la construction, destinée à honorer sa première épouse, Catherine d'Archiac, décédée en 1514. Le plan en nef unique en croix latine, inspiré d’un sanctuaire antérieur (1514–1530), intègre un clocher déporté et des chapelles funéraires ajoutées ultérieurement, comme celle de Galiot (achevée en 1549) ou la chapelle seigneuriale des Crussol (1568–1573). Classée Monument Historique dès 1840, l’église allie architecture gothique tardive et Renaissance, avec des voûtes à ogives et des pilastres doriques.
La singularité de l’église réside dans sa frise sculptée extérieure de 100 mètres, commandée par Galiot de Genouillac. Ce programme iconographique, unique en France, mêle scènes de guerre (sièges, batailles, trains d’artillerie), symboles antiques (colonnes, trophées), et emblèmes personnels du commanditaire (boulets, épées fleurdelysées, devises comme « J’AIME FORTUNE »). Inspiré peut-être de la colonne Trajane, ce décor célèbre ses victoires et sa fidélité au roi, avec des dates gravées entre 1541 et 1554. Le portail occidental, dernier ajouté, interrompt la frise pour mettre en scène une Vierge à l’Enfant entourée des attributs de Galiot, soulignant le lien entre pouvoir divin et terrestre.
À l’intérieur, la chapelle funéraire de Galiot (1549) abrite son tombeau en marbre gris, surmonté d’un bas-relief le représentant en chef de guerre appuyé sur un canon. Le quatrain gravé « Cy dort celui qui neut jamais propos / De reposer en la vie mortelle » et la devise « MANET POST FUNERA VIRTUS » (la vertu survit à la mort) résument l’ambition mémorielle du projet. La chapelle seigneuriale des Crussol (1568–1573), voûtée dans un style gothique tardif, et les vitraux du XIXe siècle (ateliers Gesta de Toulouse) complètent cet ensemble, témoin de l’influence des élites militaires et religieuses en Quercy à la Renaissance.
L’église, propriété communale, illustre aussi les techniques architecturales de l’époque : voûtes en étoile à seize branches (chapelle funéraire), clôture en bois à claire-voie, et mélange des ordres doriques et ioniques. Son classement précoce (1840) souligne son importance patrimoniale, tandis que les études récentes (comme celles de Liliane Châtelet-Lange) décryptent la symbolique de sa frise, entre héritage antique et glorification personnelle. Les vitraux industriels du XIXe siècle, bien que postérieurs, rappellent la pérennité du culte et de l’entretien du lieu.
Le contexte historique de sa construction reflète les ambitions de la noblesse militaire sous François Ier. Galiot de Genouillac, figure des guerres d’Italie, utilise l’église pour afficher son pouvoir et sa piété, dans une région alors marquée par les conflits religieux naissants. Le Quercy, terre de passage entre Aquitaine et Languedoc, voit se développer un patrimoine religieux mêlant influences méridionales (voûtes complexes) et nordiques (décor sculpté narratif). L’édifice, à la fois lieu de culte et mausolée, incarne ainsi les transitions artistiques et politiques de la Renaissance française.