Origine et histoire de l'Église Saint-Pierre de Barbotan
L'église Saint-Pierre de Barbotan, située à Cazaubon dans le Gers, est un édifice religieux du début du XVIe siècle, intégrant une ancienne porte de ville. Construite en moyen appareil de calcaire avec des parties hautes en brique, elle présente un portail Renaissance sculpté, inscrit aux Monuments Historiques depuis 1925. Son architecture mêle nef unique, voûtes refaites après la guerre de Cent Ans, et un clocher-pyramide ajouté en 1899. Le sol, constitué de boues chaudes, a nécessité des pilotis pour sa stabilité.
Le portail occidental, chef-d'œuvre de la Renaissance, est orné d'un arc en anse de panier décoré de moulures et de sculptures finement ouvragées. Des pilastres à motifs de losanges et rosaces encadrent l'ensemble, surmonté d'un tympan à ornements trilobés. Ce portail s'ouvre sous la voûte de l'ancienne porte de ville, témoignant de l'intégration architecturale entre défense urbaine et lieu de culte.
L'église a été remaniée après la guerre de Cent Ans, avec des charpentes reposant directement sur les murs. Son histoire est liée à celle des thermes de Barbotan, connus depuis l'Antiquité pour leurs vertus thérapeutiques. Au XVIe siècle, des personnalités comme Montaigne ou Henri IV fréquentaient les lieux, attirés par les eaux bicarbonatées et les boues chaudes. L'édifice incarne ainsi à la fois un patrimoine religieux et une mémoire thermale gasconne.
La porte de Barbotan, contemporaine de l'église, a été inscrite en 1926. Ensemble, ces éléments forment un site emblématique de Cazaubon, marqué par son passé médiéval et renaissant. Les vestiges gallo-romains découverts en 1828 à proximité confirment l'ancienneté de l'occupation du site, lié aux sources thermales exploitées depuis l'époque antique.
Au XIXe siècle, Barbotan-les-Thermes connut un âge d'or avec la restauration des installations par Clair-Joseph de Barbotan, révélant des traces romaines. Malgré un incendie tragique en 1991, la station reste un lieu de soins rhumatologiques et phlébologiques, tandis que l'église Saint-Pierre conserve son rôle de témoin architectural de cette histoire thermale et religieuse.
La région, en Bas-Armagnac, était un territoire de passage et de conflits, marqué par les invasions ibères, romaines, puis franques. La seigneurie de Cazaubon, liée aux comtes d'Armagnac, a vu son église et son château souffrir des ravages du Prince Noir en 1355. Aujourd'hui, l'édifice reste un symbole du patrimoine local, entre mémoire médiévale et héritage thermal.