Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre
L'église Saint-Pierre se situe à Uchizy, commune du Tournugeois en Saône‑et‑Loire, dans la région Bourgogne‑Franche‑Comté. L'édifice est classé au titre des monuments historiques par un arrêté du 22 octobre 1913. En 1912, l'Académie de Mâcon avait signalé à la Commission des monuments historiques la nécessité de protéger plusieurs églises de l'arrondissement de Mâcon et avait inscrit l'église d'Uchizy parmi les douze monuments les plus anciens et intéressants. La première mention d'une église à Uchizy remonte à la donation faite par le roi Louis le Bègue en 878 à l'abbaye de Tournus, qui portait la description d'« une église dédiée à Saint Pierre » avec ses dépendances. L'édifice tel qu'il existe aujourd'hui paraît avoir été bâti par les moines de Tournus dans le dernier quart du XIe siècle. L'intérieur a fait l'objet d'une restauration complète en 2011 et 2012. Peu avant la Seconde Guerre mondiale, au début de 1939, la paroisse d'Uchizy fut rattachée pour le culte à celle de Lugny à la suite de la création de la communauté pastorale de Lugny, initiative de monseigneur Joseph Robert ; aujourd'hui Uchizy dépend de la paroisse de Tournus. En 2020, l'église a intégré les « Chemins du roman en Mâconnais Sud Bourgogne » et a bénéficié de la pose d'une signalétique spécifique au sein du Pôle d'équilibre territorial et rural Mâconnais Sud Bourgogne. L'édifice présente la particularité d'une façade occidentale masquée par le bâtiment du donjon de l'ancien prieuré, si bien que l'on pénètre par deux portails latéraux : le portail nord, orné d'une archivolte à oves enrubannées, et le portail sud, précédé d'un auvent et flanqué d'une tourelle donnant accès au clocher et au chemin de ronde. Le bâtiment accolé à l'ouest, qui fut prieuré, maison seigneuriale, mairie et école, abrite aujourd'hui une bibliothèque et une salle de réunion. L'église est bâtie en petites pierres bien appareillées et régulières ; elle comprend trois nefs suivies d'un transept en saillie. À l'est de la croisée s'ouvre le chœur, formé d'une travée droite voûtée en berceau et d'une abside en hémicycle, et chaque croisillon ouvre également sur une abside en hémicycle. Les trois nefs sont voûtées ; la nef principale est en berceau brisé, renforcé par des doubleaux en cintre brisé qui la divisent en quatre travées. Le transept se compose d'une croisée de plan rectangulaire dont les quatre angles sont portés par de puissants piliers supportant la masse du clocher ; la croisée communique avec les croisillons par d'imposantes arcades en plein cintre. Le clocher, élevé au‑dessus du transept, abrite deux cloches : la plus grosse, dédiée à la Vierge Marie, a été baptisée le 22 octobre 1878, pèse 860 kg et a été fondue la même année par Gulliet à Lyon ; l'autre, de 57 kg, a été fondue en 1979 par Bollée à Orléans. Construit sur plan carré, le clocher présente quatre faces traitées de façon analogue et se divise horizontalement en cinq étages ; le cinquième niveau, construit en pierres d'un calibre plus gros et éclairé par deux baies carrées, paraît être une surélévation destinée à servir de guet pour le bourg, peut‑être au XVIe siècle dans le contexte des guerres de Religion. Le mobilier comprend des statues du XIXe siècle, un chemin de croix et plusieurs tableaux du XVIIe siècle ; l'un d'eux, daté de 1629 et signé du monogramme « GP », représente saint Blaise avec les attributs liés à son martyre. Un vitrail de 1974 intitulé Saint Pierre pêcheur d'hommes, œuvre du maître verrier Paul Duckert formé à Taizé, figure également parmi les œuvres de l'église. L'édifice est consacré dans le diocèse d'Autun et relève de la paroisse Saint‑Philibert en Tournugeois, dont le siège est à Tournus ; il demeure un lieu de culte catholique. Des ressources et documents complémentaires sont disponibles en ligne, notamment sur les bases Mérimée, Clochers de France et l'Observatoire du patrimoine religieux, ainsi que sur le site de la paroisse Saint‑Philibert.