Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Église Saint-Pierre d'Orthez dans les Pyrénées-Atlantiques

Patrimoine classé Patrimoine religieux Eglise gothique Architecture gothique rayonnant

Église Saint-Pierre d'Orthez

    Rue du Moulin
    64300 Orthez
Propriété de la commune
Église Saint-Pierre dOrthez
Église Saint-Pierre dOrthez
Église Saint-Pierre dOrthez
Église Saint-Pierre dOrthez
Église Saint-Pierre dOrthez
Église Saint-Pierre dOrthez
Église Saint-Pierre dOrthez
Église Saint-Pierre dOrthez
Église Saint-Pierre dOrthez
Église Saint-Pierre dOrthez
Église Saint-Pierre dOrthez
Église Saint-Pierre dOrthez
Église Saint-Pierre dOrthez
Église Saint-Pierre dOrthez
Église Saint-Pierre dOrthez
Église Saint-Pierre dOrthez
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIIe siècle (vers 1290)
Début de la construction du chœur
1391
Reprise des travaux
XIVe–XVe siècles
Construction de la nef
1569
Pillage protestant
1865–1880
Restauration et agrandissement
23 mars 2012
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'église en totalité (cad. AP 127) : classement par arrêté du 23 mars 2012

Personnages clés

Gaston VII de Béarn - Vicomte de Béarn Commanditaire initial du chœur (XIIIe siècle).
Gaston Fébus - Vicomte de Béarn Sa mort (1391) permet la reprise des travaux.
Jacques Gardelles - Historien de l'art Analyse stylistique des colonnettes du chœur.
Henri d'Arnaudat - Architecte municipal Dirige la restauration du XIXe siècle.
Aristide Cavaillé-Coll - Facteur d'orgues Conçoit l'orgue en 1870.
Gustave-Pierre Dagrant - Maître-verrier Réalise les vitraux (1909–1912).

Origine et histoire

L'église Saint-Pierre d'Orthez, située dans les Pyrénées-Atlantiques, fut initiée au XIIIe siècle sous l'impulsion du vicomte de Béarn, Gaston VII, reflétant la puissance politique d'Orthez, alors capitale du Béarn. Le chœur, de dimensions modestes, fut probablement achevé au début du XIVe siècle, comme en témoignent les colonnettes aux corbeilles moulurées, comparables à celles de Bayonne (1320) ou de la cathédrale de Bordeaux. Les travaux semblent s'être interrompus après 1290, reprenant seulement après 1391, grâce à un financement lié au trésor de la tour de Moncade.

La nef, construite entre les XIVe et XVe siècles, présente une architecture complexe : ses murs nord et sud révèlent des traces de modifications, avec des ouvertures aveugles et des maçonneries antérieures réutilisées. La voûte d'ogives quadripartites, ornée de clés sculptées évoquant le vieux pont d'Orthez (avant le XVIe siècle), culmine à 18 mètres, un record pour le Béarn. L'absence de collatéraux et le style « languedocien » de la nef contrastent avec le chœur inspiré de l'architecture septentrionale.

En 1569, les troupes protestantes de Montgommery pillent l'église lors de la prise d'Orthez, marquant un épisode violent de son histoire. Au XIXe siècle, une restauration majeure est menée par l'architecte Henri d'Arnaudat (1865–1880) : ajout d'une travée ouest, construction d'un clocher-porche, et installation de verrières par Gustave-Pierre Dagrant (1909–1912). En 1976, le décor du XIXe siècle est supprimé pour révéler les pierres originales.

L'église abrite des œuvres notables, comme une esquisse de Léon Bonnat pour Le Martyre de saint Denis (1924) et un orgue d'Aristide Cavaillé-Coll (1870), restauré en 1982. Classée monument historique en 2012 (après une inscription en 1939), elle illustre l'évolution architecturale et politique du Béarn, des vicomtes médiévaux aux restaurations modernes.

Son chevet semi-hexagonal, ses chapelles latérales (anciens bras de transept ?) et ses contreforts en calcaire mélangé à du grès ferrugineux soulignent son héritage médiéval. La façade nord, avec ses lucarnes étroites et ses traces d'anciennes portes, évoque des constructions disparues, tandis que le porche sud conserve une porte gothique à arcs brisés. La grande peinture du tympan (Bonnet et Vettiner, 1912) et les vitraux de Dagrant achèvent ce patrimoine riche et contrasté.

Liens externes