Frise chronologique
XIe–XIIIe siècles
Origines romanes
Origines romanes
XIe–XIIIe siècles (≈ 1350)
Première église romane antérieure au XIIe siècle.
1661–1680
Construction du caveau
Construction du caveau
1661–1680 (≈ 1671)
Caveau familial des ducs d'Épernon édifié.
1760
Transformation en ossuaire
Transformation en ossuaire
1760 (≈ 1760)
Transfert de 1 068 squelettes du clocher.
Juin 1940
Bombardement et découvertes
Bombardement et découvertes
Juin 1940 (≈ 1940)
Destruction des voûtes, révélation du caveau.
1942
Classement monument historique
Classement monument historique
1942 (≈ 1942)
Protection pour restauration post-guerre.
2009
Étude archéologique INRAP
Étude archéologique INRAP
2009 (≈ 2009)
Analyse des momies et de l'ossuaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par arrêté du 26 mai 1942
Personnages clés
| Jean-Louis de Goth de Rouillac - 3e duc d'Épernon |
Propriétaire du caveau familial découvert. |
| Anne Vialard - Épouse du 3e duc |
Corps momifié identifié en 2009. |
| Anne-Marie Louise de Goth - Petite-fille du 3e duc |
Attribution erronée d'une momie. |
| Abbé Georges Brierre - Curé d'Épernon (XXe siècle) |
A extrait les ossements du caveau. |
| Philippe Blanchard - Archéologue (INRAP) |
Dirigea l'étude du caveau en 2009. |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre d'Épernon, située dans le département d'Eure-et-Loir, est un édifice catholique dont la construction actuelle date principalement du XVe siècle. Elle remplace une première église romane antérieure au XIIe siècle, dont quelques éléments subsistent dans le décor de la façade et sous le clocher nord. L'édifice se compose d'une nef avec abside, flanquée de deux bas-côtés également terminés par des absidioles. Les fausses voûtes ajoutées en 1885, détruites lors d'un bombardement en juin 1940, ont révélé des charpentes lambrissées du XVIe siècle ornées de peintures.
Sous l'autel se trouve un caveau découvert en 1940 après le bombardement, abritant initialement les dépouilles du 3e duc d'Épernon, Jean-Louis de Goth de Rouillac, de son épouse Anne Vialard, de leur fils (4e duc) et d'une petite-fille, Anne-Marie Louise de Goth. Ce caveau, construit entre 1661 et 1680, servit d'abord de sépulture familiale jusqu'en 1690, puis d'ossuaire en 1760 pour plus de 1 068 squelettes transférés du clocher. Une étude archéologique menée en 2009 par l'INRAP a révélé deux corps momifiés, dont l'un, initialement attribué à Anne-Marie Louise de Goth, s'est avéré être celui d'Anne Vialard, épouse du 3e duc.
Classée monument historique en 1942 pour faciliter sa restauration post-bombardement, l'église est la seule des cinq églises d'Épernon à avoir survécu à la Révolution française. Les autres édifices religieux de la commune furent détruits durant cette période. Le caveau, ouvert à la Révolution pour récupérer des cercueils de plomb, ne fut rouvert qu'à deux reprises au XIXe siècle (1854 et 1885). En 1854, un procès-verbal mentionna la présence d'un corps momifié en bon état, alors attribué à Anne-Marie Louise de Goth.
L'église appartient aujourd'hui à la paroisse La Sainte Famille en Voise-Drouette, rattachée au doyenné de la Vallée de l'Eure dans le diocèse de Chartres. Son architecture mêle ainsi des éléments médiévaux (XIe–XIIIe siècles) et des ajouts gothiques tardifs (XVe siècle), tandis que son histoire récente est marquée par les dégâts de la Seconde Guerre mondiale et les découvertes archéologiques qui en ont découlé.