Frise chronologique
1187
Première inscription funéraire
Première inscription funéraire
1187 (≈ 1187)
Preuve écrite la plus ancienne de l'église.
1261
Restitution du prieuré
Restitution du prieuré
1261 (≈ 1261)
Bernard de l'Isle rend le prieuré à l'abbé du Mas-Grenier.
1304-1308
Visites du pape Clément V
Visites du pape Clément V
1304-1308 (≈ 1306)
Célébration de messes et confirmation de nominations.
XIIIe siècle
Construction du chœur gothique
Construction du chœur gothique
XIIIe siècle (≈ 1350)
Ajout d'un chœur rectangulaire de deux travées.
XIVe siècle
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef
XIVe siècle (≈ 1450)
Financée par la communauté et le chapitre d'Agen.
1540
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1540 (≈ 1540)
Clocher ruiné en 1794.
1570-1580
Destructures pendant les guerres de Religion
Destructures pendant les guerres de Religion
1570-1580 (≈ 1575)
Église et prieuré partiellement détruits.
1609-1620
Reconstruction des bas-côtés
Reconstruction des bas-côtés
1609-1620 (≈ 1615)
Dirigée par le maître d'œuvre Jehan l'Église.
1674
Installation du retable baroque
Installation du retable baroque
1674 (≈ 1674)
Fin des travaux de restauration majeurs.
1862
Classement monument historique
Classement monument historique
1862 (≈ 1862)
Première protection officielle de l'édifice.
2009-2014
Restauration du chœur et du retable
Restauration du chœur et du retable
2009-2014 (≈ 2012)
Suite à un coup de foudre en 2009.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Pape Clément V - Frère du seigneur d'Auvillar |
Visita l'église et y célébra la messe. |
| Bernard de l'Isle - Prévôt du chapitre de Saint-Étienne de Toulouse |
Restitua le prieuré en 1261. |
| Raymond de Bernard - Prêtre et mécène |
Fonda la chapelle Notre-Dame-de-Pitié en 1493. |
| Jehan l'Église - Maître d'œuvre (XVIIe siècle) |
Dirigea la reconstruction des bas-côtés. |
| Théodore Olivier - Architecte (XIXe siècle) |
Refit les voûtes et la façade en 1867. |
| Bern d'Henny - Peintre (XVIIe siècle) |
Auteur du tableau central du retable. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre d'Auvillar, située dans le Tarn-et-Garonne en Occitanie, trouve ses origines au XIIe siècle, avec des traces écrites attestant d'une église romane composée d'une nef, de bas-côtés et d'une abside centrale flanquée d'absidioles. Une inscription funéraire datée de 1187, découverte dans un contrefort du clocher, confirme son existence à cette époque. L'édifice était alors sous la dépendance de l'abbaye de Moissac, avant d'être rattaché au prieuré du Mas-Grenier à la fin du XIIe siècle. La première mention officielle de l'église remonte à 1261, lors de la restitution du prieuré à l'abbé du Mas-Grenier par Bernard de l'Isle, prévôt du chapitre de Saint-Étienne de Toulouse.
Au XIIIe siècle, un chœur rectangulaire de deux travées est ajouté, probablement après 1261, comme l'a révélé le démontage du retable en 2012. Le pape Clément V, frère du seigneur d'Auvillar, visite le prieuré à plusieurs reprises entre 1304 et 1308, y célébrant même la messe. La nef est reconstruite au XIVe siècle, avec des financements partagés entre la communauté locale, le chapitre d'Agen et des particuliers, comme en témoignent les enfeus présents. Les guerres anglaises du XIVe siècle endommagent l'édifice, situé hors des remparts près de la porte Saint-Pierre.
Les XVIe et XVIIe siècles marquent une période de transformations et de destructions. En 1505, des travaux modifient le chœur, conservant cependant des éléments du XIIIe siècle comme les murs et les contreforts. Le clocher, reconstruit en 1540, s'effondre partiellement en 1794. Les guerres de Religion (1570, 1577, 1580) ravagent l'église et le prieuré, entraînant une reconstruction partielle au début du XVIIe siècle, financée par un accord entre les consuls d'Auvillar, le prieur et le chapitre d'Agen. Les voûtes du chœur et la nef lambrissée datent de cette époque, avec des travaux dirigés par le maître d'œuvre Jehan l'Église. Un retable baroque est installé en 1674, marquant la fin des restaurations majeures.
Classée monument historique en 1862, l'église subit encore des restaurations au XIXe et XXe siècles. Les voûtes sont refaites en 1867 sous la direction de l'architecte Théodore Olivier, qui reconstruit également la façade. En 1918, les voûtains de la nef sont restaurés, suivis par la consolidation du clocher en 1940 et 1976. Un coup de foudre en 2009 endommage le chœur, nécessitant des réparations jusqu'en 2014. Le mobilier, incluant un retable du XVIIe siècle inspiré de Rubens et des tableaux de 1690, ainsi que des vitraux de Louis Saint-Blancat, témoigne de son riche patrimoine artistique.
L'église Saint-Pierre incarne près de mille ans d'histoire religieuse et architecturale, marquée par des influences romanes, gothiques et Renaissance. Son évolution reflète les bouleversements politiques et sociaux de la région, des conflits médiévales aux guerres de Religion, en passant par les restaurations modernes. Son classement précoce en 1862 souligne son importance patrimoniale, tandis que ses éléments mobiliers et ses structures architecturales en font un témoin privilégié de l'art sacré en Occitanie.
Les fouilles et restaurations récentes, comme celles du retable en 2014, ont permis de redécouvrir des peintures du XVIIe siècle et des structures médiévales cachées. Ces découvertes enrichissent la compréhension de son histoire complexe, où se mêlent pouvoir ecclésiastique, mécénat seigneurial et engagement communautaire. Aujourd'hui, l'église reste un symbole de la résilience et de l'adaptation architecturale à travers les siècles.