Frise chronologique
2e moitié du XIIIe siècle
Construction du chœur gothique
Construction du chœur gothique
2e moitié du XIIIe siècle (≈ 1350)
Pour abriter le tombeau de Thomas Hélye.
1628-1630
Épidémie de peste
Épidémie de peste
1628-1630 (≈ 1629)
Origine des dons pour le clocher et porche.
1632
Construction du clocher et porche
Construction du clocher et porche
1632 (≈ 1632)
Financés par les pèlerins post-peste.
1920
Rasement de la nef originale
Rasement de la nef originale
1920 (≈ 1920)
Prélude à une reconstruction.
12 septembre 1922
Classement du porche
Classement du porche
12 septembre 1922 (≈ 1922)
Première protection au titre des monuments historiques.
1922-1926
Reconstruction de la nef
Reconstruction de la nef
1922-1926 (≈ 1924)
Style néo-gothique inspiré du Mont-Saint-Michel.
1935-1937
Création des vitraux par Barillet
Création des vitraux par Barillet
1935-1937 (≈ 1936)
Illustrant la vie de Thomas Hélye.
21 décembre 1994
Inscription de l'église
Inscription de l'église
21 décembre 1994 (≈ 1994)
Protection étendue hors porche déjà classé.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Porche : classement par arrêté du 12 septembre 1922 ; Eglise, sauf porche classé (cad. A 116) : inscription par arrêté du 21 décembre 1994
Personnages clés
| Thomas Hélye - Bienheureux et ermite |
Son tombeau est au cœur du pèlerinage. |
| Jacques François Dugardin - Donateur du tombeau en marbre |
Lieutenant-colonel et seigneur local (XVIIIe s.). |
| J. A. Adoubedan - Donateur de la boîte en chêne |
Capitaine garde-côte (1764). |
| Louis Barillet - Maître-verrier |
Auteur des vitraux (1930-1957). |
| René Levesque - Architecte |
Intervint sur la nef (XXe s.). |
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre de Biville est un édifice catholique situé dans l'ancienne commune de Biville, aujourd'hui intégrée à La Hague, dans le département de la Manche en Normandie. Classée au titre des monuments historiques, elle se distingue par son architecture mêlant styles gothique (XIIIe siècle), classique (XVIIe siècle) et néo-gothique (XXe siècle). Son chœur du XIIIe siècle, de style gothique, abrite le tombeau du bienheureux Thomas Hélye, figure centrale d'un pèlerinage local depuis le Moyen Âge. Ce sanctuaire est indissociable de la dévotion populaire envers ce saint, dont les ossements reposent toujours au centre du chœur.
Le clocher et le porche, érigés en 1632, furent financés par les dons des pèlerins après l'épidémie de peste de 1628-1630. Ces travaux permirent également d'embellir l'édifice, tandis que la nef actuelle, construite entre 1922 et 1926, remplace une structure antérieure rasée en 1920. Elle reproduit la salle des chevaliers du Mont-Saint-Michel dans un style néo-gothique, utilisant des éléments préfabriqués en ciment blanc. Cette reconstruction s'inscrit dans un contexte de rénovation post-Première Guerre mondiale, marqué par une volonté de modernisation tout en préservant le patrimoine religieux.
L'église conserve un mobilier remarquable, dont des bas-reliefs du XVIe siècle (représentant la Vierge, sainte Barbe ou saint Thomas Becket), une chasuble de soie du XIIIe siècle, et le tombeau en marbre blanc de Thomas Hélye (XVIIIe siècle). Ce dernier, offert par Jacques François Dugardin, lieutenant-colonel et seigneur local, porte une inscription commémorative. Les vitraux, réalisés entre 1930 et 1957 par Louis Barillet et ses associés, illustrent la vie du saint et des événements locaux, comme la Libération de 1944. Ces éléments artistiques témoignent de l'importance durable du culte et de l'ancrage de l'édifice dans l'histoire régionale.
Protégée partiellement depuis 1922 (porche classé) puis 1994 (inscription de l'église hors porche), Saint-Pierre de Biville illustre l'évolution architecturale et spirituelle de la Normandie. Son histoire reflète les péripéties locales, des épidémies médiévales aux reconstructions modernes, en passant par les pèlerinages qui ont façonné son identité. Aujourd'hui, elle reste un lieu de mémoire et de dévotion, tout en étant un exemple significatif du patrimoine religieux normand.
Le bienheureux Thomas Hélye, prêtre et ermite du XIIIe siècle, est au cœur de la renommée de l'église. Son tombeau, objet de vénération, attira des foules de fidèles dont les offrandes financèrent une partie des travaux. La chasuble et l'étole, conservées dans une boîte en chêne offerte en 1764 par un capitaine local, soulignent le lien entre le culte, les élites et la communauté. Les vitraux du XXe siècle, en évoquant sa vie et la Libération, ancrent son histoire dans la mémoire collective contemporaine.