Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre
L'église Saint-Pierre d'Auvillar, située dans le département de Tarn-et-Garonne, conserve des vestiges remontant au XIIe siècle, notamment l'absidiole nord ainsi que les piliers et chapiteaux de l'arc triomphal. Une inscription funéraire datée de 1187 a été retrouvée dans un contrefort du clocher. La construction médiévale comprenait à l'origine une nef avec bas-côtés, une abside centrale et deux absidioles ; il ne subsiste aujourd'hui que quelques éléments romans. Un vaste chœur rectangulaire de deux travées, mis au jour lors du démontage du retable en 2012, a été édifié au XIIIe siècle. La nef a été reconstruite au XIVe siècle, et des travaux importants ont été réalisés dans le chœur au début du XVIe siècle, qui ont repris murs, contreforts et voûtes. La chapelle Notre-Dame-de-Pitié, aujourd'hui dite du Rosaire, a été bâtie à la fin du XVe siècle pour Raymond de Bernard. Le clocher, reconstruit au milieu du XVIe siècle sous l'abbé Jean IV de Toucheboeuf, a été partiellement ruiné en 1794. L'édifice subit de nouvelles destructions pendant les guerres de Religion dans les années 1570–1580 ; la maison priorale fut elle-même démolie pour renforcer les remparts. Entre 1609 et 1620, le bas-côté nord fut élevé par Maistre Jean Léglise dans le cadre d'un accord entre les consuls, le prieur et le chapitre d'Agen, et la nef reçut une fausse voûte lambrissée ; des peintures du XVIIe siècle ont été retrouvées lors de restaurations du chœur. L'autel baroque du chœur date de 1674, marquant la fin des travaux de restauration de cette période. À la suite du classement de l'édifice au titre des monuments historiques en 1862, les voûtes de la nef et la façade occidentale en pierre furent refaites sous la direction de l'architecte Théodore Olivier entre 1860 et 1867 ; le lambris de la nef s'est toutefois effondré en 1860. Au XXe siècle, les voûtes de la nef et des bas-côtés ont été restaurées en 1918, le clocher consolidé en 1940 puis restauré en 1976, et une couverture mise en place sur une tourelle en 1979. Un coup de foudre en juin 2009 a endommagé le parement et les voûtains du chœur ; des infiltrations ont ensuite affecté le retable, dont la restauration, après reprise de la structure du chœur, s'est achevée en juin 2014. Parmi les éléments remarquables de l'édifice figurent l'élévation de la nef et du collatéral nord, la chaire à prêcher, la crypte du trésor et la façade de 1867. Le mobilier comprend un retable du maître-autel du XVIIe siècle, avec un tableau représentant l'Assomption peint par Bern d'Henny d'après Rubens, classé aux monuments historiques en 1964, un ensemble de neuf tableaux de 1690 par P. Lannet, une chaire à prêcher du XVIIIe siècle classée en 1972, ainsi qu'un retable du XVIIIe siècle abritant une Vierge à l'Enfant et deux bustes de saints. Des vitraux de l'atelier Louis Saint-Blancat, à Toulouse, ornent également l'église.