Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre
L'église Saint-Pierre d'Assier, située dans le Lot, est une église catholique construite grâce aux dons de Galiot de Genouillac à partir de 1540, information rappelée par une inscription près de la porte sud. L'édifice, élevé selon un plan en croix latine comparable à celui du sanctuaire érigé par Galiot pour sa première femme Catherine d'Archiac, comprend une nef de deux travées, un transept aux croisillons formés d'une seule travée barlongue et une abside à cinq pans précédée d'une travée barlongue. Dans la nef, les nervures des voûtes retombent sur des chapiteaux doriques qui reposent sur des pilastres à base épannelée. Le clocher, placé au-dessus du croisillon nord du transept, est flanqué d'une tourelle d'escalier octogonale. À l'extérieur, la décoration est essentiellement profane, à l'exception du portail occidental et d'une niche sud ayant contenu une statue de la Vierge ; une frise continue sculptée fait toutefois le tour de l'édifice et illustre la vie de Galiot de Genouillac. Cette frise, longue de plus de cent mètres, a fait l'objet d'un inventaire en 1986-1987 et d'une étude par Liliane Châtelet-Lange sur la signification de ses motifs. Les scènes, volontairement hétérogènes, associent figures antiques et contemporaines, cortèges guerriers, fortifications, prises de ville, passages de fleuve et même un train d'artillerie attelé à douze chevaux. On y reconnaît les armoiries de Galiot accompagnées du grand collier de l'ordre de Saint-Michel ainsi que les emblèmes de ses charges — boulets pour le grand maître de l'artillerie, épées fleurdelisées pour le grand écuyer, lances et hallebardes en sautoir — et des devises telles que « J AIME FORTUNE » et « SICUT ERAT IN PRINCIPIO ». Des dates figurent sur la frise et les façades : 1541, 1549 et 1554, ce qui indique que les sculptures ont été réalisées au fur et à mesure de l'avancement du chantier et par plusieurs artistes, comme le suggère aussi la comparaison d'une scène de combat faite par Bruno Tollon. Le portail occidental, dernier élément achevé, interrompt la frise ; il présente un portique aux colonnes doriques, deux portes et une voussure en plein cintre dont le tympan montre une Vierge à l'Enfant couronnée, entourée d'enfants qui présentent les attributs de Galiot au Christ et à la Vierge. Des Renommées dans les écoinçons portent la légende « VIVIT D. IAC / GALEOTUS ». Le portique primitif est encastré dans un second ensemble où un fronton triangulaire arbore les armes de Galiot soutenues par deux lévriers, et au-dessus se dresse un édicule coiffé d'un dôme surmonté d'une figure très abîmée, interprétée comme une Renommée ou une Victoire ; la sculpture assise de l'édicule, brisée à mi-corps, devait représenter saint Pierre, tandis que deux hommes vêtus à l'orientale figurent en position de vaincus. La chapelle funéraire de Galiot, accolée au côté nord de la nef et close par une balustrade intérieure datée de 1549, présente une voûte en étoile à seize branches s'ouvrant en coupole surbaissée et soutenue aux angles par des trompes coniques ; cette voûte a été rapprochée, par Marcel Durliat, de modèles napolitains et valencians. Le tombeau, adossé au mur nord de la chapelle, montre Galiot en gisant vêtement de cour posé sur un sarcophage de marbre gris ; derrière la statue, un retable formé d'un grand portique encadre un bas‑relief où il apparaît en chef de guerre appuyé sur un canon, avec un cartouche portant un quatrain en français et le linteau gravé « MANET POST FUNERA VIRTUS ». Ce tombeau et la clôture en bois ont été classés au titre des monuments historiques en 1840. La chapelle seigneuriale, édifiée au sud du chœur par Jacques II de Crussol entre 1568 et 1573, conserve une voûte de facture gothique aux ramifications complexes ornée des armes d'Antoine de Crussol. L'église possède par ailleurs des vitraux du XIXe siècle, réalisés par les ateliers toulousains de Louis‑Victor Gesta, dont les quatre hautes fenêtres du chœur représentent le Christ, saint Pierre et six autres saints ; ces verrières résultent d'une production industrielle de la fin du XIXe siècle. L'ensemble de l'édifice a été classé au titre des monuments historiques en 1840.