Frise chronologique
XIIIe siècle (vers 1290)
Début de la construction du chœur
Début de la construction du chœur
XIIIe siècle (vers 1290) (≈ 1350)
Sous Gaston VII de Béarn, arrêt possible à sa mort.
1391
Reprise des travaux
Reprise des travaux
1391 (≈ 1391)
Financement lié au trésor de Moncade.
XIVe–XVe siècles
Construction de la nef
Construction de la nef
XIVe–XVe siècles (≈ 1550)
Voûtes et modifications architecturales majeures.
1569
Pillage protestant
Pillage protestant
1569 (≈ 1569)
Par les troupes de Montgommery.
1865–1880
Restauration et agrandissement
Restauration et agrandissement
1865–1880 (≈ 1873)
Travaux dirigés par Henri d'Arnaudat.
23 mars 2012
Classement monument historique
Classement monument historique
23 mars 2012 (≈ 2012)
Protection intégrale de l'édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église en totalité (cad. AP 127) : classement par arrêté du 23 mars 2012
Personnages clés
| Gaston VII de Béarn - Vicomte de Béarn |
Commanditaire initial du chœur (XIIIe siècle). |
| Gaston Fébus - Vicomte de Béarn |
Sa mort (1391) permet la reprise des travaux. |
| Jacques Gardelles - Historien de l'art |
Analyse stylistique des colonnettes du chœur. |
| Henri d'Arnaudat - Architecte municipal |
Dirige la restauration du XIXe siècle. |
| Aristide Cavaillé-Coll - Facteur d'orgues |
Conçoit l'orgue en 1870. |
| Gustave-Pierre Dagrant - Maître-verrier |
Réalise les vitraux (1909–1912). |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre d'Orthez, située dans les Pyrénées-Atlantiques, fut initiée au XIIIe siècle sous l'impulsion du vicomte de Béarn, Gaston VII, reflétant la puissance politique d'Orthez, alors capitale du Béarn. Le chœur, de dimensions modestes, fut probablement achevé au début du XIVe siècle, comme en témoignent les colonnettes aux corbeilles moulurées, comparables à celles de Bayonne (1320) ou de la cathédrale de Bordeaux. Les travaux semblent s'être interrompus après 1290, reprenant seulement après 1391, grâce à un financement lié au trésor de la tour de Moncade.
La nef, construite entre les XIVe et XVe siècles, présente une architecture complexe : ses murs nord et sud révèlent des traces de modifications, avec des ouvertures aveugles et des maçonneries antérieures réutilisées. La voûte d'ogives quadripartites, ornée de clés sculptées évoquant le vieux pont d'Orthez (avant le XVIe siècle), culmine à 18 mètres, un record pour le Béarn. L'absence de collatéraux et le style « languedocien » de la nef contrastent avec le chœur inspiré de l'architecture septentrionale.
En 1569, les troupes protestantes de Montgommery pillent l'église lors de la prise d'Orthez, marquant un épisode violent de son histoire. Au XIXe siècle, une restauration majeure est menée par l'architecte Henri d'Arnaudat (1865–1880) : ajout d'une travée ouest, construction d'un clocher-porche, et installation de verrières par Gustave-Pierre Dagrant (1909–1912). En 1976, le décor du XIXe siècle est supprimé pour révéler les pierres originales.
L'église abrite des œuvres notables, comme une esquisse de Léon Bonnat pour Le Martyre de saint Denis (1924) et un orgue d'Aristide Cavaillé-Coll (1870), restauré en 1982. Classée monument historique en 2012 (après une inscription en 1939), elle illustre l'évolution architecturale et politique du Béarn, des vicomtes médiévaux aux restaurations modernes.
Son chevet semi-hexagonal, ses chapelles latérales (anciens bras de transept ?) et ses contreforts en calcaire mélangé à du grès ferrugineux soulignent son héritage médiéval. La façade nord, avec ses lucarnes étroites et ses traces d'anciennes portes, évoque des constructions disparues, tandis que le porche sud conserve une porte gothique à arcs brisés. La grande peinture du tympan (Bonnet et Vettiner, 1912) et les vitraux de Dagrant achèvent ce patrimoine riche et contrasté.